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Georges Rodenbach

A cura di Emilio Capaccio

Georges_Rodenbach,_portraitGeorges Rodenbach, nome completo Georges Raymond Costantin Rodenbach, nacque il 16 luglio del 1855 a Tournai, un comune francofono del Belgio, situato a circa 80 chilometri a sud di Bruxelles, ai confini della Francia. Nacque in una famiglia aristocratica di origini tedesche: suo padre era funzionario del Ministero degli Interni e il nonno paterno era stato deputato e uno dei fondatori del Belgio; sua madre, invece, era imparentata con le famiglie Baclan e Debonnaire, due delle famiglie più influenti del paese. L’anno della sua nascita la famiglia decise di trasferirsi a Gand, dove Rodenbach passò la sua infanzia e frequentò il collegio Sainte-Barbe, diventando amico di Émile Verhaeren (1855-1916). In seguito si iscrisse alla facoltà di Diritto dell’università di Gand e diventò collaboratore del celebre avvocato Edmond Picard (1836-1924). Nel 1877 pubblicò la sua prima raccolta di poesie, intitolata: Le Foyer et les Champs. L’anno successivo si trasferì per un breve periodo di tempo a Parigi dove divenne frequentatore del circolo degli “Hydropathes”, (Idropati) un club satirico-letterario fondato l’11 ottobre del 1878 dal poeta Émile Goudeau (1849-1906), che arriverà a contare in breve tempo più di 300 partecipanti, tra i quali Léon Bloy (1846-1917), François Coppée (1842-1908), André Gill (1840-1885), Jules Laforgue (1860-1887). Tornato in Belgio, pubblicò una seconda raccolta di poesie, intitolata Les Tristesses. Nel 1881 abbandonò definitivamente la carriera di avvocato per dedicarsi alla carriera giornalistica e letteraria. Divenne collaboratore de “La Flandre libérale” e partecipò attivamente al rinnovamento letterario che produsse la nascente rivista “La Jeune Belgique”, insieme al suo vecchio amico Émile Verhaeren. Nello stesso anno pubblicò una terza raccolta di poesia dal titolo: La Mer élégante. Pubblicò in seguito: L’Hiver mondain (1884) e La Jeunesse blanche (1886). Nel 1888 Rodenbach lasciò definitivamente il Belgio per trasferirsi a Parigi. Qui divenne corrispondente del “Journal de Bruxelles” e poco tempo dopo del “Figaro”. Nello stesso anno sposò Anna-Maria Urbain, una giornalista belga di Frameries, corrispondente del giornale “Tribune de Genève”, la quale darà alla luce, nel 1892, l’unico figlio: Costantine. In Francia Rodenbach ottenne una grande popolarità soprattutto con la pubblicazione del romanzo: Bruges-la-Morte (1892), considerato dalla critica un capolavoro del simbolismo. Negli anni seguenti si dedicò soprattutto al teatro e alla prosa; ricordiamo l’opera teatrale: Le Voile (1897) e i romanzi: La Vocation (1895), Le Carillonneur (1897) e L’Arbre (1898). A partire dal 1895 fu affetto da una grave forma di tiflite (infiammazione dell’intestino cieco) che lo condusse progressivamente alla morte il 25 dicembre del 1898. Morì all’età di 43 anni. Fu seppellito al cimitero del Père-Lachaise a Parigi.

Mon âme, tout ce long et triste après-midi …

 

Mon âme, tout ce long et triste après-midi,

a souffert de la mort d’un bouquet, imminente!

Il était, loin de moi, dans la chambre attenante

où ma peur l’éloigna, déjà presque engourdi,

 

bouquet dépérissant de fleurs qu’on croyait sauves

encor pour tout un jour dans la pitié de l’eau,

gloxinias de neige avec des galons mauves,

bouquet qui dans la chambre éteignait son halo

 

et se désargentait en ce soir de dimanche!

Mon âme, tu souffris et tu t’ingénias

a voir ta vie, aussi fanée et qui se penche,

agoniser avec ces doux gloxinias.

 

Or me cherchant moi-même en cette analogie

j’ai passé cette fin de journée à m’aigrir

par le spectacle vain et la psychologie

douloureuse des fleurs pâles qui vont mourir.

 

Triste vase: hôpital, froide alcôve de verre

qu’un peu de vent, par la fenêtre ouverte, aère

mais qui les fait mourir plus vite, en spasmes doux,

les pauvres fleurs, dans l’eau vaine, qui sont phtisiques,

 

répandant, comme en de brusques accès de toux,

leurs corolles sur les tapis mélancoliques.

