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Khaled Youssef, Colombia (French/English/Italian)

Colombie… l’enchantement 

« N’arrête jamais de sourire, même si tu es triste, car tu ne sais pas qui pourrait tomber amoureux de ton sourire. »

Gabriel Garcia Marquez

Qu’est-ce l’enchantement ? Ce sentiment de grâce qui tendrement envahit le moment et le prolonge dans une éternité jouissive, cette douceur qui fixe l’instant habituellement fugace et le transforme en rêve prolongé, quand l’ordinaire devient un chant dans l’espace fragile du temps, et les rêves débordent du réel pour tisser des toiles de tranquillité. 

L’enchantement est un ciel qui s’étale sur des façades colorées et façonne les regards, une naissance de l’aube qui efface les blessures pour cueillir l’horizon du renouveau, des fronts mouillés de sueur qui soulignent le courage d’un peuple dans la clarté du jour et s’imprègne dans notre conscience pour dévoiler une nouvelle part de soi dans l’humilité de notre existence. 

Pour se donner un espace propice à l’enchantement, il faudrait toucher l’absolue beauté qui longtemps s’est conviée à notre imagination, s’inviter sur les terres où chaque fleur est une surprise et chaque sourire un cadeau, là où l’énergie puissante et positive accompagne les rayons du soleil et traverse les ondes au gré de l’avancement pour échouer sur l’âme comme sur la peau, procurant une plénitude divine. 

Il existe une terre qui contient un ciel vaste où s’inscrivent joies et peines, mémoire et résilience, désordre violent et chemin de paix. Un autre soleil se lève, il ne brille pas mais crie sa lumière unique, là-bas, dans ce coin lointain de notre monde. On y existe sans avoir à y penser, et on persiste à vivre pour faire renaître le Phénix de l’Espérance. 

La Colombie. Le nom est familier, mais ses syllabes se réveillent dans la mémoire du temps pour se prononcer autrement, de plein cœur, avec la connaissance et avec sa juste valeur, et pour s’imprégner de la mémoire d’un peuple, qui, longtemps hanté par la souffrance, aspire à la paix et inspire la bienveillance. 

J’ai eu l’opportunité, quelques mois auparavant, de côtoyer cette terre fertile d’émotions. Un premier contact enchantant à travers Bogota et sa vie culturelle bouillonnante. J’ai déambulé dans la Candelaria coloniale, goûté à la douceur de la vie quotidienne à Chapinero, observé la créativité d’une jeunesse effervescente à Santa Fe, et survolé la capitale à 2200 mètres de hauteur depuis le Montserrat. 

J’ai entendu les cris, ceux qui volent haut malgré leurs poids pour se faire entendre, j’ai vu l’espoir qu’une justice soit faite, qu’un demain soit meilleur. J’ai croisé des regards qui résument des années de souffrance mais aussi des lueurs d’espérance. 

J’ai embrassé des mères qui ont perdu leurs enfants dans cette folie de violence, échangé avec des victimes, des repentis, des vieux et des jeunes qui d’eux-mêmes ont appris à pardonner et à avancer sur leur terre vaste et généreuse. 

« La vie n’est pas ce que l’on a vécu, mais ce dont on se souvient et comment on s’en souvient. »

Ici, il n’y a place ni pour l’oubli ni pour l’amnésie collective, mais juste pour la résilience, l’acceptation du destin à cœur ouvert avec une foi intime en l’avenir et une admirable détermination d’aller de l’avant. 

L’émotion m’avait pris à la gorge en constatant ces marques indélébiles du temps et du chagrin transformés en espoir et en fierté saine qui construit des mythes autour des villes et des régions, car quand on est submergé par les difficultés, notre esprit s’efforce à voir le beau et à l’accentuer, quand on côtoie la mort, on apprend à écouter les battements du cœur comme un hymne à la vie. Serait-ce le contraire dans notre vieux continent livré à son égocentrisme et qui a perdu le sens de l’émerveillement de la beauté qui inonde le monde au quotidien ? 

Quelques jours m’ont suffi pour être ébloui par l’éclat d’une fête nocturne et par l’écho d’un rythme latino, mais avant tout par la capacité de certains êtres humains à se surpasser et retenir l’effondrement pour ne pas se perdre dans les flots de l’abîme en dessinant un futur bordé d’espoir. Alors j’ai décidé de suivre cette lumière nouvelle là où elle se répand pour découvrir d’autres aspects de cet ailleurs si riche de sens, ses identités et ses nuances, son ciel à l’intensité brûlante où l’espoir se tient debout et les sourires se répandent comme des messagers de béatitude.  

Les premiers pas sont attirés par le soleil de Carthagène des Indes. « La Heroica » comme la nommait Simon Bolivar, la première ville à avoir réclamé sa liberté et la dernière à l’avoir obtenue, non sans le sacrifice de milliers de ses fils. 

Aujourd’hui la ville rayonne, envahie d’éclats de lumière brillante sur ses coupoles, elle vit dans un présent sans fin perpétué par l’errance des vagues venues des îles verdoyantes qui lui font face, en racontant son glorieux passé sur ses façades, qui, entre l’aurore et le crépuscule, résument la naissance d’un nouveau monde.

Quelques pas dans les ruelles historiques et s’ouvre à nous un monde merveilleux, des oiseaux de couleurs survolent les toits, des vieux amis partagent un moment de complicité, et des vendeurs hèlent les passants à la recherche de leur pain quotidien.

En dehors des remparts, un arc-en-ciel se déverse sur nous : une myriade de couleurs sur les murs exprime l’art d’une jeunesse pressée de dire et faire entendre son regard sur l’histoire et sa vision de l’avenir. Les rideaux se lèvent sur le spectacle de la rue où se répand une humanité intense et touchante. 

Quand le jour crépite, le soleil couchant s’attarde sur les bateaux qui sommeillent dans le port et fixe des siècles d’histoire sur les longues murailles, les regards se lient à l’horizon dans l’intimité du ciel et une brise caresse affectueusement le moment présent. 

