Facebook

Khaled Youssef, Liban/Lebanon/Libano

LIBAN

À l’est de notre Méditerranée si chère et si diverse, il est une Terre qui enseigne les secrets de l’aube et témoigne chaque jour de la naissance du soleil.

Un petit pays qui se réincarne en joie voyageuse, pour devenir, fort de son histoire et sa diversité, d’une grandeur sans limite.

Le Liban n’appartient à personne mais nous lui appartenons tous, depuis la nuit du temps, notre histoire s’est écrite au pied de son cèdre et a été chantée sur les sommets de ses montagnes. Heureux qui, comme moi, a pu s’emplir de sa tendresse et s’imprégner de sa lumière.

Beyrouth « La Maîtresse du Monde », disait le poète syrien, la tristesse a recueilli de longues saisons de guerres mais la haine est étrangère à cette terre, la ville n’est plus trouée de balles, les vagues ont lavé les blessures et le phénix est appelé à une renaissance fleurie pour que la vie redevienne une fête.    

A Beyrouth, on ne prend en compte que les moments de joie aux rythmes de chansons, on habite un nuage au-dessus du « Rouché », on s’habille d’un sourire et on respire la liberté. « L’amour à Beyrouth, comme Dieu, il est partout ».

C’est à Tyr que le vent a appris à voyager, les colonnes qui embrassent la mer depuis des siècles en témoignent ; il y a encore l’ombre d’Alissar partie construire un empire sur d’autres rives de la Méditerranée, il y a la force d’Astarté qui guide les marins et le cœur des amoureux. Arrêtez-vous sur son port et respirez, ici aussi il y a une « Dolce Vita » entre les filets des pêcheurs et les pierres des églises qui caressent les mosquées voisines. À Tyr, tout n’est que calme et quiétude ; de pas allègres on arpente les ruelles, les portes grandes ouvertes disent : « Ne craignez rien, ici nous sommes en paix ». Au coin d’une rue une femme qui prépare à manger me demande : « Vous avez aimez le Liban ? ». La réponse était écrite dans mes yeux, alors elle réplique : « C’est le plus beau pays du monde ». Comment la contredire ? Je me sens chez moi, et rien n’est plus beau que le chez soi.

Avant de descendre à Sidon, arrêtez-vous à la Vierge de Mantara qui tend ses bras à tous les habitants de toutes les religions, des voix arrivent des plaines et transforment nos pensées en cerfs volants, les yeux rivés sur la cité phénicienne qui n’a pas pris une seule ride.

Ralentissez vos pas à Sidon ; ici l’eau et l’air caressent la muraille et le château marin jouant une mélodie apaisante, à l’image de cette ville où la tranquillité est mot d’ordre, on marche et on se laisse envahir par les doux parfums d’épices, absorbé par la simplicité qui accentue la beauté du lieu.

Voisine de Byblos la Glorieuse, Batroun est une princesse phénicienne, ville à l’allure d’un village où les habitants ont oublié la présence des murs entre les maisons… alors on passe d’un endroit à l autre, on se perd joyeusement dans l’échange et on découvre l’essence de la bienveillance de l’Orient.

Entre les arcades et les fenêtres sur le bleu de la mer, le soleil fait danser ses derniers rayons et allume un ruban de feu sur les pierres des églises, une chaleur fusionne avec le sourire des habitants et le séjour devient une longue promesse de quiétude.

Dans la Plaine de la Bekaa, on ne connaît pas la fatigue ; à Anjar, les pierres se transforment en livre d’histoire aux motifs arabesques et racontent, au delà de la rivalité destructrice des frères de sang, la splendeur passée et la capacité de l’Homme à s’inspirer d’une nature généreuse pour créer la beauté.

Amène-moi sur les marches de Baalbek…

L’aube ne pointera pas avant que le soleil ne commence à embraser les pierres du Temple de Bacchus.

Entre les ruines grandioses qui réinventent le temps, le ciel trouve son refuge et des mots résonnent : « Souviens-toi de la gloire de nos ancêtres ».

C’est ainsi, d’une merveille à l’autre, en cueillant le bonheur à chaque pas, que le voyage en vient à sa fin. Si nous devons quitter le Liban, le Liban ne nous quitte jamais ; son parfum s’installe sous la peau et sa lumière dans les artères, ses souvenirs trônent dans la mémoire et son nom accompagne d’un sourire les battements du cœur. Intense est l’espoir d’un retour, il résonne comme la clé d’un trésor, comme la voix angélique de Fairuz murmurant dans la conscience: « Tu es encore dans ma mémoire, oh lune des amoureux… de la vallée vient la brise… oh vent, par tous les Saints, ramène-moi à mon pays ».