Douceur! Mourir ainsi sans heurts, comme on s’endort,

 

car les fleurs ne sont pas tristes devant la mort,

et disparaître avec ce calme crépuscule

qui d’un jaune rayon à peine s’acidule.

 

 

 

 

Récompense

 

À Madame Mireille Garcin de Maynard

 

Savoir qu’on sera lu par les yeux doux des femmes

et qu’elles presseront, pendant les soirs d’hiver,

votre livre imprégné d’un rayon tiède et clair

qui venant droit du coeur ira droit vers les âmes.

 

Et savoir qu’au contact de vos vers pleins de flammes

un frisson sensuel glissera sur leur chair,

et que, vous évoquant comme un inconnu cher,

elles vous béniront dans leurs épithalames!

 

Et savoir qu’au printemps, sous les branches des bois,

elles tiendront encor vos pages dans leurs doigts

qu’enserre élégamment le cercle d’or des bagues;

 

et qu’assises sur l’herbe, au rebord des fossés,

elles prendront leur part de vos tristesses vagues

et vous rendront les pleurs que vous avez versés! …

 

 

 

 

Phosphorescence

 

Ce soir le ciel obscur et la mer se confondent;

tout le jour il a fait très chaud;

les flots entrechoqués dans l’ombre se répondent,

captifs dans un même cachot.

 

Le ciel est large et noir comme un drap mortuaire,

et les horizons incertains

forment comme un immense et sombre sanctuaire

où tous les cierges sont éteints.

 

Mais voici que la mer devient phosphorescente,

et le long du sable changeant

elle s’étale au loin superbe, éblouissante

avec ses paillettes d’argent.

 

Pas d’astres dans le ciel; dans le vent pas de voiles;

on dirait que le flot amer

roule ainsi sans pitié des cadavres d’étoiles

qui seraient tombés dans la mer!

 

 

 

 

En des quartiers déserts de couvents et dhospices …

 

En des quartiers déserts de couvents et d’hospices,

des quartiers d’exemplaire et stricte piété,

je sais des murs en deuil vieillis sous les auspices

d’un calvaire où s’étale un christ ensanglanté:

plantée en ses cheveux, la couronne d’épines

forme un buisson de clous, ― le corps est en ruines,

livide, comme si la lance, l’éraflant,

avait jauni de fiel sa chair inoculée;

les yeux sont de l’eau morte; et la plaie à son flanc

est pareille au coeur noir d’une rose brûlée …

― oeuvre barbare et sombre où le supplicié

pend sur le bois noueux d’un gibet mal scié.

 

Or cette impression de calvaire subsiste

lorsque le soir en longs crêpes tissés descend;

puisqu’on croit voir, au loin, dans le ciel qui s’attriste,

surgir la nuit où perle une sueur de sang,

si bien que l’on dirait la nuit crucifiée!

Car les étoiles sont des clous de cruauté

qui, s’enfonçant dans sa chair nue et défiée,

lui font des trous et des blessures de clarté!

Ah! Cette passion qui toujours recommence!

Ce ciel que l’ombre ceint d’épines chaque soir!

Et soudain, comme au coup d’une invisible lance,

la lune est une plaie ouverte à son flanc noir.

 

 

 

Le femmes tristes

 

Les fronts blancs, les fronts doux, les fronts mélancoliques

des femmes dont les yeux étoilent la pâleur

font tant sympathiser mon âme avec la leur,

que j’y mettrais ma lèvre ainsi qu’à des reliques.

 

Je voudrais dans mon être amasser la chaleur

et les parfums d’encens des vieilles basiliques

pour faire refleurir l’amour des bucoliques

et faire évaporer en elles la douleur.

 

Oh! les femmes qui sont tristes! Je les préfère

et mon coeur se dilate à la tiède atmosphère

des pleurs discrets auxquels je trouve un charme amer;

 

car mon amour ressemble aux lueurs qui s’étirent

dans la phosphorescence étrange de la mer:

mon amour est un feu que les larmes attirent.

 

 

 

 

C’est tout là-bas, parmi le Nord où tout est mort…

 

C’est tout là-bas, parmi le Nord où tout est mort:

des beffrois survivant dans l’air frileux du nord;

les Beffrois invaincus, les Beffrois militaires,

montés comme des cris vers les ciels planétaires;

 

eux dont les carillons sont une pluie en fer,

eux dont l’ombre à leur pied met le froid de la mer!

