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Khaled Youssef & Murielle Compère-Demarcy, Poesia-Passaporto per l’esilio

Testi di Khaled Youssef e Murielle Compère-Demarcy
Introduzione di Massimo Sannelli
Traduzione di Chiara De Luca

 

Déjà vu

Massimo Sannelli

 

Il mito della presenza a tutti i costi deve essere rifondato.
Il mito della vicinanza – soprattutto la vicinanza dei sensibili – non ha senso.
Prendete Only Lovers Left Alive di Jarmusch: l’amore è amore eterno, e per i vampiri l’eternità è ovvia come la notte e chiara come la Luna, ma Adam sta a Detroit e Eve sta a Tangeri. I vampiri esistono? Sì e no. Però Adam è un musicista molto ingegneristico e Eve è un’intellettuale: non ci vuole molto a capire il vero argomento di Jarmusch. Per capire la situazione dei vampiri – chiamiamoli così – c’è il film successivo, Paterson: lì il marito, poeta, e la moglie, dilettante allo sbaraglio, vivono a contatto di gomito, nella piccola città che si chiama come il marito. La donna, l’uomo, il cane, la ripetizione e la noia. Proprio tanta noia. E anche lì non ci vuole molto a capire il punto.
Allora: il mito della presenza e della vicinanza dei sensibili non ha senso e deve essere rifondato. Ci si trova e basta, nei modi che l’elettronica di oggi permette. Per esempio, Adam e Eve usano Skype.
Ora vediamo i nostri autori. Murielle Compère-Demarcy e Khaled Youssef non si sono mai visti, ma scrivono insieme. E così jamais vu diventa sinonimo di déjà vu: non ti ho visto, e non ti ho mai visto, ma ti ho già visto. E ora voglio vederti? No, non voglio. Magari in Skype, sì. Non ne ho bisogno. Vorrei incontrarti? Sì, ma senza vederti: perché non è necessario.
Sono le battute immaginarie di un dialogo che è possibile nella realtà. Certo, non è un dialogo comune, ma che cosa volete dalla poesia? La migliore poesia italiana è stata fatta da nevrotici, omosessuali e asociali: tutto questo nel tempo in cui nevrosi, omossessualità e asocialità non erano ancora sdoganate. Chi si inquieta per Tasso, Pascoli, Rosselli e Testori? Nessuno, apertamente. E allora non ci si faranno problemi sulla nuova alchìmia per happy few: jamais vu, déjà vu.
Che cosa dicono i testi di due autori sotto la formula jamais vu?
Le poesie sono spontanee e difficili.
C’è un limon che è l’insieme dei detriti portati da un fiume; c’è la poesia che parla di poesia; c’è anche un uccello con una mano e un palmo della mano. C’è anche la tensione a capire perché uno usa questo mezzo vezzoso, che è la poesia. Il gioco degli adulti è degno dell’era adulta, nella distanza che gli adulti non si sono scelti, ma che rispettano. In comune hanno la lingua, che è un francese teso fino allo stremo. Come un filo di rasoio.
Quando il filo arriva qui, taglia. Perché l’italiano si sente sempre un po’ troppo piccolo, un po’ troppo infelice, e un po’ troppo minore, con la sua lingua rossiniana e canterina, tanto bella e deperibile.
Diciamo che ci sono bambini che non giocano, in attesa di giocare da grandi, ma a modo loro: l’arte è la realizzazione del gioco mancato, in una forma nuova. Il gioco degli adulti si può chiamare collaborazione. Va bene. Ma collaborare è bello solo tra pari, altrimenti è una noia mortale: un rapporto tra un parassita e una bella superficie ricca. Dove entrambi sono già ricchi – nella dimensione transnazionale ed extratemporale dei vampiri, come in Only Lovers Left Alive – che cosa manca? Niente. Frequentarsi sarebbe solo una conferma, non un trionfo. Ed è parte del gioco adulto non aspettarsi certe conferme troppo comode.
E i testi? Prima di tutto c’è una cosa che deve funzionare, come un congegno mentale e militare: è la lingua. Sembra facile e non lo è. Tradurre tutto questo lo è ancora meno, ma farsi forza è parte del gioco a cui giochiamo di riflesso. Siamo traduttori e lettori, pirati e partigiani di una nuova intelligenza.

