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Khaled Youssef, Géorgie, princesse du Caucase/Georgia, principessa del Caucaso

Géorgie, princesse du Caucase 

 

C’est en chantant le monde que l’on enchante, en pointant sa beauté que l’on accentue, et en dévoilant l’inconnu oublié qu’on le ressuscite et le rend familier, dans les regards et dans les cœurs, à travers les mots et les souvenirs. 

C’est en dissipant le pseudo-brouillard qui nous sépare et en tendant la main aux cultures voisines, que l’âme se forge et que la mosaïque de notre identité se compose.

Dans une volonté d’éclairer d’avantage mon chemin et mon âme, j’ai emprunté la route du Caucase pour m’installer en Géorgie le temps d’une découverte. 

À mi-chemin entre l’Europe et l’Asie, voisin de l’Orient, ce pays aux multiples facettes sort de l’ombre à pas accélérés, fort de son passé et d’une volonté de tisser une nouvelle histoire dans la toile du temps. 

À l’arrivée, Tbilissi nous est offerte comme une faveur pour savourer sa diversité architecturale et humaine. 

Dispersée sur les deux rives du fleuve Kura, la fluidité et l’harmonie de la capitale rendent l’enchantement facile à conquérir. 

Les pas suivent la course du soleil et les yeux se reposent sur le vert des hauteurs avoisinantes. 

D’abord la vieille ville, havre coloré de tranquillité posé sur la colline, que côtoie des architectures nouvelles au goût futuriste. Ici, se dressent des églises, des synagogues et des mosquées entre les parcs, les bains et les cascades d’eau… la paix est inscrite sur les chemins et dans le ciel.  

Plus loin, dans les quartiers alternatifs, on entend déjà les messagers du renouveau. On transforme le passé communiste en œuvres d’art urbain et on savoure la coulée de la vie. 

On perd volontairement le chemin pour s’émerveiller de ces charmantes bâtisses délabrées qui regorgent d’histoires et d’âmes et invitent le passé à entourer le passant pour un voyage qui s’étend de la terre persane à l’Europe au fil du temps et le long de la Route de la Soie. 

On s’attarde quelques moments sur les marchés le long des voies ferrées. Les visages portent la vie en forme de rides et le deuil dans les voiles noirs en vendant les produits de leur terre. L’authenticité des victuailles et des vendeurs nous rappelle la perte de la nôtre au temps de la « mondialisation » et de l’uniformisation ! 

Dans les sourires devinés des habitants on aperçoit des signes de bienvenue discrètement déployés sur les visages. Mais les sourires appellent les sourires et éclaircissent les traits. Un monsieur au regard bienveillant nous offre un verre et une dame vêtue de noir assise à la sortie d’une église nous envoie un baiser d’au revoir volant de sa main ridée… ô tendresse, quand tu nous tiens ! 

La nuit à Tbilissi est un refuge pour les âmes avides d’insolite. Les lumières de la ville nous portent sur le chemin des passeurs de rêves, où tout se passe et surprend. 

Tbilissi n’aime pas les robes noires et ne se contente pas des astres dans le ciel. Elle s’habille de couleurs et de lumières aux allures d’une joie voulue et acquise par une volonté d’exister, de créer, d’être et de s’affirmer comme une ville du passé qui vit pleinement le présent en jetant un regard d’espoir sur l’avenir.

En Kakhétie, nous traversons les célèbres vignobles, puis une route peu clémente, prix à payer pour accéder à une beauté unique créée par la fusion de l’être humain et la nature. 

Ici, les prêtres syriens ont trouvé refuge à leur foi nouvelle, les rochers avec la complicité du vent avaient prévus des habitats naturels, comme si la nature avait été consciente du destin de l’Homme en préparant ses lieux d’exil. 

En suivant l’horizon et quelques nuages errants, on aperçoit l’Azerbaïdjan, curiosité du voyageur et soif de découvertes, une silhouette d’une autre beauté à explorer un jour se dessine devant nos yeux. 

À Gori, il y a les traces de la naissance de Staline. Avant de marquer l’histoire du temps moderne, il a été un enfant comme les autres, né dans la foi chrétienne et destiné à être prêtre. La vie est imprévisible tout comme l’esprit de l’être humain, comme une roulette russe, comme un ciel entre deux saisons ; l’orage et les foudres n’épargnent personne. On peut danser au mépris de l’abîme ou faire danser l’abîme au mépris de la vie… toi, l’Homme de mon temps, qu’a tu appris de l’Histoire ? 

À proximité, se dresse Ouplistsikhé, forteresse troglodyte et ses 150 grottes qui témoignent d’une vie et d’une gloire vieilles de 3000 ans. Ici, la grande Tamar a installé son règne prospère : « Brillante comme le soleil, pleine de majesté, ayant la démarche coulante, semblable à un beau fleuve », disait le poète. 

La majesté de cette œuvre de la nature associée à la créativité des hommes défient la grandeur des plus grands palais. On ressent encore la vibration des voix qui se reflète dans l’exaltation des pierres. 

À Mtskheta, on franchit les frontières du mystique dans le véritable cœur de la chrétienté caucasienne créé sur une belle confluence de fleuves aux sources nobles. Dans la cathédrale, les yeux scintillent et se remplissent de merveilles : grandiose dans sa simplicité, cachant des trésors hors du temps qui forcent l’admiration. 

Les fresques brillent de mille couleurs et les murs murmurent des prières et des chants doux pour apaiser les esprits. 

Un peu plus loin sur les hauteurs, sur l’emplacement du monastère Jvari, Sainte Nino a dressé avec la famille royale la première croix du pays en ceps de vignes, annonçant une nouvelle ère et une foi qui prônait, à sa naissance, l’empathie, l’amour et le pardon. 

La forteresse d’Ananouri se dresse sur le lac Jinvali, enveloppant depuis 400 ans les deux églises, que les ducs d’Aragvi ont défendu jusqu’au dernier souffle. Difficile d’imaginer que cette merveille fut le théâtre de combats, de lutte pour le pouvoir, et de cœurs meurtris par le vent d’orgueil et de vanité, car aujourd’hui une paix imperturbable règne sur ce lieu où la pierre des églises côtoie l’eau du lac et les arbres centenaires. Entre ombre et clarté, une mélodie apaisante renaît à chaque instant. 

La route du Caucase est semée de merveilles. Les tapis de verdures s’étalent de part et d’autre, des bergers amènent leurs troupeaux vers les sources de vie, et le ciel qui se prolonge à l’infini déverrouille l’horizon.

À l’arrivée, les yeux restent rivés sur les sommets du mont Kazbegi, sur les nuages dansants et l’infini multiplié. 

Je rejoins le majestueux silence de la nature, couronné d’un souffle tendre et frais, les chemins montent et se raidissent, la splendeur des paysages nous enveloppe de douceur et allège nos pas. 

L’église de Guerguéti est perchée depuis 600 ans, tout en haut, toute fière dans sa simplicité, entre les montagnes enneigées et les chants de l’automne. Je fais mon pèlerinage laïque, je perds religieusement mon regard dans cette éternelle lumière qui prend racine dans l’horizon, et je me prosterne devant la beauté du monde. 

Au retour, des enfants du village s’amusent de rien et jouent avec tout, je rejoins leur joie innocente. Quelques bulles de savon et des rires éclatants qui animent les âmes et résonnent comme une vérité, un essentiel à retenir de ce rêve qu’on appelle la vie. 

Sur la route du Caucase j’ai appris l’humilité de l’Homme face à la nature éternellement victorieuse, et j’ai acquis un nouveau regard sur le beau de l’ailleurs, et sur une autre lumière qui sait sculpter les rêves. 

La Géorgie m’a confié une vibration joyeuse, qui a élargi ma mémoire par un tumulte de couleurs et de sourires qui fleurissent à chaque souvenir. 