Or, moi, j’ai trop vécu dans le Nord; rien n’obvie

a cette ombre à présent des Beffrois sur ma vie.

 

Partout cette influence et partout l’ombre aussi

des autres tours qui m’ont fait le coeur si transi;

et toujours tel cadran, que mon absence pleure,

 

répandant dans mes yeux l’avancement de l’heure,

tel cadran d’autrefois qui m’hallucine encor,

couronne d’où, sur moi, s’effeuille l’heure en or!

 

 

 

Il flotte une musique éteinte …

 

Il flotte une musique éteinte en de certaines

chambres, une musique aux tristesses lointaines

qui s’apparie à la couleur des meubles vieux …

musique d’ariette en dentelle et fumée,

 

ariette d’antan qu’on aurait exhumée,

informulée encore, et qu’on cherche des yeux:

rythmes se renouant, musique qui tâtonne,

le vieil air se dégage un peu, se nuançant

 

grâce au pianotement de la pluie, en automne,

sur les vitres; et l’air, changé comme un absent.

Réapparaît soudain en des grâces fluettes;

 

puis peu à peu précis, on retrouve ses traits

et tout l’air passe encor dans les chambres muettes

oh! Musique rapprise aux lèvres des portraits!

 

 

 

En province

 

En province, dans la langueur matutinale,

tinte le carillon, tinte dans la douceur

de l’aube qui regarde avec des yeux de soeur,

tinte le carillon, ― et sa musique pâle

 

s’effeuille fleur à fleur sur les toits d’alentour,

et sur les escaliers des pignons noirs s’effeuille

comme un bouquet de sons mouillés que le vent cueille!

Musique du matin qui tombe de la tour,

 

qui tombe de très loin en guirlandes fanées,

qui tombe de naguère en invisibles lis,

en pétales si lents, si froids et si pâlis,

qu’ils semblent s’effeuiller du front mort des Années!

 

 

 

Douceur du soir! …

 

Douceur du soir! Douceur de la chambre sans lampe!

Le crépuscule est doux comme une bonne mort

et l’ombre lentement qui s’insinue et rampe

se déroule en fumée au plafond. Tout s’endort.

 

Comme une bonne mort sourit le crépuscule

et dans le miroir terne, en un geste d’adieu,

il semble doucement que soi-même on recule,

qu’on s’en aille plus pâle et qu’on y meure un peu.

 

Des tableaux appendus aux murs, dans la mémoire

où sont les souvenirs en leurs cadres déteints,

paysage de l’âme et paysages peints,

on croit sentir tomber comme une neige noire.

 

Douceur du soir! Douceur qui fait qu’on s’habitue

a la sourdine, aux sons de viole assoupis;

l’amant entend songer l’amante qui s’est tue

et leurs yeux sont ensemble aux dessins du tapis.

 

Et langoureusement la clarté se retire;

Douceur! Ne plus se voir distincts! N’être plus qu’un!

Silence! deux senteurs en un même parfum:

penser la même chose et ne pas se le dire.

 

 

 

Temple et Poète

 

Voyez! l’ombre s’étend sur les ailes du soir:

le vieux temple, paré de dentelles gothiques,

s’enfonce dans la brume, et comme un spectre noir

seul, l’aveugle gémit près des saints des portiques.

 

Tout est sombre, et pourtant, sous les arceaux antiques,

dans les stalles du choeur, les prêtres vont s’asseoir;

l’autel brille, et tressaille aux rumeurs des cantiques

qui frôlent dans leur vol l’urne de l’encensoir! …

 

Toi, poète, rêvant sur les chemins des villes,

où les doutes moqueurs et les hontes serviles

couvrent tes rêves d’or d’un long voile de deuil,

 

ton front est triste et froid comme un temple de pierre,

mais ton coeur, pour tous ceux qui franchissent son seuil

est rempli de parfums, de chants et de lumière! …

La mia anima, tutto questo lungo e triste meriggio …

 

La mia anima, tutto questo lungo e triste meriggio,

ha sofferto la morte di un bouquet, imminente!

Era lontano da me nella camera accanto

dove la mia paura lo ha allontanato, quasi già intorpidito,

 

bouquet deperito di fiori che si credevano salvi

per tutto un giorno ancora nella pietà dell’acqua,

glossinie di neve con galloni color malva,

bouquet che nella camera spegneva il suo alone

 

e si disargentava in questa sera di domenica!

Anima mia, tu soffristi e ti indignasti

a vedere la tua vita, tanto scolorita e curva,

agonizzare con queste dolci glossinie.