Khaled Youssef

LEBANON

To the east of our Mediterranean Sea, so dear and so diverse, there is a Land that teaches the secrets of dawn and testifies every day of the birth of the sun.

It is a small country that is reincarnated in travelling joy, to become, owing to its history and diversity, a boundless grandeur.

Lebanon does not belong to anyone but we all belong to it, since the dawn of time, our story was written at the foot of its cedar and was sung on the peaks of its mountains. Blessed is he who could, like me, fill with its tenderness and immerse in its light.

Beirut “The Mistress of the World”, said the Syrian poet, the sadness has garnered long seasons of wars yet hatred is unknown to this land, the city is not riddled with bullets anymore, the waves have cleansed the wounds and the phoenix is destined for a flowering renaissance so that life can become a celebration again. 

In Beirut, we only take into account moments of joy to the rhythms of songs, we live in a cloud above the “Rouché”, dress with a smile and breathe freedom. “Love in Beirut, like God, is everywhere”.

It is in Tyre that the wind has learned to travel, the columns which have embraced the sea for centuries testify to it; there is still the shadow of Alissar who has gone to build an empire on other shores of the Mediterranean, there is the strength of Astarte who guides the sailors and the hearts of lovers. Make a pit stop at the harbour and breathe, here too there is a “Dolce Vita” between the fishermen’s nets and the stones of the churches caressing the neighbouring mosques. In Tyre all is quiet and peaceful; we stride enthused down narrow alleys, the doors kept wide open tell us: “Don’t be afraid, here we are at peace.” At the corner of a street a woman preparing food asks me: “Do you like Lebanon?” The answer was written in my eyes, so she adds: “It’s the most beautiful country in the world.” How could I contradict her? I feel at home, and there is nothing more beautiful than home.

Before heading to Sidon, make a pit stop at the Virgin of Matara who extends her arms to all inhabitants of all religions, voices arrive from the plains and turn our thoughts into kites, our eyes fixed on the Phoenician city that has not aged one bit.

Slow down your steps in Sidon, here …

The water and the air caress the old defence wall and the maritime castle playing a soothing melody, at the image of this city where tranquillity is the watchword, we walk and let invade us by the sweet scents of spices, absorbed by the simplicity that accentuates the beauty of the place.

A neighbour of the glorious Byblos, Batroun is a Phoenician princess, a city looking like a village where the inhabitants have forgotten the presence of walls between houses…. then we go from one place to another, we get joyfully lost into exchanges and discover the essence of the benevolence of the Orient.

Between the arcades and the windows on the blue of the sea, the sun casts its last dancing rays and lights a ribbon of fire upon the stones of the churches, warmth that blends with the smile of the inhabitants, and the stay becomes a long promise of serenity.

In the Beqaa Valley, fatigue is not known; in Anjar, the stones are transformed into a history book with arabesque motifs and tell, beyond the destructive rivalry of the blood brothers, the past splendour and the capacity of Man to be inspired by a generous nature to create beauty.

Bring me on the steps of Baalbek …

Dawn will not come until the sun begins to set the stones of the Bacchus Temple ablaze.

Between the grandiose ruins that reinvent time, the sky finds refuge and words echo: “Remember the glory of our ancestors”.

Thus from one wonder to another, by picking happiness with every step, the journey comes to an end. If we have to leave Lebanon, Lebanon never leaves us; its perfume settles into our skin and its light into our arteries, its memories are enthroned in our memory and its name accompanies our heartbeat with a smile. Intense is the hope of a return, it resonates like the key to a treasure, like Fairuz’ angelic voice murmuring in the conscience: “You are still in my memory, oh moon for lovers … from the valley comes the breeze… oh wind, by all the Saints, bring me back to my country ».

Translated by Danii Kessjan

LIBANO

A est del nostro Mediterraneo, così amato e così diverso, c’è una Terra che insegna i segreti dell’alba e testimonia ogni giorno della nascita del Sole.

Un piccolo paese che si reincarna in gioia viaggiatrice, per diventare, forte della sua storia e della sua diversità, di una grandezza sconfinata.