 

Khaled YOUSSEF & Murielle COMPÈRE-DEMARCY

Poèmes extraits de Poème-Passeport pour l’Exil
et publiés dans les revues « Florilège », « Phoenix »

 

 

Les jours s’échappent
Devant nos pas forcés
ivres de nos vertiges
Fatigués de parcourir
la douleur des rues
Qui piétinent la cendre des rêves
Et ce hasard des rencontres
Pollué par le bruit des désaccords

Les balles traversent le ciel
Et on ne peut pas dépasser
Les frontières de nos tombes…
Avons-nous le temps
De chercher dans l’obscurité
Qui a tiré le premier ?

Entendons-nous nous l’appel de la terre ?
Pour effacer la brume
Nous déshabiller de la peur
Pour redevenir enfants
Chercher les coloriages,
dessiner les chansons,
et remplir le ciel de cerfs-volants…
Il y a sûrement,
Vers les lumières,
Une issue, un chemin
Pour corriger ce lapsus
Sur les lèvres du destin…

Khaled YOUSSEF in « Florilège » n°167 / Juin 2017

 

 

 

à chaque hiver venu
un brasier d’oiseaux allume
dans l’insert de tes yeux
l’âtre
où dans un flamboiement de ciel
éclate
près de la bogue ouverte
l’embrasement du cœur
à chaque hiver venu
leur absence de braise
saigne
dans l’ombre des grands migrateurs
te fait chercher ailleurs
dans les signes chanteurs
les appelants de l’aube
les flammes de sève nue
un chant du crépuscule
rien ce n’est
– aptes à l’atteindre
ce bois de claquement d’ailes
cette langue des mots
l’écharde rompue d’un silence-
ne pourrait éteindre
le cœur enfoui sous l’afflux
ce feu du poème
attendu
en chemin
dans un battement plein

Murielle Compère-Demarcy in « Florilège » n°167 / Juin 2017

 

 

 

Après plusieurs tentatives
de refaire le monde sur les pages
Il a froissé ses papiers
déclarant l’apocalypse
de ses rêves

Khaled Youssef in Poème-Passeport pour l’Exil, co-écrit avec Murielle Compère-Demarcy ; éditions Corps Puce; mai 2017

 

 

 

La vie perdure
à me perdre
dans le rythme
de ses rêves

Je continue
d’entrevoir
la possibilité d’une île
au battement fragile de mes ailes

Murielle Compère-Demarcy in Poème-Passeport pour l’Exil, co-écrit avec Khaled Youssef

 

 

 

Ne parlez pas de départ…
mais d’une continuité d’envol
d’un déploiement de l’âme
dans l’étendue du ciel
et son infinie clémence

Ne parlez pas d’absence…
mais de la présence subtile
dans vos mémoires vibrantes
au souffle de nos souvenirs

Ne parlez pas de Mort
mais de l’éternité d’une fable
inachevée car nourrie
du miracle d’aimer

Khaled Youssef in « Florilège » n°166 / Mars 2017

 

 

 

Liberté
à fleur de paume d’oiseau
jusqu’au bout des doigts

Rêver l’envol à ciel escompté
Rémiges de transparence et de haute lisse
Haut vol, ô Liberté !

Murielle Compère-Demarcy in Poème-Passeport pour l’Exil co-écrit avec Khaled Youssef

 

 

 

Je suis fatigué
de porter mes passeports
mes vers et mon sang
dans tous les exils
Dites à mon vieux pays
je ne lèverai pas l’encre
Tant qu’il n’a pas redonné à mes mots
leur mémoire

Khaled Youssef in Poème-Passeport pour l’Exil, co-écrit avec Murielle Compère-Demarcy

 

 

 

Il existe un pays
où le ciel se dessine à peine sorti
des broussailles où se déchirent
les vents contraires