Khaled Youssef

Géorgie, princesse du Caucase 

 

È cantando il mondo che s’incanta, indicando la sua bellezza che si accentua, e svelando l’ignoto dimenticato che lo si risuscita e rende familiare, negli sguardi e nei cuori, attraverso le parole e i ricordi.

È dissipando la nebbia apparente che ci separa e tendendo la mano alle culture vicine, che l’anima si forgia e il mosaico della nostra identità si compone.

Nel desiderio d’illuminare ulteriormente il mio cammino e la mia anima, ho preso la strada del Caucaso, per restare in Georgia il tempo di una scoperta.

A metà strada tra l’Europa e l’Asia, vicino dell’Oriente, questo paese dalle molteplici sfaccettature esce dall’ombra a passi accelerati, forte del suo passato e della volontà di tessere una nuova storia nella ragnatela del tempo.

All’arrivo, Tbilisi ci viene offerta come un favore per assaporare la sua diversità architettonica e umana.

Sparse sulle due rive del fiume Kura, la fluidità e l’armonia della capitale rendono l’incanto facile da conquistare.

I passi seguono la corsa del sole e gli occhi riposano sul verde delle alture circostanti.

Dapprima il centro storico, oasi colorata di tranquillità posata sulla collina, che costeggia architetture nuove dal gusto futuristico. Qui sorgono chiese, sinagoghe e moschee tra parchi, bagni e cascate d’acqua… la pace è iscritta sulle strade e nel cielo.

Più avanti, nei quartieri alternativi, si sentono già i messaggeri del rinnovamento. Si trasforma il passato comunista in opere d’arte urbana e si assapora la colata della vita.

Si smarrisce volontariamente la strada per stupirsi di queste affascinanti case fatiscenti, che traboccano di storie e di anime e invitano il passato a circondare il passante per un viaggio che si estende dalla terra persiana all’Europa, nell’arco del tempo e lungo la Via della Seta.

Ci si sofferma per qualche istante sui mercati lungo i binari della ferrovia. I volti portano la vita nelle rughe e il lutto nei veli neri, mentre vendono i prodotti della loro terra. L’autenticità delle vittorie e dei venditori ci ricorda la perdita della nostra nel tempo della «globalizzazione» e dell’uniformazione!

Nei sorrisi indovinati degli abitanti si scorgono  segni di benvenuto dispiegati discretamente sui volti. Ma i sorrisi chiamano sorrisi e schiariscono tratti. Un gentiluomo dagli occhi gentili ci offre un drink e una signora vestita di nero seduta all’uscita di una chiesa ci manda un bacio di addio con la mano rugosa… o tenerezza, quando ci tieni!

La notte a Tbilisi è un rifugio per anime avide d’insolito. Le luci della città ci portano sulla strada dei traghettatori di sogni, dove tutto accade e sorprende.

Tblisi non ama gli abiti neri e non si accontenta delle stelle nel cielo. Si veste di colori e di luci dall’aspetto di una gioia voluta e acquisita dalla volontà di esistere, di creare, di essere e di affermarsi come una città del passato, che vive appieno il presente, lanciando uno sguardo di speranza sul futuro.

In Kakhezia, attraversiamo i famosi vigneti, poi una strada poco clemente, prezzo da pagare per accedere a una bellezza unica, creata dalla fusione dell’essere umano con la natura.

Qui i sacerdoti siriani hanno trovato un rifugio per la loro nuova fede: le rocce, con la complicità del vento, avevano previsto habitat naturali, come se la natura fosse stata consapevole del destino dell’Uomo, preparando i suoi luoghi di esilio.

Seguendo l’orizzonte e alcune nubi erranti, si scorge l’Azerbaigian, curiosità del viaggiatore e sete di scoperte, una silhouette di un’altra bellezza da esplorare un giorno si delinea davanti ai nostri occhi.