 

Ora cercandomi io stesso in questa analogia

ho passato questa fine giornata ad inacidirmi

per lo spettacolo vano e la psicologia

dolorosa dei pallidi fiori che vanno a morire.

 

Triste vaso: ospedale, fredda alcova di vetro

dove un po’ di vento, dalla finestra aperta, arieggia

ma più rapidamente li fa morire, in dolci spasmi,

i poveri fiori, che son tisici, nell’acqua vana,

 

spargono, come in bruschi accessi di tosse,

le loro corolle sui tappeti malinconici.

Dolcezza! Morire così senza urti, come assopirsi,

 

perché i fiori non son tristi davanti alla morte,

e svanire con questa calma di crepuscolo

che di un giallo raggio appena s’acidisce.

 

 

 

 

Ricompensa

 

À Madame Mireille Garcin de Maynard

 

Sapere di essere letti dagli occhi dolci delle donne

e che esse stringeranno, durante le sere d’inverno,

il vostro libro impregnato da un raggio tiepido e chiaro

che venendo dritto dal cuore andrà dritto alle anime.

 

E sapere che al contatto dei vostri versi pieni di fiamme

un brivido sensuale scivolerà sulla loro carne,

e che, rievocandovi come un caro ignoto,

esse vi benediranno dai loro epitalami!

 

E sapere che in primavera, sotto i rami dei boschi,

terranno ancora le vostre pagine fra le loro dita

che serrano elegantemente il cerchio d’oro degli anelli;

 

e che sedute sull’erba, al bordo dei fossati,

prenderanno la loro parte delle vostre vaghe tristezze

e vi renderanno le lacrime che avete versato! …

 

 

 

 

Fosforescenza

 

Stasera il cielo cupo e il mare si confondono;

per tutto il giorno ha fatto molto caldo;

i flutti urtandosi nell’ombra si rispondono,

prigionieri di una stessa segreta.

 

Il cielo è largo e nero come un drappo mortuario,

e gli orizzonti incerti

formano come un immenso e scuro santuario

dove tutti i ceri sono spenti.

 

Ma ecco che il mare diventa fosforescente

e lungo la sabbia cangiante

nella distanza si spiega superbo, abbagliante,

coi suoi lustrini d’argento.

 

Non astri nel cielo, non vele nel vento,

si direbbe che l’onda amara

così rivolti impietosa cadaveri di stelle

che sarebbero cadute in mare.

 

 

 

 

Nei quartieri deserti di conventi e ospizi …

 

Nei quartieri deserti di conventi e ospizi,

quartieri d’esemplare e rigorosa pietà,

io so di muri in lutto invecchiati sotto gli auspici

di un calvario dove si tende un cristo insanguinato:

piantata nei suoi capelli, la corona di spine

forma un cespuglio di chiodi, ― il corpo è in rovina,

livido, come se la lancia, scalfendolo,

avesse ingiallito di fiele la sua carne inoculata;

gli occhi come d’acqua morta; e la piaga al suo fianco

è simile al cuore nero d’una rosa bruciata …

― opera barbarica e scura dove il supplice

pende sul bosco nodoso d’un legno mal segato.

 

Ora questa impressione di calvario sussiste

quando la sera discende in lunghi crespi tessuti;

poiché si crede di vedere, lontano, nel cielo che s’attrista,

sorgere la notte dove imperla un sudore di sangue,

cosicché si direbbe la notte crocifissa!

Perché le stelle sono chiodi di crudeltà

che, affondando nella sua carne nuda e sofferta,

le fanno buchi e squarci di chiarezza!

Ah! Questa passione che tutti i giorni ricomincia!

Questo cielo che l’ombra cinge di spine ogni sera!

E d’improvviso, come al colpo d’una invisibile lancia,

la luna è una piaga aperta al suo nero fianco.

 

 

 

Le donne tristi

 

Le fronti bianche, le fronti dolci, le fronti malinconiche

delle donne dagli occhi splendenti di pallore

fanno tanto simpatizzare la mia anima con la loro,

che vi poserei il mio labbro come fossero reliquie.

 

Io vorrei nel mio essere ammassare il calore

delle vecchie basiliche e i profumi d’incenso

per far rifiorire l’amore delle bucoliche

e in loro svaporare il dolore.

 

Oh, le donne che son tristi! Io le preferisco,

e il mio cuore si dilata alla tiepida atmosfera

delle lacrime discrete verso le quali nutro un fascino amaro;

 

perché il mio amore rassomiglia ai chiarori che si tendono

nella strana fosforescenza del mare:

il mio amore è un fuoco che le lacrime attirano.