Il Libano non appartiene a nessuno, ma noi gli apparteniamo tutti dalla notte dei tempi, la nostra stroria si è scritta ai piedi del suo cedro ed è stata cantata sulle vette delle sue montagne. Fortunato chi, come me, ha potuto colmarsi della sua tenerezza e impregnarsi della sua luce.

Beirut «la Signora del Mondo», diceva il poeta siriano, la tristezza ha raccolto lunghe stagioni di guerra ma l’odio è estraneo a questa terra, la città non è più crivellata dai proiettili, le onde hanno lavato le ferite e la fenice è chiamata a una rinascita fiorita, perché vivere sia di nuovo una festa.

A Beirut, si percepiscono soltanto momenti di gioia al ritmo delle canzoni, si abita una nuvola al di sopra del Raouché, ci si veste di un sorriso e si respira la libertà. «L’amore a Beirut, come Dio, è ovunque».

È a Tiro che il vento ha imparato a viaggiare, ne danno testimonianza le colonne che abbracciano il mare da secoli; c’è ancora l’ombra di Didone, partita per costruire un impero sull’altra sponda del Mediterraneo, c’è la forza di Astarte che guida i marinai e il cuore degli innamorati. Fermatevi al porto e respirate, anche qui c’è una «Dolce Vita» tra le reti dei pescatori e le pietre delle chiese che accarezzano le vicine moschee. A Tiro tutto è calma e quiete soltanto; a passo vivace si misurano le viuzze, le porte spalancate dicono: «Non avete nulla da temere, qui siamo in pace». All’angolo di una strada una donna che prepara da mangiare mi chiede: « Le è piaciuto il Libano?». La risposta era scritta nei miei occhi, allora lei risponde: «È il più bel paese del mondo». Come contraddirla? Mi sento a casa mia, e niente è più bello di casa tua.

Prima di scendere a Sidone, fermatevi dalla Vergine di Mantara che tende le braccia a tutti gli abitanti di tutte le religioni, voci giungono dalle pianure e trasformano i nostri pensieri in aquiloni, gli occhi rivolti alla città fenicia che non è segnata da una sola ruga.

Rallentate il passo a Sidone; qui l’acqua e l’aria accarezzano la muraglia e il castello marino suonando una melodia rilassante, all’immagine di questa città dove la tranquillità è la parola d’ordine, si cammina e ci si lascia invadere dai dolci profumi delle spezie, assorbiti dalla semplicità che accentua la bellezza del luogo.

Vicina a Biblo la Gloriosa, Batrun è una principessa fenicia, città dall’andatura di un villaggio, dove gli abitanti hanno dimenticato la presenza dei muri tra le case… allora si passa da un luogo all’altro, ci si perde gioiosamente nello scambio e si scopre l’essenza della benevolenza dell’Oriente.

Tra le arcate e le finestre sull’azzurro del mare, il Sole fa danzare gli ultimi raggi e accende un nastro di fuoco sulle pietre delle chiese, un calore si fonde con il sorriso degli abitanti e il soggiorno diventa una lunga promessa di quiete.

Nella valle della Beqa’, non si conosce la fatica; a Anjar, le pietre si trasformano in libri di storia dai motivi arabescati e raccontano, al di là della rivalità distruttrice dei fratelli di sangue, lo splendore passato e la capacità dell’Uomo d’ispirarsi a una natura generosa per creare bellezza.

Portami sui gradini di Baalbek…

L’alba non spunterà prima che il Sole cominci ad arroventare le pietre del Tempio di Bacco.

Tra le rovine grandiose che reinventano il tempo, il cielo si ripara e risuonano le parole: «Ricordati della gloria dei nostri antenati».

È così che, da una meraviglia all’altra, cogliendo la felicità a ogni passo, il viaggio giunge a termine. Se dobbiamo lasciare il Libano, il Libano non ci lascia mai; il suo profumo aderisce alla pelle e la sua luce scorre nelle arterie, i ricordi troneggiano nella memoria e il suo nome accompagna con un sorriso i battiti del cuore. Intensa è la speranza di un ritorno, tintinna come la chiave di un tesoro, come la voce angelica di Fairouz che mormora nella coscienza: «Sei ancora nella mia memoria, oh luna degli amanti… dalla valle viene la brezza… oh vento, per tutti i Santi, riportami al mio Paese».

Traduzione di Chiara De Luca

Photos by Khaled Youssef

No widget added yet.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Follow Us

Get the latest posts delivered to your mailbox:

%d bloggers like this: