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Khaled Youssef, Au cœur de l’Orient/In The Heart of the Orient/Nel cuore d’Oriente

TESTO E FOTO di Khaled Youssef

Traduzione inglese di Danii Kessjan
Traduzione italiana di Chiara De Luca

Il était une fois…  au cœur de l’Orient…

 

« La vie est un long champ à cultiver. Voyager, c’est y semer la diversité de la Terre. Voyager, c’est l’embellir des couleurs du Monde. » 

Parmi nos voyages, certains détiennent le secret de l’émerveillement qui dissipe le brouillard de l’ignorance, nous rapproche de l’indicible et dévoile à nos yeux l’inconnu. C’est ainsi que ce voyage récent, dont je rêvais depuis longtemps, devient une véritable mélodie humaine face au brouhaha continuel des demi-vérités et préjugés, et une chance de grandir et briser les barrières en touchant avec le cœur la réalité de l’Autre.

L’Iran, pays de culture millénaire et d’un raffinement inimitable, nous a accueillis à bras ouverts et a dévoilé à nos yeux ses merveilles méconnues. Un pays de nuances et de contrastes qui fait succomber le voyageur à l’enchantement. Mosquées, mausolées, églises, synagogues et tours du silence, la foi est omniprésente sur cette terre où est née la première religion monothéiste du monde. La spiritualité est le mot d’ordre, même chez les non-pratiquants, car le fond de la pensée persane prend ses racines dans la devise de Zarathoustra « Pense bien, parle bien, agis bien », et la philosophie persane promeut depuis toujours la bienveillance envers autrui et l’unité de l’âme humaine. Ainsi l’âme vogue entre les lieux sacrés et mystiques priant Dieu à travers les saints de l’islam, du christianisme et du judaïsme, et à travers le feu sacré pour atteindre Ahura Mazda. La lumière est toujours plurielle et les chemins vers le ciel sont multiples, je l’ai toujours cru. 

Dans la rue, des inconnus au sourire généreux et au regard curieux s’exclament sur un timbre de voix élégant : « Bienvenue en Iran ! ». Quelques mots de plus en persan… qu’importe le sens propre des mots, nous nous comprenons malgré tout, car dans leur ton il y a cette tendresse qui résume tous les langages. 

Si à Qom, lieu de pèlerinage, les hommes et les femmes cherchent la bénédiction de la descendance du prophète, à Kashan la vie coule comme un fleuve tranquille. Entre le bazar et la vieille ville, le charme des lieux et la discrétion des habitants font d’une balade dans cette ville intemporelle un enchantement, alors que les odeurs d’épices imprègnent la mémoire comme la preuve d’un passage envoûtant.

Isfahan, la glorieuse, n’a rien à envier à Rome ou à Paris. Le bleu est sa couleur, et la rose sa fleur. Nous voilà dans la ville des merveilles, nous rêvons éveillés, et entre les arcades et les palais, les mosquées et les églises, les fontaines murmurent sérénité et paix de l’âme, alors que les gouttes d’eau embrasent la lumière pour faire naître des arcs-en-ciel. Ses ponts remarquables et plusieurs fois centenaires nous transportent dans une époque révolue, et même la sécheresse de son fleuve n’empêche nullement les rives d’être soignées, vertes et fleuries. Le soir à Isfahan est une ode à la vie; on entend là un chant d’amour, ici le rire d’une jeune fille, et nous nous laissons bercer par l’indéniable joie de vivre de ses habitants. 

Ville de la sagesse et de la sérénité, Yazd est un oasis dans le désert aux couleurs du sable où le temps se plaît à retenir la quiétude. La ville toute en pisé se transforme au coucher du soleil en ville d’or et de lumière. Refuge historique des Zoroastriens, Yazd abrite le temple du feu sacré et les tours du silence, dans lesquelles la mort devient un rite en harmonie avec la nature afin que les âmes rejoignent paisiblement l’esprit universel.

Fières sont les colonnes de Persépolis ! Toujours debout face à l’Histoire, les pierres défient le temps et nous transportent au cœur de la gloire de Darius, la clémence de Cyrus, et la grandeur des Perses. Peu avant le coucher du soleil, la lumière reste suspendue sur les visages sculptés et se reflète dans nos yeux ébahis… les derniers rayons du jour rendent hommage à la splendeur de la ville qui jadis fut le centre irradiant d’un autre monde. 

