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Khaled Youssef, Éthiopie/ Ethiopia/Etiopia

 

« Éthiopie, le commencement… »

Que puis-je vous raconter de l’Éthiopie ? 

La voix des montagnes, le murmure des Dieux des forêts, le sourire solaire et la caresse chaude, le vent parfumé de la délicieuse odeur de l’innocence… tout dans cette terre-mère nous ramène à nos origines et à l’essence même de la vie.

D’Aksum jusqu’à Gondar, les ancêtres de la fameuse Makeda, mythique reine de Sabaa, ont élevé des obélisques gigantesques qui conduisent les âmes au paradis, et ses descendants ont bâti des palais sous le thème des merveilles. Des traces de royaumes grandioses et d’une humanité radieuse, de quoi donner une leçon de civilisation à l’Homme Blanc qui s’est cru bêtement supérieur à un moment donné de l’Histoire. 

A 3500 mètres d’altitude, sur le mont Simien, nous surplombons le monde dans son versant vert nuancé en compagnie des babouins.

Sur la crête du volcan Erta Ale, nous observons son époustouflante colère puis nous remplissons notre esprit des miracles de la nature et des châteaux de sel sculptés par le vent sur la dépression de Danakil.

Une voix nous appelle pour un retour à la terre, à nos origines lointaines et communes, à la préservation de la nature, comme la berceuse chantée par une mère qui réside dans notre inconscient et qui resurgit dans nos moments de faiblesse. 

À Bahir Dar, les pêcheurs célèbrent l’aube sur le lac Tana, et les monastères sur les îlots savent se cacher entre la végétation pour préserver la foi et leurs murs couverts de peintures naturelles qui retracent les légendes monothéistes alors que les plafonds se couvrent d’anges gardiens qui veillent sur les humains. Ici il y a des prières, de longues prières, qui survolent l’eau autour et qui s’envolent en laissant une mélodie enchanteresse que le vent transmet religieusement. 

Les tribus de la vallée de l’Omo se font volontairement oublier du monde et de ses désordres. Nous sommes allés à leur rencontre. Des traits marqués des poids du cœur, des corps qui portent la tradition en forme d’objets, et des couleurs qui parcourent la peau jusqu’à la pénétrer. 

Chez les Mursi, les Konso, les Hamer, les Dorze, ou les Dassanech… la culture de ces tribus s’imprègne dans chaque moment du quotidien et l’authenticité est la règle d’or, comme si chaque geste, chaque vêtement et chaque attitude étaient un défi lancé à la face de la globalisation sauvage. 

Rien n’est comparable à Lalibela, une beauté sans rivale nichée entre les montagnes. La « Nouvelle Jérusalem » est le lieu suprême d’une foi chrétienne orthodoxe. Ici la messe est dite avec la naissance du jour. Femmes, hommes et enfants se précipitent dans les petites voies rocheuses pour accéder aux majestueuses églises monolithiques taillées dans la roche il y a plus de huit siècles. L’odeur de l’encens vous conquiert tout autant que le chant religieux dans une langue mystique qui vous transporte dans une spiritualité apaisante indépendamment de vos croyances. Ici la foi va de pair avec la délicatesse et la bienveillance… soyez en paix, peu importe d’où vous venez, vous êtes à Lalibela, là où les âmes s’apaisent et se fondent dans la lumière et dans l’harmonie d’une mélodie divine. 

Un enfant nu sauf d’un sourire me tient la main, plus loin une femme qui porte sur son visage les empreintes de toute une vie amène des branchages  pour protéger les toits du foyer, et à proximité près de la source d’eau, le marché envahit tous les sens : les odeurs des épices, les cris des marchands, et la variété illimitée de couleurs qui prend la définition même d’un œuvre d’art. Tout n’est que pur bonheur accessible aux âmes vagabondes. 

De l’Éthiopie j’ai ramené une lumière et des lueurs, un vent et ses souffles tendres, des visages et des sourires radieux, des milliers de nuances de beauté d’une terre noble rythmée par des merveilles de l’Homme et de la Nature, et des souvenirs de moments de joie qui éclabousseront continûment sur mes jours à venir. 

Khaled Youssef

 

“Ethiopia, the beginning …”

What can I tell you about Ethiopia?

The voice of the mountains, the murmur of the Gods of the forests, the solar smile and the warm caress, the fragrant wind of the delicious smell of innocence … everything in this mother earth brings us back to our origins and the very essence of life.

From Aksum to Gondar, the ancestors of Makeda the famous, mythical queen of Sabaa, raised gigantic obelisks that lead souls to paradise, and her descendants built palaces under the theme of wonders. Traces of grandiose kingdoms and a radiant humanity, enough to give a lesson in civilization to the White Man who stupidly fancied himself superior at a given moment in History.   

At 3500 meters above sea level, on Mount Simien, we overlook the world on its nuanced green slope in the company of baboons.

On the ridge of the Erta Ale volcano, we observe its astonishing anger and then fill our minds with the miracles of nature and wind-sculpted salt castles over the Danakil Depression.

A voice calls us back to nature, to our distant and common origins, to the preservation of nature, like the lullaby sung by a mother, which resides in our unconscious and resurfaces in our moments of weakness.

In Bahir Dar, the fishermen celebrate dawn on Lake Tana, and the monasteries on the islets know how to hide between the vegetation to preserve the faith and their walls covered with natural paintings, which retrace the monotheistic legends whereas the ceilings are covered with guardian angels who watch over humans. Here there are prayers, long prayers, flying over the water around and flying away leaving an enchanting melody that the wind conveys religiously.