Il existe un pays
où la ressource se gagne
de deltas en estuaires

Il existe un pays
où le cœur dort au pigeonnier
bredouille en sa gibecière
à chaque instant qui se revêt de son jabot de lumière
de son œil affûté au-delà
des gardes-frontières
Il existe un pays au cœur presque pur
Sous des paupières d’or
C’est pour ce pays-là
                        que je dors
C’est pour ce pays-là
                        Que je veille

Murielle Compère-Demarcy in Poème-Passeport pour l’Exil co-écrit avec Khaled Youssef

 

 

 

Sur les lèvres de la nuit
une parole fleurit
et chuchote un espoir
à l’oreille du temps »

Khaled Youssef, id.

 

 

 

Même l’hiver bourgeonne
Un nouvel espoir fleurit
— Tempo naturel de la vie »

Murielle Compère-Demarcy, id.

 

 

 

Une autre rose
coupée de ses racines
s’est fanée ce matin
je l’ai inscrite sur la liste
des martyres de l’exil

Khaled Youssef, id.

 

 

 

Parfois on voudrait que l’oiseau
débroussaille les ronces du sommeil
qu’il vienne élaguer de ses yeux
les halliers de la veille
allumer de ses feux
la vigie de bienveillance
un brasier d’insouciance
des cendres du soleil
pour les sentinelles de l’aube

Murielle Compère-Demarcy, id.

 

 

 

– on n’entend plus parler de ce pays !
– Il n’en reste plus rien
– Et les villes ?
– Elles n’existent désormais que dans les ruines du souvenir
– Et les habitants ?
– Anéantis pas la pauvreté
– Et les traits des visages ?
– Effacés par les larmes
– Leurs rêves ?
– Volés et remplacés par les illusions
– Qui est le responsable
– Notre silence… notre interminable silence ! »

Khaled Youssef in « Florilège » n°162 – Mars 2016

 

 

 

Personne ne la comprenait mais personne n’avait cherché à la comprendre. Sa présence traversait des paysages de transparence et des isolements, comme des nuages passent sans qu’on s’en soucie vraiment, forment un jour, d’un corps, des blocs indivisibles de glace, sans que l’on sache comment.

   Le peigne des peupliers balançait dans les cheveux du vent. Des libellules moissonnaient dans la chevelure d’encre. Elle marchait dans le roncier de ses solitudes comme on marche mal protégée sur des chardons ardents. Son cœur, auprès de l’églantier, s’enfonçait chaque jour sous les buissons de sa mémoire – des rêves de roses sauvages fichés d’épines noires.

   La nudité d’être – dans le dénuement de soi, dans le cœur fou et le corps condensé / ravagé du poème – lui fit un jour le signe du vrai visage. De sa lumière. D’une lumière-astre du Langage. 

Murielle Compère-Demarcy in Phoenix n°25 – « Cahiers littéraires internationaux » – Printemps 2017

 

 

 

Enfant,
Je pensais envahir le monde avec mes yeux brillants
En grandissant
Je repousse un monde
Qui ne cesse de m’envahir…
Qui nous enlèvera la poussière
Que les années ont posé sur nos rêves ?
Qui nous ramènera les dieux qui habitaient notre enfance ?
Les questions grandissent
Et les réponses s’éloignent

Khaled Youssef in « Florilège » n°161 – décembre 2015

 

 

 

Espoir,
mon bâtisseur à pied d’œuvre
mon travailleur d’arrache-pied
à vouer ton sang et ton labeur

à l’élévation des claires-voies

Murielle Compère-Demarcy in Poème-Passeport pour l’Exil, co-écrit avec Khaled Youssef

 

 

 

Les traits qui se réveillent
au bruit de nos pas
courtisent nos ombres
sur le chemin sinueux

L’existence
est le reflet des visages
de ceux qu’on aime… 

Khaled Youssef in Poème-Passeport pour l’Exil, co-écrit avec Murielle Compère-Demarcy

 

 

 

Plus profondes que la terre craquelée
plus souveraines que les quatre vérités,
nos racines,

Plus authentiques que les espèces hybrides recomposées
plus naturelles que les espèces invasives importées,
nos racines,

Plus fortes que les faits d’artifice falsifiés
plus puissantes que les énergies consommées,
nos racines

Plus terriennes que les roues motorisées
plus aériennes que les voies d’acier long-courrier,
nos racines

Terre promise, terre indécise
îlot prêt à démarrer
ivre des possibles
îlot prêt à lever l’ancre, agréé

Un poids de plumes s’ébrouant
sur les épis bleus
des champs de blé
Un poids de plumes posé sur les champs des éteules

Ses yeux de faune et sa flore rafraîchissante
ses mains chargées de limon charrié par les fleuves
À son cou un collier de perles de rosée
son visage clairsemé de paysages,
notre enfance…

Boussole intérieure
Soleil magnétique, cœur
accroché au corps d’oiseaux de nos voyages
nos racines :
notre enfance… 

Murielle Compère-Demarcy in Poème-Passeport pour l’Exil, co-écrit avec Khaled Youssef
2e Prix Cité-Nature d’Arras pour ce poème, sur le thème des « racines », 2015

 

 

 

Ce matin
J’ai décidé de disperser mon cœur
Construire des ponts pour ma mémoire
Et laisser échapper mes rêves de la prison de ma peur
Ce matin
J’ai décidé de tendre ma main vers la lumière
Et laver mon visage de la brume du temps
Ce matin
J’ai décidé d’écrire…

Khaled Youssef in «L’Aéro-page » n°108 – Hiver 2014

 

 

 

Retrouver la force
d’écrire
anéantie par tant d’actualités
hors temps de /
l’Humanité

Retrouver la force d’écrire.
Écœurée je pose ma fatigue
d’effeuillée
sur le cahier
silencieux du sommeil
  / où nous rassembler… 

Murielle Compère-Demarcy in La Falaise effritée du Dire, éd. du Petit Véhicule ; 2015

Khaled YOUSSEF & Murielle COMPÈRE-DEMARCY

Poesie tratte dalla raccolta Poesia-Passaporto per l’Esilio
e pubblicate sulle riviste «Florilège» e «Phoenix»

 

 

I giorni fuggono
Davanti ai nostri passi forzati
ebbri delle nostre vertigini
Stanchi di percorrere
il dolore delle strade
Che calpestano la cenere dei sogni
E questa caso degli incontri
Inquinato dal rumore dei contrasti

I proiettili solcano il cielo
E non possiamo varcare
Le frontiere delle nostre tombe…
Abbiamo il tempo
Di cercare nell’oscurità
Chi ha sparato il primo?

Sentiamo il richiamo della terra?
Per cancellare la nebbia
Spogliarci della paura
Per ritornare bambini
Cercare le coloriture,
disegnare le canzoni,
e colmare il cielo di aquiloni…
C’è sicuramente
Verso le luci,
Un’uscita, un cammino
Per correggere questo lapsus
Sulle labbra del destino…

Khaled YOUSSEF in «Florilège» n°167 / giugno 2017

 

 

 

ogni inverno che viene
un braciere di uccelli accende
nell’inserzione dei tuoi occhi
il focolare
o nel bagliore del cielo
brilla
accanto al riccio aperto
la deflagrazione del cuore
ogni inverno che viene
la loro assenza di brace
sanguina
nell’ombra dei grandi migratori
ti fa cercare altrove
nei segni cantori
i chiamanti dell’alba
le fiamme di linfa nuda
un canto di crepuscolo
nulla è
– capaci di raggiungerlo
questo bosco di battiti d’ali
questa lingua di parole
la scheggia spezzata di un silenzio –
che potrebbe spegnere
il cuore fuggito sotto l’afflusso
questo fuoco della poesia
attesa
in viaggio
dentro un battito pieno

Murielle Compère-Demarcy in «Florilège» n°167 / giugno 2017

 

 

 

Dopo molti tentativi
di rifare il mondo sulle pagine
Ha sgualcito le sue carte
Dichiarando l’apocalisse
Dei suoi sogni

Khaled Youssef in Poème-Passeport pour l’Exil, scritto con Murielle Compère-Demarcy; edizioni Corps Puce; maggio 2017