Barranquilla a mis des habits de carnaval, une année à attendre l’approche du Mardi Gras pour s’abandonner à une joie collective. 

Ce n’est pas un événement touristique, mais une version locale de l’évasion. On s’offre la liberté à coup de peinture corporelle et on s’habille de couleurs pour exceller dans l’art du lâcher-prise et traduire la vie en langage de fête. 

Les cortèges s’accompagnent d’un interminable filet de musique qui devient le seul langage et les corps ondulant jouent avec les spectateurs, sans limite d’âge ni de niveau social, on brise toutes les chaînes, l’heure est à la gaité et au plaisir sans remords. 

Le soir, on se donne une heure ou deux pour se ressaisir sans perdre l’allégresse, puis la nuit s’allume de mille lumières et de mille rythmes dans tous les coins des rues.

Tout se fond et se confond dans le désordre du réel et l’ordre de l’irréel, on suit sans restriction les appels intérieurs des sens pour créer une nouvelle vision éphémère du monde et pour tout effacer en déployant un bonheur trépidant. 

Plus loin sur la Côte Caraïbe, nous voilà à Santa Marta, la plus ancienne des villes coloniales. Oublions nos montres et l’interminable tictac des horloges. Va, vis et tu verras bien ce qu’il adviendra. La vie glisse voluptueusement aux confins du visible et les habitants savent si bien effacer ce lien entre l’espace et le temps… on reprend souffle entre deux vagues errantes qui repoussent les frontières et on vit au rythme d’un soleil accompli et joyeux au pied de la Sierra Nevada, ces majestueuses montagnes amies des nuages, mystiques sculptures dans l’horizon qui veillent sur l’équilibre du monde. 

C’est aux confins de ces montagnes que vivent les tribus descendantes des Tayronas. Il y a quelques siècles, des noms sans visages et des âmes sans humanité imbus de l’ignorante supériorité de leur pseudo-race, se sont rendus coupables du massacre des peuples et de la destruction des civilisations pour se procurer un métal qui ne doit sa brillance qu’au soleil ! 

La rencontre avec les tribus indigènes marque l’esprit et enseigne à nos âmes égarées le sens de l’existence. Sur les rives de l’Ancho, une des tribus a construit ses maisons rondes de paille et d’argile, et une école pour acquérir l’autre connaissance et compléter leur savoir. 

Dans leur terre coulent des ruisseaux qui forment des piscines naturelles où s’entremêlent les cris de joie enfantine et la douce mélodie de l’eau voyageuse, pendant que les branches des arbres laissent apparaître une fenêtre ouverte sur le ciel et les rayons venir caresser les joues des pierres et celles des enfants, sans pour autant fragiliser l’intimité du lieu et du moment. 

Les indigènes parlent peu mais ont le regard magnétique et éloquent qui récite l’histoire à la surdité du temps, et se moque de la « civilisation » qui a fait défaut au déroulement paisible de la vie. 

Dans leur quotidien, ils interprètent autrement l’univers, avec calme et sagesse, et veillent avec bienveillance sur la Terre-Mère et ses ressources. 

Attachés à leurs traditions, et le temps n’y changera rien, ils portent en eux la mémoire des ancêtres, et des vêtements au couleur de la paix. De blanc vêtus ils se fondent dans la lumière et nu-pieds ils piétinent l’absurdité du monde. 

A Palomino, la mer est un théâtre bleu, applaudi par les arbres qui jettent leurs racines au pied des vagues et se laissent caresser par un va-et-vient infini. 

Les fleuves étendent leurs longues rives pour rencontrer la mer en douceur, comme des amants de longue date, et forment des havres précieux de calme et de quiétude.

Au Parc Tayrona, tout est harmonie conciliant avec une nature clémente, tout inspire à la douceur et retient le promeneur. 

Le regard est attiré par les merveilles de la nature et le magnétisme des détails. Là aussi l’enchantement prend son sens, dans les feuilles ensablées, les branchages qui s’enlacent et s’embrassent, les vagues de couleurs sur les troncs des arbres qui peignent des tableaux surréalistes, les accumulations de coraux que la mer a amené pour leur dernier repos sur la terre ferme. Tant de beautés que seul sait créer ce grand artiste qu’est la nature. D’une brise née au lointain qui fait trembler les branches en faisant un bruit tendre comme un chant de liberté, un monde revit et se réinvente sous nos yeux dans une nature innovante où aux battements du cœur se mélangent le bruit de l’eau. 

Medellín, la capitale d’Antioquia, est un exemple de renaissance qui regorge de leçons de vie et de victoire de l’espoir. La cité de l’éternel printemps a vu beaucoup d’orages et de tempêtes de violence dans un passé trouble éclaboussé de sang.

Medellín la fière s’est métamorphosée en quelques années pour apprendre à la terre entière comment transformer la tragédie en renaissance et le malheur en source d’inspiration et en joie communicative. 

Le développement urbain a fait des miracles à la ville qui revient de loin, d’une histoire récente de guerre et de la domination des narco-trafiquants. Les communes jadis isolées et livrées à elles-mêmes sont désormais des havres de paix. Les maisons colorées éparpillées sur les collines comme des mots égarés sont désormais connectées par les lignes du métro-câble, formant ainsi, avec le reste de la ville, un livre divertissant et coloré aux pages remplies d’art de rue qui rayonne sur la musique et les pas rythmés d’une génération créative pleine de vie. 

« Lorsque l’art entre dans une maison, la violence en sort », disait Botero. Sa ville natale expose fièrement ses œuvres dans son centre bouillonnant d’énergie, autour, il y a des groupes qui jouent des mélodies de bonheur ou de nostalgie, des marchés où se vend tout et rien, et des filles de joie qui attendent les éventuels clients devant l’église ; la religion est une sorte de savon, une fois lavé des péchés on est prêt à se « resalir » et ainsi de suite, m’a-t-on dit à Medellín ! 