« Saisis l’instant, sachant que chaque jour de ton futur, c’est un jour qui s’en va. »

Ces paroles de Saadi résument l’esprit de sa ville natale: Shiraz, terre fertile des poètes et des roses, joyeuse et vibrante de par la bonne humeur de ses habitants. Sa lumière éternelle est sublimée par les verreries colorées qui couvrent les murs laissant passer la preuve des nouveaux jours. Si le merveilleux mausolée de l’imam Ahmad est un lieu sacré et très fréquenté, on peut en dire autant du mausolée de Hafez : on embrasse la tombe du poète et on s’isole dans un coin en récitant ses vers : 

« Assieds-toi sur les bords d’un ruisseau, 
et vois le passage de la vie,
Que cet indice d’un monde passager nous suffit. »

Téhéran la moderne, véritable pays dans le pays : ce ne sont pas moins de 22 millions d’âmes qui résident dans la récente capitale de la terre perse et en partagent les vibrations. Si la tranquillité n’est pas au rendez-vous dans les rues, Téhéran dévoilent ses secrets à ceux qui gardent l’esprit et les yeux ouverts. Déambuler dans le bazar et se perdre dans les reflets multiples des miroirs des palais, observer l’humanité bienveillante et chaleureuse dans le métro, se réjouir d’une vue panoramique sur la ville depuis la Tour Milad, flâner entre deux parcs ou admirer un pont dessiné par une architecte iranienne créative pour être un lieu de rencontre et de partage. 

En Iran, les esprits dansent au soleil sur les rimes des poèmes, les pierres colorées racontent l’Histoire du pays qui est aussi la nôtre, les pétales des roses se dispersèrent et palpitent au rythme des cœurs et des sourires, et la voix de Shéhérazade continue à résonner dans les mille et une merveilles du pays :

« Il était une fois… au cœur de l’Orient… » 

 

Khaled Youssef

Once upon a time… in the heart of the Orient

 

“Life is a long field to cultivate. Travelling is to sow the diversity of the Earth. Travelling is to embellish it with the colours of the World.”

Among our journeys, some hold the secret of wonderment that dispels the fog of ignorance, brings us closer to the unutterable and unveils to our eyes the unknown. Thus, this recent journey, which I have long dreamed of, becomes a genuine human melody in front of the continual hubbub of half-truths and prejudices, and a chance to grow and break down the barriers by touching with the heart the reality of the Other.

Iran, a country of millennial culture and inimitable refinement, welcomed us with open arms and unveiled to our eyes its unheralded wonders. A country of nuances and contrasts that makes the traveller succumb to enchantment. Mosques, mausoleums, churches, synagogues and towers of silence, faith is omnipresent in this land where was born the first monotheistic religion of the world. Spirituality is the watchword even among non-practicing individuals, since the background of Persian thought has its roots in Zarathustra’s commands “Think well, speak well, act well”, and Persian philosophy has always promoted benevolence to others and the unity of the human soul. Thus the soul sails between the sacred and mystical places praying to God through the saints of Islam, Christianity and Judaism, and through the sacred fire to reach Ahura Mazda. The light is always plural and the paths to the sky are multiple, I have always believed that.

In the street, strangers with a generous smile and inquisitive eyes exclaim on an elegant tone of voice: “Welcome to Iran!”. A few more words in Persian… whatever the meaning of the words, we understand each other despite all, for in their tone there is this kind of tenderness that summarizes all languages.

If in Qom, a pilgrimage site, men and women seek the blessing of the Prophet’s descendants, in Kashan life flows like a calm river. Between the bazaar and the old town, the charm of the place and the discretion of its inhabitants make a stroll through the streets of this timeless town an enchantment, while the smells of spices permeate our memory like the proof of a mesmerizing passage.

Isfahan, the glorious, has nothing to envy to Rome or Paris. Blue is its colour, and the rose its flower. Here we are in the city of wonders, it is a waking dream, and between arcades and palaces, mosques and churches, the fountains murmur serenity and peace of the soul, while the drops of water ignite the light to give birth to rainbows. Its remarkable and centuries-old bridges take us back to a bygone era, and even the drought of its river does not prevent the banks from being well maintained, green and flowery. The evening in Isfahan is an ode to life; here we hear a song of love, there the laughter of a young girl, and we let ourselves be lulled by the undeniable joie de vivre of its inhabitants.

