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Isabelle Kaiser

A cura di Emilio Capaccio

Nuages

Où vont les grands nuages,
Cette flotte des cieux,
Qui se met en voyage
Pour des bords glorieux …
Où vont les grands nuages?

C’est l’escadre de Dieu
Qui sille sous l’orage,
Et dans l’abîme bleu
Ne fait jamais naufrage …
C’est l’escadre de Dieu.

Où vont ces blanches voiles
Sur l’infini mouvant?
Vers l’île des étoiles
Ou les gouffres du vent.
Où vont ces blanches voiles?

Quel est votre amiral
Vous sauvant des désastres
En ce combat naval
Où vous tuez les astres …
Quel est votre amiral?

O! les sublimes côtes
Où dans son sang vermeil
La Toison du Soleil
Baigne les argonautes …
O! les sublimes côtes!

Loin des ports aériens
L’aurore est votre phare,
Vos nefs ne craignent rien
Le chef est à la barre
Loin des ports aériens!

Escadres des nuages
On dirait, à vous voir,
Qu’au devant des rivages
De l’éternel espoir
Le ciel même voyage!

 

 

 

 

 

Les Morts

À la mémoire de M. F. Payot

Les Morts ne dorment pas couchés sous la poussière,
Leur cendre ne gît point dans les urnes d’airain,
Le cortège des Morts se déroule sur terre,
C’est la procession des calmes pèlerins.

Les Morts viennent à nous quand le deuil nous accable,
Frôlant de leurs pieds nus les nuages altiers,
Ils sont dans la tempête et dans l’air ineffable,
Ils sont l’ombre qui suit nos pas sur les sentiers.

Les Morts bien aimés sont les vivants de la veille,
Hier encor, sous le joug leur échine a ployé,
Et tous, frères, amis, quand la maison sommeille,
Reviennent à pas lents s’asseoir à nos foyers.

Car nous sommes les Morts des aurores prochaines,
Déjà le jour pâlit, et quand viendra le soir
Calmes, nous sortirons du Vallon de nos peines
Par le même chemin qui conduit au Revoir!

Les Morts aimés sont les hôtes aux mains discrètes
Qui demandent leur pain quotidien, sans bruit,
Ils ne viennent jamais nous troubler dans nos fêtes,
Mais veulent partager l’angoisse de nos nuits.

Quand à l’aube un rayon vient déchirer nos brumes,
Ils écartent un peu le voile de leurs fronts,
Leurs grands yeux pleins de paix sondent nos amertumes,
Et s’attristent parfois lorsque nous les pleurons.

Les Morts ne dorment pas couchés sous la poussière,
Leur cendre ne gît point dans les urnes d’airain,
Le cortège des Morts se déroule sur terre…
C’est la procession des calmes pèlerins.

 

 

 

 

 

Luna

C’est en levant les yeux que j’ai trouvé l’Amie
Qu’ici-bas mon regard rechercha vainement;
Elle est venue à moi quand j’étais endormie
Et mon rêve a grandi sous son rayonnement.

Vous la voyez passer, bruissantes feuillées,
Elle répand sur vous son sourire indulgent,
Et durant les combats des nocturnes veillées
Pour elle tous mes pleurs sont des perles d’argent.

Elle porte un habit tissé de clartés blanches
Et traîne dans ses plis d’indicibles douceurs.
Elle connaît les nids blottis au sein des branches
Et les noms fabuleux des étoiles, ses soeurs.

Elle incline sur moi la tendresse touchante
D’une mère qui berce un enfant favori,
Et quand, dans la douleur, comme un cygne je chante,
Elle écoute en silence et n’a jamais souri.

Lorsqu’elle vient à moi sur les vagues houleuses,
La grande paix des eaux lui conte son secret;
Son cortège est l’essaim des pâles nébuleuses
Et l’ombre m’envahit lorsqu’elle disparaît.

Elle est la soeur du rêve et l’idéale amie
Qui ne me parle pas d’un monde que je fuis
Et laisse retomber mes heures d’insomnie
Comme des gouttes d’or dans la coupe des nuits.