La nuit se fait lumière dans une volonté invincible de célébrer la vie, une flamme douce se réveille dès le départ du jour et les rues palpitent aux rythmes latino. Les couleurs défilent sur les façades et les habits, demain est un autre jour, ou il ne viendra peut-être jamais, alors le moment est à saisir. Le soir à Medellín, une errance festive s’accroche à la mémoire de la nuit pour la remplir de rires et s’emparer des rêves. 

Les pas retentissent et s’épanouissent dans « l’Eje cafetera » ; la zone du café est une oasis géante et verdoyante, un tapis cousu de fleurs sur lequel les rivières tressent leur chemin avec une douceur cristalline. 

Salento étale ses maisons sur la colline dans une simplicité touchante, inspirée par la nature pour façonner les fenêtres en bois en ajoutant une touche de créativité colorée. La balade se transforme en bonheur, accentué par les sourires des habitants paisibles très conscients de leur environnement idyllique. 

Dans la Vallée de Cocora, l’emblématique arbre national semble vouloir s’élever au-dessus des nuages, les forêts de palmiers de cire géants subjuguent les promeneurs et les invitent à embrasser le ciel, en défiant le vent qui susurre la mémoire de la terre dans une atmosphère mystique couronnée de senteurs boisées. 

Le volcan « Cerro Machìn » s’est éteint il y a plus de 1000 ans, il en a eu assez de la colère, à croire que, lui aussi, a fait son chemin de résilience, laissant à 2700 mètres d’altitude une terre fertile qui fait la beauté brute et la richesse de la région de Tolima. Si l’accès est difficile, l’effort est largement récompensé ; ici nous sommes loin de l’accélération du temps, la paix règne, la joie papillonne, les oiseaux ne chantent pas, ils créent des symphonies de joie, et les colibris, dans leurs interminables voyages entre les fleurs, battent des ailes jusqu’à 200 fois par seconde. 

Quelques familles qui y ont bâti leurs « Fincas », une école qui abrite 8 élèves et un enseignant dévoué occupent le cratère. Sur leurs visages germent les miettes du soleil et frémit la fraîcheur des champs dans une sérénité lumineuse. 

« Cali es Cali, y lo démas es loma », c’est ainsi que les caleños définissent leur ville dans une fierté réjouissante, « Cali c’est Cali et le reste n’est que de la montagne. »

Sur les rives verdoyantes de son fleuve, Cali regorge de vie, vibre avec la jeunesse de sa population métissée et réinvente chaque jour son histoire.

Si le Christ-Roi veille sur la ville depuis les hauteurs des collines, ce sont les dieux du rythme et les diables complices qui s’emparent des rues à la nuit tombante ; les corps s’empreignent de musique, respirent les notes et les expirent en mouvements de grâce réveillant les démons joyeux. 

La Salsa unit les corps et les âmes, et efface la différence dans une joie frémissante, comme une prière laïque, comme un bruissement de l’âme. Le temps s’efface, emportant avec lui les soucis du quotidien et la vie devient une mélodie accrochée au bout des hanches.  

Si la nature est d’une grande richesse en Colombie, une autre richesse ne peut qu’émouvoir : son peuple d’une grande délicatesse qui a tant de douceur à offrir. 

Il faut se rappeler cette vérité cruciale : les envahisseurs d’antan n’avaient pas compris que le vrai trésor est dans l’échange et le partage ! Il est là l’Eldorado, dans ces visages hâlés et dans ces yeux tendres.

Tout se fait « con gusto / avec plaisir », et les sourires d’aurevoir des inconnus se couronnent de « que te vaya muy bien / que tu sois heureux », il est là, l’enchantement, la poésie de l’existence est dans l’Être et non pas dans l’Avoir, elle est dans cette tendresse intrépide qui distingue l’identité de l’Homme. 

Qu’avons-nous fait dans nos pays de cette tendresse ? A quel moment avons-nous perdu la spontanéité et l’allégresse pour laisser place à une méfiance et des murs infranchissables entre les âmes ?

Les Colombiens ne se perdent pas dans l’illusion. Leurs cicatrices sont encore béantes dans les nuances du rouge, que l’humanité parfois égarée peint sur le ciel et la terre en contradiction avec une joie mâture et des paysages somptueux d’une nature qui toujours a su conserver ses droits. 

Il serait vain d’oublier que les souvenirs amères et joyeux sont les pavés du chemin de la vie, pour savoir où mettre les pieds et comment avancer au mépris des obstacles. Ils font face à la réalité en luttant pour détruire les murs de peur, marchent sur une route incertaine, doutant de tout sauf de la lumière, de leur terre et de leur capacité à s’entraider pour brûler la solitude, et à puiser dans la joie pour égayer la vie. 

Tout prend fin et je ne peux remonter le temps, mais je peux encore m’en inspirer, célébrer la douceur des instants vécus et courtiser les souvenirs ; d’un rayon du soleil qui caresse la nuque, du sable fin qui converse avec les doigts, et d’un sourire radieux comme un clin d’œil à la vie. 

Demain et chaque jour je retrouverai ces empreintes profondes en moi, le chant du courage et le rythme de joie résonneront dans ma conscience en une infinité voluptueuse, au souvenir d’un bleu azur qui vit éternellement là-bas, où la joie s’incarne, où la tendresse est née, là où le chemin de merveilles se prolonge jusqu’aux montagnes verdoyantes pour rejoindre le ciel de fraternité. Ces empreintes ne sont pas près de s’éteindre et je les laisserai s’étendre pour faire durer l’émerveillement et me rappeler le sens de l’enchantement.   

Khaled Youssef

Colombia … an enchantment

“Never stop smiling, even if you’re sad, because you never know who could fall in love with your smile.”

Gabriel Garcia Marquez

What is enchantment? A feeling of grace which tenderly invades the moment and prolongs it in an enjoyable eternity, a sweetness which fixes the usually fleeting moment and transforms it into an extended dream, when the ordinary becomes a song in the fragile space of time, and the dreams go beyond reality to weave webs of tranquility.

Enchantment is a sky that spreads out over colorful facades and shapes glances, a birth of dawn that erases wounds to pick the horizon of renewal, foreheads streaming with sweat that underline the courage of a people in the light of day and soaks into our consciousness to reveal a new part of ourselves in the humility of our existence.