The tribes of the Omo Valley let themselves be deliberately forgotten from the world and its disorders. We went to meet them. Features that are marked by the weights of the heart, bodies that carry the tradition in the form of objects, and colors that cross the skin until penetrating it.

At the Mursi, Konso, Hamer, Dorze, or Dassanech … the culture of these tribes is immersed in every moment of everyday life and authenticity is the golden rule, as if each gesture, each garment and each attitude were a challenge to the face of the wild globalization.

Nothing is comparable to Lalibela, an unrivaled beauty nestled between the mountains. The “New Jerusalem” is the supreme place of orthodox Christian faith. Here the mass is said with the birth of the day. Women, men and children rush into the small rocky paths to access the majestic monolithic churches carved into the rock more than eight centuries ago. The smell of incense conquers you as much as the religious song in a mystical language that transports you to a soothing spirituality regardless of your beliefs. Here faith goes hand in hand with delicacy and benevolence … Be at peace, no matter where you come from, you are in Lalibela, where souls calm down and blend in with light and harmony of a divine melody.

A naked child ‒yet dressed in a smile‒ holds my hand, further a woman who wears on her face the footprints of a lifetime brings branches to protect the roofs of the hearth, and nearby besides the water source the market invades all the senses: the smells of spices, the shouts of merchants, and the unlimited variety of colors that takes the very definition of a work of art. All is pure happiness accessible to the wandering souls.

Translated by Danii Kessejan

 

 

«Etiopia, l’inizio…»

Che cosa posso raccontarvi dell’Etiopia? 

La voce delle montagne, il mormorio degli dèi delle foreste, il sorriso solare e la carezza calda, il vento impregnato dell’odore delizioso dell’innocenza… tutto in questa terra madre ci riporta alle nostre origini e all’essenza stessa della vita.

Da Aksum fino a Gondar, gli antenati della celebre Makeda, mitica regina di Saba, hanno innalzato i giganteschi obelischi che conducono le anime al paradiso, e i suoi discendenti hanno costruito palazzi delle meraviglie. Vestigia di reami tanto grandiosi e di una umanità tanto radiosa da dare una lezione di civiltà all’Uomo Bianco, che a un certo punto della Storia si è stupidamente creduto superiore. 

A 3500 metri di altezza, sul monte Simien, sormontiamo il mondo nel suo versante verde sfumato in compagnia dei babbuini.

Sulla cresta del vulcano Erta Ale, osserviamo la sua stupefacente collera, per poi colmarci lo spirito dei miracoli della natura e dei castelli di sale scolpiti dal vento sulla depressione di Danakil.

Una voce ci chiama a un ritorno alla terra, alle nostre origini lontane e comuni, alla preservazione della natura, come la ninnananna cantata da una madre che alberga nel nostro inconscio e risorge nei momenti di debolezza.

A Bahir Dar, i pescatori celebrano l’alba sul lago Tana, e i monasteri sulle isole sanno celarsi tra la vegetazione per preservare la fede e i loro muri coperti di dipinti naturali che ritracciano le leggende monoteiste, mentre i soffitti si coprono di angeli custodi che vegliano sugli umani. Qui ci sono preghiere, lunghe preghiere, che sorvolano l’acqua intorno e s’involano, lasciando una melodia incantatrice che il vento trasmette religiosamente.

Le tribù della valle dell’Omo si fanno volontariamente dimenticare dal mondo e dai suoi disordini. Noi siamo andati a incontrarle. Tratti segnati dai pesi del cuore, corpi che portano la tradizione in forma di oggetti, e colori che percorrono la pelle fino a penetrarla.

Presso i Mursi, i Konso, gli Hamer, i Dorze, o i Dassanech… la cultura di queste tribù s’impregna d’ogni istante del quotidiano. Autenticità è la regola aurea, come se ogni gesto, ogni vestito e ogni atteggiamento fossero una sfida lanciata in faccia alla globalizzazione selvaggia.

Nulla è paragonabile a Lalibela, una bellezza senza rivali annidata tra le montagne. La «Nuova Gerusalemme» è il luogo supremo di una fede cristiana ortodossa. Qui la messa si celebra col nascere del giorno. Donne, uomini e bambini si precipitano nelle viuzze rocciose per accedere alle maestose chiese monolitiche intagliate da più di otto secoli nella roccia. L’odore dell’incenso vi conquista mentre il canto religioso in una lingua mistica vi trasporta in una spiritualità rassicurante a prescindere dalle vostre credenze. Qui la fede va di pari passo con la delicatezza e la benevolenza… siate in pace, poco importa da dove veniate, siete a Lalibela, dove le anime si placano e si fondono nella luce e nell’armonia di una melodia divina.

Un bambino vestito solo di un sorriso mi tiene la mano, più lontano una donna che si porta sul viso le impronte di tutta una vita porta dei rami per proteggere i tetti del focolare, e nei pressi della sorgente d’acqua, il mercato invade tutti i sensi: gli odori delle spezie, le grida dei mercanti, e la varietà illimitata di colori che assume la definizione stessa di un’opera di arte. Tutto è soltanto pura felicità accessibile alle anime vagabonde. 

Dell’Etiopia ho portato con me una luce e dei chiarori, un vento e i suoi soffi delicati, visi e sorrisi radiosi, migliaia di sfumature di bellezza di una terra nobile ritmata dalle meraviglie dell’uomo e della Natura, e ricordi di momenti di gioia che pioveranno costantemente sui miei giorni a venire.

Traduzione di Chiara De Luca

 

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