 

 

 

 

È tutto laggiù, in mezzo al Nord …

 

È tutto laggiù, in mezzo al Nord dove tutto è morto:

sopravvivono campanili nell’aria fredda del nord;

Campanili invitti, Campanili militari,

come grida, innalzati verso cieli planetari;

 

essi, di cui i carillon sono una pioggia di ferro,

essi, di cui l’ombra emette ai loro piedi il freddo del mare!

Ora, io, troppo ho vissuto nel Nord; nulla è scontato

a quest’ombra di Campanili presenti sulla mia vita.

 

Ovunque è questa influenza, ovunque l’ombra

d’altre torri che mi hanno fatto il cuore così intirizzito;

e sempre questo quadrante, che piange la mia assenza,

 

sparge nei miei occhi l’avanzamento dell’ora,

quadrante d’un tempo che mi allucina ancora,

corona di dove, su di me, si sfoglia l’ora in oro.

 

 

 

Fluttua una musica smorta …

 

Fluttua una musica smorta in certe camere,

una musica di tristezze lontane

che s’appaia al colore dei vecchi mobili …

musica di ariette in merletti e volute di fumo,

 

ariette d’un tempo che è stato esumato,

non formulato ancora, e che cerca i suoi occhi:

ritmi si sciolgono, musica che brancola,

la vecchia aria affievolisce un po’, sfumano

 

vaghezze al picchiettio della pioggia, in autunno,

sui vetri; e l’aria cambia come un assente.

Riappare repentina nelle esili grazie;

 

poi a poco a poco precisa, si ritrova nei suoi tratti

e tutta l’aria passa ancora nelle camere mute,

Oh! Musica rappresa ai labbri dei ritratti!

 

 

 

In provincia

 

In provincia, nel languore mattinale,

tintinna il carillon, tintinna nella dolcezza

dell’alba che guarda con gli occhi di una suora,

tintinna il carillon, ― e la sua pallida musica

 

fiore a fiore si sfoglia sui tetti dei dintorni,

e sulle scale dei frontoni neri si sfoglia

come un mazzo di suoni bagnati che il vento coglie!

Musica della mattina che cade dalla torre,

 

che cade assai lontano in ghirlande sbiadite

che cade di recente in invisibili gigli,

in petali così lenti, così freddi e così pallidi,

che pare si sfoglino dalla fronte morta degli Anni!

 

 

 

Dolcezza della sera! …

 

Dolcezza della sera! Dolcezza della stanza

senza luce! Il crepuscolo è dolce come una buona

morte e l’ombra lentamente s’insinua e striscia,

s’avvolge in fumo al soffitto. Tutto s’assopisce.

 

Come una buona morte sorride il crepuscolo

e nell’opaco specchio, in un gesto d’addio,

sembra dolcemente che arretri sé stesso,

che si faccia più pallido, che smuoia un poco.

 

I quadri appesi ai muri, dentro la memoria

dove sono i ricordi nelle loro cornici stinte,

paesaggio dell’anima e paesaggi dipinti,

par si senta cadere come una neve nera.

 

Dolcezza della sera! Dolcezza che ci abitua

alla sordina, ai suoni della viola assopita;

l’amante medita sull’amante che s’è ucciso

e i loro occhi son uniti ai disegni del tappeto.

 

E languidamente la chiarezza si ritira; Dolcezza!

Né più si vede distinto! Essere non più di uno!

Silenzio! due odori in uno stesso profumo:

pensare la stessa cosa e non dirla.

 

 

 

Tempio e Poeta

 

Vedete! l’ombra si stende sulle ali della sera:

il vecchio tempio, adorno di merletti gotici,

affonda nella nebbia, e come apparizione nera

solo, il cieco geme vicino ai santi dei portici.

 

Tutto è scuro, e tuttavia, sotto gli archetti antichi,

negli stalli del coro, i preti vanno a sedere;

l’altare brilla, e trasale alle voci dei cantici

che sfiorano al volo l’urna dell’incensiere!

 

Tu, poeta, che sogni lungo le strade del paese,

dove i dubbi beffardi e le servili offese

coprono i tuoi sogni d’oro d’un velo di gramaglia,

 

come un tempio di pietra la tua fronte riluce

ma il tuo cuore, per quelli che varcano la sua soglia

è riempito di profumi, di canti e di luce!

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