To give oneself a space conducive to enchantment, one should touch the absolute beauty that has long been solicited to our imagination, invite oneself to the land where each flower is a surprise and each smile is a gift, there where powerful and positive energy accompanies the rays of the sun and crosses the waves, according to the advancement, to strand on the soul as on the skin while providing a divine fullness.

 There is a land that contains a vast sky where joys and sorrows, memory and resilience, violent disorder and path of peace are inscribed. Another sun rises, it does not shine but shouts its unique light, over there in this far corner of our world. One exists there without having to think about it, and one persists in living to revive the Phoenix of Hope.

Colombia. The name is familiar, but its syllables wake up in the memory of time to pronounce it differently, from the heart, with knowledge and with its fair value, and to soak up the memory of a people, who, long haunted through suffering, yearns for peace and inspires kindness.

I had the opportunity a few months ago to frequent this fertile land of emotions. An enchanting first contact through Bogota and its vibrant cultural life. I strolled through the colonial Candelaria, tasted the sweetness of everyday life in Chapinero, observed the creativity of an effervescent youth in Santa Fe, and flew over the capital at 2200 meters from Montserrat.
I heard the screams, those that fly high despite their weight to be heard, I saw the hope that justice should be done, that a tomorrow should be better. I met glances that summarize years of suffering but also gleams of hope.
I kissed mothers who lost their children in this madness of violence, interacted with victims, repentant sinners, old and young people who from themselves learned to forgive and to move forward on their vast and generous land.

 “Life is not what we lived, but what we remember and how we remember it.”

Here, there is no room for oblivion or collective amnesia, but only for resilience, an acceptance of destiny with an open heart and an intimate faith in the future, and an admirable determination to go ahead under any circumstances.
I felt overwhelmed with emotion when I saw these indelible marks of time and sorrow transformed into hope and healthy pride building myths around cities and regions, because when one is affected by
overburdening difficulties, the mind strives to see the beautiful and to accentuate it, when one rubs shoulders with death, one learns to listen to the beating of the heart like a hymn to life. Could it be the opposite in our old continent, which is self-centered and has lost its sense of wonder at the beauty that floods the world daily?   

 A few days were enough to be dazzled by the radiance of a nocturnal party and by the echo of a Latin rhythm, but above all by the ability of certain human beings to surpass themselves and hold back the collapse so as not to get lost in the waves of the abyss by drawing a future bordered with hope. So, I decided to follow this new light where it spreads to discover other aspects of this elsewhere so rich in meaning, its identities and its nuances, its sky of burning intensity where hope stands, and smiles spread like messengers of bliss.

The first steps are drawn to the sun of Cartagena de Indias. “La Heroica” as Simon Bolivar called it, the first city  to have demanded its freedom and the last to have obtained it, not without the sacrifices of thousands of its sons.
Today the city radiates, invaded by bursts of brilliant light on its domes, it lives in an endless present perpetuated by the wandering of the waves coming from the green islands which face it, by telling its glorious past on its facades which, between dawn and dusk, sum up the birth of a new world.
A few steps in the historic streets and a wonderful world opens up to us, colorful birds fly over the roofs, old friends share a moment of complicity, and
vendors hail passersby in search of their daily bread.
Outside the ramparts, a rainbow pours over us: a myriad of colors on the walls expresses the art of a youth eager to tell and make heard their view on history and their vision of the future. The curtains rise on the spectacle of the street where an intense and touching humanity spreads.
When the day crackles, the setting sun lingers on the boats which doze in the harbor and fixes centuries of history on the long walls, the glances are bound to the horizon in the intimacy of the sky and a breeze caresses affectionately the present moment.

Barranquilla has put on carnival costumes, a year to wait for the approach of Mardi Gras to surrender to the ecstasy of a collective joy.
This is not a tourist event, but a local version in terms of escape. One gives oneself freedom with body painting and dresses up colorfully to excel in the art of letting-go and translating life into festive language.
Carnival processions are accompanied by an endless stream of music which becomes the only language, and the undulating bodies play with the spectators, without age or social limit, one breaks all the chains, the time is up for fun and pleasure without remorse.
In the evening, one gives oneself an hour or two to pull oneself together but without losing one’s joy, then the night lights up with a thousand lights and a thousand rhythms in every street corners.
Everything melts and merges in the disorder of the real and the order of the unreal, one follows without restriction the inner calls of the senses to create a new ephemeral vision of the world and to erase everything by deploying a hectic happiness.

Further on the Caribbean Coast, here we are in Santa Marta, the oldest of the colonial cities. Forget your watches and the endless ticking of clocks. Go, live and you’ll see what happens. Life glides voluptuously on the edge of the visible and the inhabitants know so well how to erase this link between space and time … one catches one’s breath between two wandering waves that push the boundaries, and one lives to the rhythm of an accomplished and joyful sun at the foot of the Sierra Nevada, these majestic cloud-friendly mountains, mystical sculptures in the horizon that watch over the balance of the world.

It is on the borders of these mountains that the tribes descended from the Tayronas people live. A few centuries ago, names without faces and souls without humanity imbued with the ignorant superiority of their pseudo-race, have been guilty of the massacre of peoples and the destruction of civilizations to obtain a metal that owes its brilliance only thanks to the sun!

The encounter with the indigenous tribes marks the spirit and teaches our lost souls the meaning of existence. On the banks of the Ancho, one of the tribes has built their round houses of straw and clay, and a school to acquire the other knowledge and supplement their skills.

In their land flow streams which form natural pools where the cries of childish joy and the sweet melody of the traveling water intermingle, while the branches of the trees reveal a window open to the sky letting the rays come to caress the cheek of stones and those of children, without compromising the intimacy of place and time.

The indigenous people speak little but they have a magnetic and eloquent glance which recites history to the deafness of time, and laughs at the “civilization” which lacked in the peaceful course of life.
In their daily lives they interpret the universe differently, calmly and wisely, and benevolently watch over Mother Earth and its resources.