A Gori ci sono le tracce della nascita di Stalin. Prima di segnare la storia del tempo moderno, è stato un bambino come gli altri, nato nella fede cristiana e destinato a essere sacerdote. La vita è imprevedibile come lo spirito dell’essere umano, come una roulette russa, come un cielo tra due stagioni; la tempesta e i fulmini non risparmiano nessuno. Si può danzare nel disprezzo dell’abisso, o far danzare l’abisso nel disprezzo della vita… tu, uomo del mio tempo, cosa hai imparato dalla storia?

Nelle vicinanze sorge Ouplistsikhé, fortezza troglodita e le sue 150 grotte, che testimoniano una vita e una gloria vecchia di 3.000 anni. È qui che la grande Tamar ha installato il suo florido regno: «Brillante come il sole, pieno di maestà, con andatura fluente, simile a un fiume bello», diceva il poeta.

La maestosità di quest’opera della natura, associata alla creatività degli uomini, sfida la grandezza dei più grandi palazzi. Si sente ancora la vibrazione delle voci, che si riflette nell’esaltazione delle pietre.

A Mtskheta si oltrepassano i confini del mistico nel vero e proprio cuore della cristianità caucasica, creato su una bella confluenza di fiumi alle nobili sorgenti. Nella cattedrale, gli occhi brillano e si riempiono di meraviglie: grandiosa nella sua semplicità, nasconde tesori fuori dal tempo che spingono all’ammirazione.

Gli affreschi brillano di mille colori e le pareti sussurrano preghiere e canti dolci per placare gli spiriti.

Poco più avanti sulle alture, nella piazzola del monastero Jvari, Santa Nino ha eretto con la famiglia reale la prima croce del paese in legno di vite, annunciando una nuova era e una fede che propugnava, alla sua nascita, l’empatia, l’amore e il perdono.

La fortezza di Ananouri sorge sul lago Jinvali, avvolgendo da 400 anni le due chiese, che i duchi di Aragvi hanno difeso fino all’ultimo respiro. Difficile immaginare che questa meraviglia sia stata teatro di combattimenti, di lotta per il potere e di cuori feriti dal vento di vanità e orgoglio, perché oggi una pace imperturbabile regna su questo luogo dove la pietra delle chiese costeggia l’acqua del lago e gli alberi centenari. Tra ombra e chiarezza, una melodia rilassante rinasce in ogni momento.

La strada per il Caucaso è piena di meraviglie. I tappeti di vegetazione si espandono da una parte e dall’altra, i pastori portano le loro greggi verso le sorgenti di vita, e il cielo che si prolunga all’infinito apre l’orizzonte.

All’arrivo, gli occhi restano puntati sulle cime del monte Kazbegi, sulle nuvole danzanti e sull’infinito moltiplicato.

Mi unisco al maestoso silenzio della natura, coronato da un soffio tenero e fresco, i sentieri salgono e si fanno più impervi, lo splendore dei paesaggi ci avvolge di dolcezza e alleggerisce i nostri passi.

Da 600 anni la chiesa di Guerguéti è arroccata in alto, tutta fiera della sua semplicità, tra le montagne innevate e i canti autunnali. Faccio il mio pellegrinaggio laico, smarrisco religiosamente lo sguardo in questa eterna luce che affonda le sue radici nell’orizzonte, e mi prostro davanti alla bellezza del mondo.

Al ritorno, i bambini del villaggio si divertono e giocano con tutto, mi unisco alla loro gioia innocente. Alcune bolle di sapone e risate eclatanti che animano le anime e riecheggiano come una verità, una cosa essenziale da ricordare di questo sogno che si chiama vita.

Sulla strada del Caucaso ho imparato l’umiltà dell’Uomo di fronte alla natura perennemente vittoriosa, e ho acquisito un nuovo sguardo sul bello del resto, e su un’altra luce che sa scolpire i sogni.

La Georgia mi ha affidato una vibrazione gioiosa, che ha allargato la mia memoria con un tumulto di colori e sorrisi che fioriscono a ogni ricordo.

Traduzione di Chiara De Luca

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