Loin d’elle, chaque soir, je guette sa venue;
Quand elle ne vient pas j’ai des pleurs dans la voix,
Et les chaudes lueurs d’une flamme inconnue
S’allument dans mes yeux lorsque je la revois.

Je ne croiserai point ses pas sur cette terre,
Car le Maître éternel a tracé son chemin,
Elle doit, en tout temps, graviter, solitaire,
Et jamais, non jamais, je n’étreindrai sa main.

Quand loin de sa clarté j’ai la mélancolie,
Elle vient, à pas lents, au cours de mon sommeil,
Jeter, en souvenir du pacte qui nous lie,
Dans les sentiers d’azur son anneau d’or vermeil.

Dans l’ombre de l’exil, où j’ai vécu, farouche,
Son regard infini partout me poursuivait.
Et lorsqu’elle venait prier près de ma couche.
J’ai cru voir la Pairie assise à mon chevet.

Fidèle jusqu’au bout à sa tendresse fière,
Elle seule viendra dans la nuit de l’oubli
Traîner ses voiles blancs au fond du cimetière
Et baiser sur la croix mon petit nom pâli.

 

 

 

 

 

La Ronce

 

Sonnet double

 

I

La ronce, en ces temps-là, sur les bords du Jourdain,
Ne portait pas de fleurs, mais stérile et honnie,
Elle engendrait l’épine et glanait le dédain,
Lorsque Jésus la vit, venant de Béthanie.

Et pour la transplanter dans son divin jardin
Il voulut la mêler à sa gerbe bénie;
Mais l’arbre-paria lui déchira la main,
Et son âme s’émut de pitiés infinies.

Et quand de sa blessure une goutte de sang
Tomba, on vit soudain l’arbuste frémissant
Se dresser et s’offrir en merveilleux spectacle,

Ses grands bras épineux tendus vers le ciel bleu;
Et pour en couronner le front de l’Homme-Dieu
La ronce se couvrit des roses du miracle!

 

 

II

Ma vie, en ces temps-là, ne portait pas de roses:
Pauvre arbuste de deuil sous un ciel toujours noir,
Ce n’était qu’un fouillis d’inextricables choses
Etouffant dans son sein les bourgeons de l’espoir.

Mais tu vins à passer dans mes sentiers moroses,
Toi le Maître espéré, l’apôtre du devoir,
Quand le chant se mourait sur mes lèvres mi-closes;
Et mes yeux fatigués s’ouvrirent pour te voir.

La ronce s’écarta pour te livrer passage,
Tu pleuras quand l’épine effleura ton visage;
Mon être endolori tressaillit sons tes pleurs.

Et sous cette rosée inconnue et divine,
Mon âme s’entr’ouvrit ainsi qu’une églantine …
Et depuis ce jour-là ma vie est toute en fleurs!

 

 

 

 

 

Un rêve

Voici, — j’ai fait un rêve étrange
Et mon coeur s’est empli d’orgueil:
J’avais des ailes, comme un ange,
Et je dormais dans mon cercueil.

Mes mains froides étaient mouillées
Des larmes d’un sincère émoi,
Et des femmes agenouillées
Dans l’ombre, hélas! priaient pour moi.

Mais, silencieuse et ravie,
Rêvant à l’abri des douleurs,
Je ne regrettais pas la vie
Et souriais près de mes fleurs.

Avant d’aller au cimetière,
Celui que j’aime pour jamais
M’a dit, courbant sa tête altière:
«Pourquoi mourir quand je t’aimais?»

Mon coeur, chantant la délivrance,
Sous le linceul se soulevait;
J’ouvris mes bras à l’espérance
Et me dressai sur mon chevet.

Nuvole

Dove vanno le grandi nuvole,
questa flotta dei cieli,
che si mette in viaggio
per sponde gloriose …
Dove vanno le grandi nuvole?

È la truppa di Dio
che sfila nel temporale,
e nell’abisso blu
non fa mai naufragio …
È la truppa di Dio.

Dove vanno questi bianchi veli
sull’infinito che si muove?
Verso l’isola delle stelle
o i gorghi del vento.
Dove vanno questi bianchi veli?

Qual è il vostro ammiraglio
vi salvate dai disastri
in questo combattimento navale
in cui uccidete gli astri …
Qual è il vostro ammiraglio?