Attached to their traditions, and time won’t change anything, they carry within them the memory of their ancestors, and clothing in the color of peace. Dressed in white, they blend into the light and barefoot, they trample on the absurdity of the world.

In Palomino, the sea is a blue theater, applauded by the trees which throw their roots at the foot of the waves and let themselves be caressed by an infinite ebb and flow.
The rivers extend their long banks to meet the sea gently, like longtime lovers, and form precious havens of calm and quietude.

At Parc Tayrona, everything is harmony, reconciling with lenient nature, everything inspires softness and retains the walker.
The eye is drawn to the wonders of nature and the magnetism of the details. There too the enchantment takes its meaning, in the silted leaves, the branches of the trees which interlace and embrace one another, the waves of colors on the trunks of the trees which paint surrealist paintings, the accumulations of corals brought by the sea for their last rest on dry land. So many beauties that only this great artist called nature can create. From a breeze born in the distance that makes the branches tremble by making a tender noise like a song of freedom, a world is reliving and reinventing itself before our eyes in an innovative nature where the beating of the heart is mixed with the sound of water.

Medellín, the capital of Antioquia, is an example of a renaissance full of life lessons and the victory of hope. The city of eternal spring has seen many thunderstorms and storms of violence in a murky past spattered with blood.
Proud Medellín has undergone a metamorphosis in a few years to teach the whole world how to transform tragedy into rebirth and affliction into source of inspiration and communicative joy.

Urban development has done wonders for the city, which has come a long way, from a recent history of war and the domination of drug traffickers. The communities that were once isolated and left to fend for themselves are now havens of peace. The colorful houses scattered on the hills like lost words are now connected by the lines of the Metrocable, thus forming, with the rest of the city, an entertaining and colorful book with pages filled with street art that radiates to the music and the rhythmic steps of a creative generation full of life.

“When art enters a house, violence comes out”, said Botero. His hometown proudly exhibits his works in its center bubbling with energy, around, there are bands playing melodies of happiness or nostalgia, markets where everything and nothing is sold and loose women waiting for potential customers in front of the church; religion is a kind of soap, once washed of sins one is ready to “re-soil” and so forth, so was I told in Medellín!

The night shines in an invincible desire to celebrate life, a soft flame awakens from the departure of the day and the streets throb with Latin rhythms. The colors parade on the facades and clothing, tomorrow is another day, or it may never come, so now is the time to seize the moment. In the evening in Medellín, a festive wandering clings to the memory of the night to fill it with laughter and capture dreams.

The footsteps resound and flourish in the “Eje cafetera”; the coffee area is a giant and green oasis, a carpet sewn with flowers on which the rivers weave their way with crystalline softness.
Salento spreads its houses on the hill in touching simplicity, inspired by nature to shape wooden windows by adding a touch of colorful creativity. The walk turns into happiness, accentuated by the smiles of the peaceful inhabitants, very aware of their idyllic environment.

In the Cocora Valley, the emblematic national tree seems to rise above the clouds, the forests of giant wax palms subjugate the walkers and invite them to embrace the sky while defying the wind which whispers the memory of the earth in a mystical atmosphere crowned with woody scents.

The “Cerro Machìn” volcano was extinguished more than 1000 years ago, it had enough of anger, to believe that it, too, made its way of resilience, leaving at 2700 meters above sea level a fertile ground which makes the raw beauty and richness of the Tolima region. If access is difficult, the effort is largely rewarded; here we are far from the acceleration of time, peace reigns, joy flutters, birds do not sing, they create symphonies of joy, and hummingbirds, in their interminable journeys between flowers, flap their wings until 200 times per second.

Some families who have built their “Fincas”, a school which houses 8 pupils and a dedicated teacher, occupy the crater. On their faces sprout the crumbs of the sun and quiver the freshness of the fields in a luminous serenity.

“Cali es Cali, y lo démas es loma“, this is how the caleños define their city with joyful pride, “Cali is Cali and the rest are the mountains. “
On the green banks of its river, Cali is full of life, vibrates with the youth of its ethnically diverse population and reinvents its history every day.
If Christ the King watches over the city from the heights of the hills, it is the gods of rhythm and the devil accomplices who take over the streets at nightfall; bodies imbibe music, breathe notes and expire them in movements of grace awakening joyful demons.
Salsa unites bodies and souls, and erases the difference in a simmering joy, like a secular prayer, like a rustling of the soul. Time fades, taking with it the worries of everyday life and life becomes a melody hanging on the edges of the hips.

If nature is of great wealth in Colombia, another wealth can only stir our emotions: its people of great delicacy who have so much sweetness to offer.
We must remember this crucial truth: the invaders of yesteryear did not understand that the real treasure is in exchange and sharing! There it is, the Eldorado, in those tanned faces and in those tender eyes.

Everything is done “con gusto / with pleasure”, and the smiles of saying goodbye to strangers are crowned with “que te vaya muy bien / may you be happy”, there it is, the enchantment, the poetry of existence is in Being and not in Having, it is in this intrepid tenderness which distinguishes the identity of Man.
What have we done in our countries with this tenderness? When did we lose spontaneity and cheerfulness to give way to distrust and insurmountable walls between souls?

Colombians are not lost in illusion. Their scars are still gaping in the shades of red, which sometimes a lost humanity paints on the sky and on the earth, in contradiction with a mature joy and sumptuous landscapes of a nature which always knew how to preserve its rights.
It would be pointless to forget that bitter and joyful memories are the cobblestones of the path of life, for knowing where to set foot and how to advance in defiance of obstacles. They face reality as they struggle to destroy walls of fear, they walk an uncertain road, doubting anything but light, their land and their ability to help each other to burn loneliness, and to tap into joy to brighten up life.