A city of wisdom and serenity, Yazd is an oasis in the desert with sandy colours where time likes to retain calmness. The city built entirely with adobe is transformed at sunset into a city of gold and light. A historic Zoroastrian haven, Yazd is home to the temple of sacred fire and the towers of silence, in which death becomes a rite in harmony with nature so that souls peacefully join the universal spirit.

Proud are the columns of Persepolis! Still standing up to History, the stones defy time and transport us to the heart of the glory of Darius, the clemency of Cyrus, and the grandeur of the Persians. Just before sunset, the light remains suspended on our sculpted faces and is reflected in our amazed eyes… the last rays of the day pay homage to the splendour of the city which was once the radiating centre from another world.

“Seize the moment, knowing that every day of your future is a day that goes away.”

These words by Saadi sum up the spirit of his hometown: Shiraz, a fertile land of poets and roses, joyful and vibrant by the good spirit of its inhabitants. Its eternal light is sublimated by the coloured glassworks that cover the walls letting through the proof of new days to come. If Imam Ahmad’s wonderful mausoleum is a sacred and frequently visited place, the same can be said of Hafez’ mausoleum: we kiss the poet’s grave and isolate ourselves in a corner reciting his verses:

“Sit on the banks of a stream,
and see the passage of life,
That this evidence of a passing world is enough for us.”

Tehran the modern, a country in the country: there are not less than 22 million souls who reside in the recent capital of the Persian land and share its vibrations. If tranquillity is not present in the streets, Tehran unveils its secrets for who keep their mind and eyes open. Strolling through the bazaar and getting lost in the multiple reflections of the palace mirrors, watching the benevolent and warm humanity on the subway, enjoying a panoramic view of the city from the Milad Tower, wandering between two parks or admiring a bridge designed by a creative female Iranian architect to be a place of meeting and sharing.

In Iran, the spirits dance in the sun on the rhymes of the poems, the coloured stones tell the country’s history that is also ours, the petals of the roses are scattered and pulsate to the rhythm of the hearts and the smiles, and Scheherazade’s voice continues to resound in the thousand and one wonders of the country:

“Once upon a time … in the heart of the Orient…”

Translated by Danii Kessjan

 

C’era una volta…  nel cuore dell’Oriente…

La vita è un grande campo da coltivare.
Viaggiare significa seminare la diversità della Terra.
Viaggiare significa abbellirla dei colori del mondo

Tra i nostri viaggi, alcuni detengono il segreto dello stupore che dissipa la nebbia dell’ignoranza, ci avvicina all’indicibile e svela ai nostri occhi l’ignoto. È così che questo viaggio recente, che sognavo da tanto tempo, diviene una vera e propria melodia umana di fronte al continuo baccano delle mezze verità e dei pregiudizi, e un’occasione per crescere e spezzare le barriere, toccando con il cuore la realtà dell’altro.


L’Iran, paese di cultura millenaria e di una raffinatezza inimitabile, ci ha accolti a braccia aperte e ha svelato ai nostri occhi meraviglie misconosciute. Un paese di sfumature e di contrasti che fa soccombere il viaggiatore all’incanto. Moschee, mausolei, chiese, sinagoghe e torri del silenzio: la fede è onnipresente su questa terra dove è nata la prima religione monoteista del mondo. La spiritualità è la parola d’ordine, anche per i non praticanti, perché la base del pensiero persiano si radica nel detto di Zarathustra: «Pensa bene, parla bene, agisci bene», e la filosofia persiana promuove da sempre la cortesia nei confronti del prossimo e l’unità dell’anima umana. Così l’anima veleggia tra i luoghi sacri e mistici, pregando Dio attraverso i santi dell’Islam, del Cristianesimo e del dell’Ebraismo, e attraverso il fuoco sacro per raggiungere Ahura Mazda. La luce è sempre plurale e i cammini che portano al cielo sono molteplici, l’ho sempre creduto.


Per la strada, sconosciuti dal sorriso generoso e dallo sguardo curioso esclamano con un timbro di voce elegante: «Benvenuto in Iran!». E qualche altra parola in persiano… ma che importa il senso proprio delle parole, ci capiamo comunque, perché nel loro tono c’è questa tenerezza che riassume tutte le lingue.

Se a Qom, luogo di pellegrinaggio, gli uomini e le donne cercano la benedizione della discendenza del profeta, a Kashan la via scorre come un fiume tranquillo. Tra il bazar e la città vecchia, il fascino dei luoghi e la discrezione degli abitanti fanno di una gita in questa città atemporale un incantesimo, mentre gli odori di spezie impregnano la memoria come la prova di un passaggio ammaliante.

Isfahan, la gloriosa, non ha nulla da invidiare a Roma o a Parigi. L’azzurro è il suo colore, e la rosa il suo fiore. Eccoci nella città delle meraviglie, sogniamo ad occhi aperti, e tra le arcate e i palazzi, le moschee e le chiese, le fontane mormorano serenità e pace dell’anima, mentre le gocce d’acqua incendiano la luce per far nascere arcobaleni. I suoi venerabili ponti pluricentenari ci trasportano in un’epoca passata, e neppure la siccità del suo fiume impedisce minimamente alle rive di essere curate, verdi e fiorite. La sera a Isfahan è un’ode alla vita; là si sente un canto d’amore, qua la risata di una ragazzina, e noi ci lasciamo cullare dall’innegabile gioia di vivere dei suoi abitanti.


Città della saggezza e della serenità, Yazd è un’oasi nel deserto dai colori di sabbia dove il tempo si compiace di trattenere la quiete. La città tutta in terra battuta si trasforma al tramonto in città d’oro e di luce. Rifugio storico degli zoroastriani, Yazd ospita il tempio del fuoco sacro e le torri del silenzio, nelle quali la morte diviene un rito in armonia con la natura affinché le anime si uniscano serenamente allo spirito universale.

 

Fiere sono le colonne di Persepoli! Sempre in piedi al cospetto della Storia, le pietre sfidano il tempo e ci trasportano nel cuore della gloria di Dario, della clemenza di Ciro e della grandezza dei persiani. Poco dopo il tramonto, la luce resta sospesa sui visi scolpiti e si riflette nei nostri occhi stupefatti… gli ultimi raggi del giorno rendono omaggio allo splendore della città che un tempo fu il centro d’irradiazione di un altro mondo.

 

 

Cogli l’istante, sapendo che ogni giorno del tuo futuro
è un giorno che se ne va.

 

Queste parole di Saadi riassumono lo spirito della sua città natale: Shiraz, terra fertile dei poeti e delle rose, gioiosa e vibrante del buon umore dei suoi abitanti. La sua luce eterna è sublimata dalle vetrate colorate che rivestono i muri, lasciando passare la prova dei nuovi giorni. Se il meraviglioso mausoleo dell’imam Ahmad è un luogo sacro e molto frequentato, si può dire altrettanto del mausoleo di Hafez: si abbraccia la tomba del poeta e ci si isola in un angolo recitando i suoi versi: 

 

Siediti sulle rive di un ruscello,
e osserva il passaggio della vita,
Che quest’indice di un mondo passeggero ci basta.

 

 

Teheran la moderna, vero e proprio paese nel paese: non più di 22 milioni di anime risiedono nella recente capitale della terra persiana e ne condividono le vibrazioni. Se la tranquillità non è all’appuntamento nelle strade, Teheran svela i suoi segreti a chi tiene lo spirito e gli occhi aperti.

 

 

Aggirarsi nei bazar e perdersi nei riflessi multipli degli specchi dei palazzi, osservare l’umanità cortese e calorosa nel metro, godere di una vista panoramica sulla città dalla Torre Milad, vagare tra due parchi o ammirare un ponte disegnato da un architetto iraniano creativo per essere un luogo d’incontro e condivisione.

In Iran, gli spiriti danzano al sole sulle rime delle poesie, le pietre colorate raccontano la Storia del paese che è anche la nostra, i petali delle rose si sparpagliano e palpitano al ritmo dei cuori e dei sorrisi, e la voce di Shahrazād  continua a risuonare nelle mille e una meraviglie del paese:

«C’era una volta… nel cuore dell’Oriente…» 

 

Traduzione di Chiara De Luca

 

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