Oh! le sublimi coste
dove nel suo sangue vermiglio
il Vello del Sole
bagna gli argonauti …
Oh! le sublimi coste!

Lontane portaerei
l’aurora è il vostro faro,
le vostre navi non temono nulla
il capo è al timone
lontane portaerei!

Truppe di nuvole
si direbbe, a vedervi,
che davanti alle rive
dell’eterna speranza
lo stesso cielo viaggi!

 

 

 

 

 

I Morti

Alla memoria di M. F. Payot

I Morti non dormono distesi sotto la polvere,
la loro cenere non giace nelle urne di bronzo,
il corteo dei Morti si svolge sulla terra,
è la processione di calmi pellegrini.

I Morti vengono a noi quando il lutto ci opprime,
sfiorando coi loro piedi nudi le nuvole altere,
sono nella tempesta e nell’aria ineffabile,
sono l’ombra che non segue i nostri sentieri.

I Morti amati sono i viventi della veglia,
solo ieri, sotto il giogo la loro schiena s’è piegata,
e tutti, fratelli, amici, quando la casa sonnecchia,
ritornano a passi lenti a sedersi ai nostri focolari.

Perché noi siamo i Morti delle prossime aurore,
già il giorno impallidisce, e quando verrà la sera
calmi, usciremo dal Vallone delle nostre pene
per lo stesso cammino che conduce all’addio!

I Morti amati sono gli ospiti dalle mani discrete
che chiedono il loro pane quotidiano, senza far rumore,
non vengono mai a turbarci nelle nostre feste,
vogliono solo dividere l’angoscia delle nostre notti.

Quando all’alba un raggio lacera le nostre brume,
scostano un poco il velo delle loro fronti,
i loro occhi grandi di pace sondano le nostre amarezze,
e si rattristano talvolta quando li piangiamo.

I Morti non dormono distesi sotto la polvere,
la loro cenere non giace nelle urne di bronzo,
il corteo dei Morti si svolge sulla terra,
è la processione di calmi pellegrini.

 

 

 

 

 

La luna

È alzando gli occhi che ho trovato l’amica
che quaggiù il mio sguardo aveva cercato invano;
è venuta da me quando mi sono addormentata
e il mio sogno è cresciuto sotto il suo sfavillio.

La vedete passare, fruscianti fogliami,
spargendo su di voi il suo sorriso indulgente,
e durante le lotte delle veglie notturne
tutte le mie lacrime per lei sono perle d’argento.

Porta un abito tessuto di bianche chiarezze
e trascina nelle sue pieghe indicibili dolcezze.
Conosce i nidi rannicchiati in seno ai rami
e i nomi favolosi delle stelle, sue sorelle.

Inclina su di me la tenerezza toccante
di una madre che culla un bimbo prediletto,
e quando, nel dolore, come un cigno canto,
in silenzio ascolta e non sorride.

Quando viene a me su onde increspate,
la grande pace delle acque le narra il suo segreto;
il suo corteo è lo sciame delle pallide nebulose
e l’ombra mi invade quando si dissolve.

È la sorella del sogno e l’amica ideale
che non mi parla di quel mondo che fuggo
e lascia ricadere le mie ore di insonnia
come gocce d’oro nella coppa delle notti.

Lontano da lei, ogni sera, spio il suo arrivo;
quando non viene ho lacrime nella mia voce,
e caldi chiarori di una fiamma sconosciuta
s’accendono nei miei occhi quando la rivedo.

Non incrocerò i suoi passi su questa terra,
perché il Padrone eterno ha segnato la sua via,
deve, in ogni tempo, gravitare solitaria,
e mai, mai, stringerò la sua mano.

Quando lontano dal suo chiarore sento la malinconia,
viene, a passi lenti, nel corso del mio sonno,
a gettare, in ricordo del patto che ci lega,
negli azzurri sentieri il suo anello vermiglio.

Nell’ombra dell’esilio, dove ho vissuto selvaggia,
il suo sguardo infinito mi inseguiva ovunque.
E quando è venuta a pregare alla mia mano.
Ho creduto vedere il Paria seduto al mio capezzale.

Fedele fin in fondo alla sua fiera tenerezza,
sola verrà nella notte dell’oblio
a trascinare i suoi veli bianchi per il cimitero
e baciare sulla croce il mio piccolo e pallido nome.

 

 

 

 

 

Il rovo

 

Doppio sonetto

 

I

Il rovo, a quei tempi, sulle rive del Giordano,
non portava fiori, ma sterile e vilipeso,
generava la spina e spigolava lo sdegno,
quando Gesù la vide, venendo da Betlemme.

E per poterlo trapiantare nel suo giardino divino
lo volle mischiare al suo covone benedetto;
allora l’albero-reietto gli lacerò la mano,
ma la sua anima si commosse di pietà infinita.

E quando dalla sua ferita una goccia di sangue
si versò, si vide all’improvviso l’arbusto fremente
rizzarsi e offrirsi in meraviglioso spettacolo,

le grandi braccia spinose tese al cielo azzurro;
e per incoronare la fronte dell’Uomo-Dio
il rovo si coprì di rose del miracolo!

 

 

II

La mia vita, a quei tempi, non portava rose:
misero arbusto in lutto sotto un cielo sempre nero,
non era che un disordine d’inestricabili cose
soffocando nel suo seno i germi della speranza.

Ma venisti a passare per i miei cupi sentieri,
Tu il Maestro sperato, l’apostolo del dovere,
quando il canto smoriva sulle mie labbra socchiuse
e i miei occhi stanchi si aprivano per vederti.

Il rovo si scostò per consegnarti il passaggio,
Tu piangesti quando la spina sfiorò il tuo viso;
il mio essere indolenzito trasalì alle tue lacrime.

E sotto questa rugiada sconosciuta e divina
la mia anima si schiuse come un’eglatina …
E da quel giorno è tutta in fiore la mia vita!

 

 

 

 

 

Un sogno

Ecco — ho fatto un sogno strano
e il mio cuore si è riempito di orgoglio:
avevo delle ali, come un angelo,
e dormivo nella mia bara.

Le mie mani fredde erano bagnate
dalle lacrime di un sincero turbamento,
e delle donne inginocchiate
nell’ombra, ahimè! pregavano per me.

Ma, silenziosa e lietissima,
sognando al riparo dai dolori,
non rimpiangevo la vita
e sorridevo accanto ai miei fiori.

Prima di andare al cimitero,
colui che amo di più
mi ha detto, curvando la sua testa altera:
«Perché morire quando io ti amavo?»

Il mio cuore, cantando la liberazione,
sotto il sudario si sollevava;
aprivo le mie braccia alla speranza
e mi alzavo sul mio capezzale.

 

 

 

isabelle_kaiserIsabelle Kaiser nacque il 2 ottobre del 1866 a Beckenried, un comune del cantone Nidvaldo, di lingua tedesca, sul lago dei Quattro Cantoni, nella regione centrale della Svizzera. Il padre era Fernando Kaiser, giornalista e deputato presso il Consiglio Generale di Ginevra, ovvero il parlamento cantonale situato nell’omonima città. La madre era invece discendente di Nicola di Flüe (1417-1487), magistrato, deputato e ufficiale dell’esercito confederato, patrono della Svizzera e venerato come santo dalla Chiesa Cattolica. Dopo aver vissuto in gioventù a Ginevra e poi a Zugo, la Kaiser si ritirò, a partire dal 1897, a Beckenried, provata da lutti e dalla tubercolosi. Nella città natale si dedicò alla prosa e alla poesia. Fu di madrelingua tedesca ma scrisse in lingua francese fino all’età di trentacinque anni, per poi scrivere in tedesco negli anni successivi. Per quanto riguarda la produzione poetica, la Kaiser si contraddistinse per le accese connotazioni naturalistiche e romantiche dei suoi versi, ispirandosi principalmente a Stéphane Mallarmé, che considerava come modello. Tra le sue numerose raccolte poetiche si ricordano: La catastrophe (1887); Ici-bas (1888); Fatimé (1893); Des ailes (1897); Le jardin clos (1920). Morì a Beckenried il 17 febbraio del 1925, all’età di 59 anni.

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