Everything comes to an end and I cannot go back in time, but I can still draw inspiration from it, celebrate the sweetness of the moments experienced and woo memories; of a ray of the sun which caresses the nape of the neck, of fine sand which converses with the fingers, and of a radiant smile as a wink to life.
Tomorrow and every day I will find these deep imprints inside of me, the song of courage and the rhythm of joy will resound in my consciousness in a voluptuous infinity, at the memory of an azure blue which lives eternally there, where joy is embodied, where tenderness is born, where the path of wonders extends to the green mountains to join the sky of brotherhood. These footprints are not about to go away, and I will let them stretch to make the wonder last and remind me of the sense of enchantment.

Translated by Danii Kessejan

Colombia… l’incanto

« Non smettere mai di sorridere, anche se sei triste, perché non sai chi potrebbe innamorarsi del tuo sorriso. »

Gabriel Garcia Marquez

Che cos’è l’incanto? Quel sentimento di grazia che teneramente pervade il momento e lo prolunga in un’eternità godibile, quella dolcezza che fissa il momento normalmente fugace e lo trasforma in un sogno prolungato, quando l’ordinario diventa un canto nello spazio fragile del tempo, e i sogni traboccano di realtà per tessere tele di tranquillità. 

L’incanto è un cielo che si estende su facciate colorate e modella gli sguardi, una nascita dell’alba che cancella le ferite per cogliere l’orizzonte del rinnovamento, fronti bagnate di sudore che sottolineano il coraggio di un popolo nella chiarezza del giorno e impregna la nostra coscienza per svelare una nuova parte di sé nell’umiltà della nostra esistenza. 

Per concedersi uno spazio propizio all’incanto, bisognerebbe toccare l’assoluta bellezza che a lungo si è abituata alla nostra immaginazione, invitarsi sulle terre dove ogni fiore è una sorpresa e ogni sorriso un dono, dove l’energia potente e positiva accompagna i raggi del sole e attraversa le onde a seconda dell’avanzamento, per arenarsi sull’anima come sulla pelle, procurando una pienezza divina. 

Esiste una terra che contiene un vasto cielo dove s’inscrivono gioie e dolori, memoria e resilienza, disordine violento e cammino di pace. Un altro sole sorge, non splende, ma grida la sua luce unica, là, in quell’angolo lontano del nostro mondo. Vi si esiste senza doverci pensare, e si persiste a vivere per far rinascere la Fenice della Speranza. 

La Colombia. Il nome è familiare, ma le sue sillabe si risvegliano nella memoria del tempo per pronunciarsi in modo diverso, con tutto il cuore, con la conoscenza e il suo giusto valore, e per impregnarsi della memoria di un popolo che, a lungo tormentato dalla sofferenza, aspira alla pace e ispira la benevolenza. 

Ho avuto occasione, qualche mese fa, di conoscere questa terra fertile di emozioni. Un primo incantevole contatto attraverso Bogotà e la sua vivace vita culturale. Ho passeggiato nella Candelaria coloniale, assaporato la dolcezza della vita quotidiana a Chapinero, ho osservato la creatività di una gioventù effervescente a Santa Fe, e ho sorvolato la capitale a 2200 metri di altezza dal Montserrat. 

Ho sentito le grida, quelle che volano alte nonostante il loro peso per farsi sentire, ho visto la speranza che si faccia giustizia, che un domani sia migliore. Ho incrociato sguardi che riassumono anni di sofferenza ma anche barlumi di speranza. 

Ho abbracciato madri che hanno perso i loro figli in questa follia di violenza, parlato con vittime, pentiti, vecchi e giovani che da soli hanno imparato a perdonare e ad andare avanti nella loro terra vasta e generosa. 

«La vita non è ciò che si è vissuto, ma ciò che si ricorda e come si ricorda. »

Qui non c’è spazio né per l’oblio né per l’amnesia collettiva, ma solo per la resilienza, l’accettazione del destino a cuore aperto, con una fede intima nel futuro e una mirabile determinazione ad andare avanti. 
L’emozione mi aveva preso alla gola vedendo questi segni indelebili del tempo e del dolore trasformati in speranza e in orgoglio sano, che costruisce miti intorno alle città e alle regioni, perché quando siamo sopraffatti dalle difficoltà, la nostra mente si sforza di vedere il bello e di accentuarlo, quando si incontra la morte, si impara ad ascoltare il battito del cuore come un inno alla vita. Sarebbe forse il contrario nel nostro vecchio continente abbandonato al suo egocentrismo, che ha perso il senso dello stupore della bellezza che ogni giorno inonda il mondo? 

Alcuni giorni mi sono bastati per restare abbagliato dallo splendore di una festa notturna e dall’eco di un ritmo latino, ma soprattutto dalla capacità di certi esseri umani di superarsi e di trattenere il crollo per non perdersi nei flutti dell’abisso, disegnando un futuro di speranza. Allora ho deciso di seguire questa luce nuova là dove si diffonde, per scoprire altri aspetti di questo altrove così ricco di senso, le sue identità e le sue sfumature, il suo cielo dall’intensità ardente, in cui la speranza resta in piedi e i sorrisi si diffondono come messaggeri di beatitudine. 

I primi passi sono attratti dal sole di Cartagena delle Indie. «La Heroica» come la chiamava Simon Bolivar, la prima città ad avere reclamato la sua libertà e l’ultima ad averla ottenuta, non senza il sacrificio di migliaia dei suoi figli. 

Oggi la città risplende, inondata di luci brillanti sulle sue cupole, vive in un presente senza fine, perpetuato dall’errare delle onde provenienti dalle isole verdi che le stanno di fronte, raccontandone il glorioso passato sulle facciate, che, tra l’alba e il tramonto, riassumono la nascita di un nuovo mondo.

Pochi passi nei vicoli storici e ci si spalanca un mondo meraviglioso, uccelli variopinti sorvolano i tetti, vecchi amici condividono un momento di complicità, e venditori chiamano i passanti per procacciarsi il pane quotidiano.

Fuori dalle mura, un arcobaleno si riversa su di noi: una miriade di colori sulle pareti esprime l’arte di una gioventù che ha fretta di dire e far sentire il suo sguardo sulla storia e la sua visione del futuro. Le tende si alzano sullo spettacolo della strada, dove un’umanità intensa e commovente si diffonde. 
Quando il giorno volge al termine, il sole al tramonto si attarda sulle navi che sonnecchiano nel porto e fissa secoli di storia sulle lunghe mura, gli sguardi si legano all’orizzonte nell’intimità del cielo e una brezza accarezza affettuosamente il momento presente. 

Barranquilla ha indossato abiti di carnevale, un anno ad aspettare l’avvicinarsi del Martedì Grasso per abbandonarsi a una gioia collettiva. 

Non è un evento turistico, ma una versione locale dell’evasione. Ci si offre la libertà a colpi di body painting e ci si veste di colori per eccellere nell’arte di rilassarsi e tradurre la vita in linguaggio di festa. 

I cortei sono accompagnati da un’interminabile rete musicale che diventa l’unico linguaggio e i corpi ondeggianti giocano con gli spettatori, senza limiti d’età né di livello sociale, si spezzano tutte le catene, l’ora è consacrata all’allegria e al piacere senza rimorsi. 

La sera, ci si concede un’ora o due per riprendersi senza perdere l’allegria, poi la notte si accende di mille luci e di mille ritmi in tutti gli angoli delle strade.

Tutto si fonde e confonde nel disordine del reale e nell’ordine dell’irreale, si seguono senza restrizioni le chiamate interne dei sensi per creare una nuova visione effimera del mondo e per cancellare tutto dispiegando una felicità frenetica. 

Più avanti sulla costa caraibica, eccoci a Santa Marta, la più antica delle città coloniali. Dimentichiamo gli orologi da polso e l’infinito tictac di quelli al muro. Vai, vivi e vedrai cosa succederà. La vita scivola voluttuosamente ai confini del visibile e gli abitanti sanno benissimo cancellare questo legame tra spazio e tempo… si riprende fiato tra due onde erranti che respingono le frontiere e si vive al ritmo di un sole pieno e gioioso ai piedi della Sierra Nevada, queste maestose montagne amiche delle nuvole, mistiche sculture nell’orizzonte che vegliano sull’equilibrio del mondo. 

È ai confini di queste montagne che vivono le tribù discendenti dei Tairona. Alcuni secoli fa, nomi senza volto e anime senza umanità, piene dell’ignorante superiorità della loro pseudo-razza, si sono rese colpevoli del massacro dei popoli e della distruzione delle civiltà, per procurarsi un metallo che deve la sua brillantezza unicamente al sole! 

L’incontro con le tribù indigene segna lo spirito e insegna alle nostre anime smarrite il senso dell’esistenza. Sulle rive dell’Ancho, una delle tribù ha costruito le sue case rotonde di paglia e di argilla, e una scuola per acquisire l’altra conoscenza e conferire completezza al proprio sapere. 

Nella loro terra scorrono ruscelli che formano piscine naturali, dove le grida di gioia infantile s’intrecciano con la dolce melodia dell’acqua in corsa, mentre i rami degli alberi rivelano una finestra aperta sul cielo, che consente ai raggi di venire ad accarezzare le guance delle pietre e quelle dei bambini, senza per questo compromettere l’intimità del luogo e del momento.

Gli indigeni parlano poco ma hanno lo sguardo magnetico ed eloquente che recita la storia alla sordità del tempo, e si fa beffe della «civiltà», che ha mancato allo svolgimento pacifico della vita. 
Nel loro quotidiano interpretano l’universo in modo differente, con calma e saggezza, e vegliano con benevolenza su Madre Terra e sulle sue risorse. 

Legati alle proprie tradizioni – di cui il tempo non cambierà nulla – portano in sé la memoria degli antenati, e indossano abiti del colore della pace. Di bianco vestiti si fondono nella luce e scalzi calpestano l’assurdità del mondo. 

A Palomino, il mare è un teatro blu, applaudito dagli alberi che gettano le loro radici ai piedi delle onde e si lasciano accarezzare da un andirivieni infinito. 

I fiumi estendono le loro lunghe rive per incontrare il mare con dolcezza, come amanti di lungo corso, e formano preziosi rifugi di calma e di quiete.

Al Parco Tayrona tutto è armonia conciliante con una natura clemente, tutto ispira alla dolcezza e trattiene il visitatore. 

Lo sguardo è attratto dalle meraviglie della natura e dal magnetismo dei dettagli. Anche qui l’incanto assume il suo senso: nelle foglie rivestite di sabbia, nei rami che si abbracciano e baciano, nelle onde di colori che sui tronchi degli alberi dipingono quadri surreali, negli accumuli di coralli che il mare ha portato sulla terra ferma per l’estremo riposo. Tante bellezze come è in grado di crearne soltanto questo grande artista che è la natura. Da una brezza nata in lontananza, che fa tremare i rami, producendo il rumore dolce di un canto di libertà, un mondo rivive e si reinventa sotto i nostri occhi, in una natura rigenerante, dove ai battiti del cuore si mescola il rumore dell’acqua. 

Medellín, la capitale di Antioquia, è un esempio di rinascita piena di lezioni di vita e di vittoria della speranza. La città dell’eterna primavera ha visto molti temporali e tempeste di violenza in un passato caotico e insanguinato.

Medellín la fiera ha attraversato in pochi anni una vera e propria metamorfosi, per insegnare a tutta la terra come trasformare la tragedia in rinascita e la disgrazia in fonte d’ispirazione e gioia comunicativa. 

Lo sviluppo urbano ha fatto miracoli nella città che torna da lontano, da una storia recente di guerra e dominio dei narcotrafficanti. I comuni un tempo isolati e abbandonati a se stessi sono ormai rifugi di pace. Le case colorate, sparse sulle colline come parole smarrite, sono collegate dalle linee del metrocable, formando così, con il resto della città, un libro divertente e colorato, con pagine piene d’arte di strada che irradia sulla musica e i passi ritmici di una generazione creativa piena di vita. 

«Quando l’arte entra in una casa, la violenza ne esce», diceva Botero. La sua città natale espone orgogliosamente le sue opere nel centro che ribolle di energia; intorno, ci sono gruppi che suonano melodie felici o nostalgiche, mercati dove si vende tutto e niente, e belle di notte che aspettano gli eventuali clienti davanti alla chiesa; la religione è una sorta di sapone, una volta lavati dai peccati si è pronti a «risporcarsi» e così via, mi è stato detto a Medellín! 

La notte si fa luce in una volontà invincibile di celebrare la vita, una fiamma dolce si risveglia fin dall’inizio del giorno e le strade palpitano ai ritmi latini. I colori scorrono sulle facciate e sui vestiti, domani è un altro giorno, o forse non arriverà mai, quindi bisogna cogliere l’attimo. La sera a Medellín, un vagabondare festoso si aggrappa alla memoria della notte per riempirla di risate e impadronirsi dei sogni. 

I passi risuonano e sbocciano nell’«Eje Cafetera»; la zona del caffè è un’oasi enorme e verdeggiante, un tappeto ricamato di fiori sul quale i fiumi intrecciano il loro cammino con una dolcezza cristallina. 
Salento stende le sue case sulla collina in una toccante semplicità, ispirata alla natura per modellare le finestre in legno, aggiungendo un tocco di creatività colorata. La passeggiata si trasforma in felicità, accentuata dai sorrisi dei placidi abitanti, bel consapevoli del loro ambiente idilliaco. 

Nella Valle di Cocora, l’emblematico albero nazionale sembra volersi elevare al di sopra delle nuvole, le foreste di palme di cera giganti affascinano gli escursionisti e li invitano a baciare il cielo, sfidando il vento che sussurra la memoria della terra in un’atmosfera mistica coronata da profumi boschivi. 

Il vulcano «Cerro Machìn» si è spento più di 1000 anni fa, ne ha avuto abbastanza della rabbia, c’è da cxredere che abbia fatto anche lui il suo percorso di relisilienza, lasciando a 2700 metri di altitudine una terra fertile che costituisce la bellezza grezza e la ricchezza della regione di Tolima. Se l’accesso è difficile, lo sforzo è ampiamente ricompensato; qui siamo lontani dall’accelerazione del tempo, la pace regna, la gioia sfarfalla, gli uccelli non cantano, creano sinfonie di gioia, e i colibrì, nei loro viaggi interminabili tra i fiori, sbattono le ali fino a 200 volte al secondo.  

Alcune famiglie che vi hanno costruito i loro «Fincas» – una scuola che ospita 8 alunni e un insegnante devoto – occupano il cratere. Sui loro volti germogliano le briciole del sole e freme la freschezza dei campi in una serenità luminosa. 

«Cali es Cali, y lo dèmas es loma», è così che i caleños definiscono con orgoglio gioioso la loro città, «Cali è Cali e il resto è solo montagna. »

Sulle rive verdeggianti del suo fiume, Cali è piena di vita, vibra della giovinezza della sua popolazione mista e reinventa ogni giorno la sua storia.

Se il Cristo Re veglia sulla città dalle alture dei colli, sono gli dei del ritmo e i diavoli complici che s’impadroniscono delle strade al calar della notte; i corpi sono pieni di musica, respirano le note e le espirano in movimenti di grazia che risvegliano i demoni gioiosi. 

La Salsa unisce i corpi e le anime, e cancella la differenza in una gioia fremente, come una preghiera laica, come un fruscio dell’anima. Il tempo si cancella, portando con sé le preoccupazioni del quotidiano e la vita diventa una melodia appesa ai fianchi.  

Oltre a quella della natura colombiana, un’altra ricchezza non può che commuovere: la grande delicatezza del suo popolo, tutta la dolcezza che ha da offrire. 

Bisogna ricordare questa verità cruciale: gli invasori di un tempo non avevano capito che il vero tesoro è nello scambio e nella condivisione. Ecco il vero Eldorado, in quei volti abbronzati e in quegli occhi dolci.

Tutto si fa «con gusto/ con piacere», e i sorrisi di arrivederci degli sconosciuti si coronano di «che te vaya muy bien/ che tu sia felice», è lì, l’incanto, la poesia dell’esistenza è nell’Essere e non nell’Avere, è in quella tenerezza intrepida che contraddistingue l’identità dell’Uomo. 
Che ne abbiamo fatto di questa tenerezza nei nostri paesi? In quale momento abbiamo perso la spontaneità e l’allegria, per lasciare spazio a diffidenza e muri invalicabili tra le anime?

I colombiani non si perdono nell’illusione. Le loro cicatrici sono ancora spalancate nelle sfumature del rosso, che l’umanità a volte smarrita dipinge sul cielo e sulla terra in contraddizione con la gioia alberata e i paesaggi sontuosi di una natura che ha sempre saputo conservare i suoi diritti. 
Sarebbe inutile dimenticare che i ricordi amari e gioiosi sono il lastricato del cammino della vita, per sapere dove mettere i piedi e come avanzare a dispetto degli ostacoli. I colombiani affrontano la realtà lottando per distruggere i muri della paura, camminano su una strada incerta, dubitando di tutto tranne che della luce, della loro terra e della loro capacità di aiutarsi a vicenda per bruciare la solitudine, e di attingere alla gioia per rallegrare la vita.

 Tutto finisce e non posso tornare indietro nel tempo, ma posso ancora ispirarmi, celebrare la dolcezza dei momenti vissuti e corteggiare i ricordi; di un raggio di sole che accarezza la nuca, della sabbia fine che conversa con le dita, e di un sorriso radioso come un occhiolino alla vita. 
Domani e ogni giorno ritroverò in me queste impronte profonde, il canto del coraggio e il ritmo della gioia risuoneranno nella mia coscienza in una infinità voluttuosa, nel ricordo di un azzurro che vive eternamente là, dove la gioia si incarna, dov’è nata la tenerezza, dove il cammino delle meraviglie si prolunga fino alle verdi montagne per raggiungere il cielo della fraternità. Queste impronte non stanno per spegnersi e io lascerò che si estendano per prolungare lo stupore e ricordarmi il senso dell’incanto.   

Traduzione di Chiara De Luca

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