 

 

 

La vita insiste
a perdermi
nel ritmo
dei suoi sogni

Continuo
a intravedere
la possibilità di un’isola
per il battito fragile delle mie ali

Murielle Compère-Demarcy in Poème-Passeport pour l’Exil, scritto con Khaled Youssef

 

 

 

Non parlate di partenza …
ma di una continuità di volo
di uno spiegamento dell’anima
nella distesa del cielo
e la sua infinita clemenza

Non parlate d’assenza…
ma della presenza sottile
nelle vostre memorie vibranti
al respiro dei nostri ricordi

Non parlate di Morte
ma dell’eternità di una fiaba
incompiuta perché nutrita
del miracolo d’amare

Khaled Youssef in «Florilège» n°166 / marzo 2017

 

 

 

Libertà
a filo di palmo pennuto
fino alla punta delle dita

Sognare il volo al cielo atteso
Remiganti di trasparenza e d’alto raggio
Alto volo, o Libertà!

Murielle Compère-Demarcy in Poème-Passeport pour l’Exil, scritto con Khaled Youssef

 

 

 

Sono stanco
di portare i miei passaporti
i miei versi e il sangue
in tutti gli esil
Dite al mio vecchio paese
non leverò l’ancora
Finché non avrà ridato alle mie parole
la loro memoria

Khaled Youssef in Poème-Passeport pour l’Exil, scritto conMurielle Compère-Demarcy

 

 

 

Esiste un paese
dove il cielo si disegna appena uscito
dalle boscaglie dove si strappano
i venti contrari

Esiste un paese
dove si cattura la preda
da delta in estuari

Esiste un paese
dove il cuore dorme in piccionaia
bestemmia nel suo carniere
a ogni istante che si riveste del suo ingluvie di luce
del suo occhio affilato al di là
delle guardie di frontiera
Esiste un paese dal cuore quasi puro
Sotto palpebre d’oro
È per quel paese
                 che dormo
È per quel paese
                 che veglio

Murielle Compère-Demarcy in Poème-Passeport pour l’Exil, scritto con Khaled Youssef

 

 

 

Sulle labbra della notte
una parola fiorisce
e sussurra una speranz
all’orecchio del tempo»

Khaled Youssef, id.

 

 

 

Anche l’inverno germina
Una nuova speranza fiorisce
— Tempo naturale della vita»

Murielle Compère-Demarcy, id.

 

 

 

Un’altra rosa
tagliata alle radici
è appassita stamani
l’ho inscritta sulla lista
dei martiri dell’esilio

Khaled Youssef, id.

 

 

 

A volte vorresti che l’uccello
disboscasse i rovi del sonno
che venisse a potare con gli occhi
le boscaglie della veglia
accendere con i suoi fuochi
la vedetta della benevolenza
un braciere di spensieratezza
dalle ceneri del sole
per le sentinelle dell’alba

Murielle Compère-Demarcy, id.

 

 

 

– non si sente più parlare di quel paese!
– Non ne resta più nulla
– E le città?
– Esistono ormai soltanto nelle rovine del ricordo
– E gli abitanti?
– Annientati dalla povertà
– E i tratti dei volti?
– Cancellati dalle lacrime
– I loro sogni
– Rubati e rimpiazzati dalle illusioni
– Chi è il responsabile
– Il nostro silenzio… il nostro interminabile silenzio!

Khaled Youssef in «Florilège» n°162 – Mars 2016

 

 

 

Nessuno la capiva ma nessuno aveva cercato di capirla. La sua presenza attraversava paesaggi di trasparenza e d’isolamenti, come nuvole passano senza che nessuno se ne preoccupi davvero, formano un giorno, da un corpo, blocchi indivisibili di ghiaccio, senza che si sappia come.

   Il pettine dei pioppi ondeggiava nei capelli del vento. Libellule mietevano la sua capigliatura d’inchiostro. Lei camminava nel roveto delle sue solitudini come si cammina mal protetti su carboni ardenti. Il suo cuore, nei pressi della rosa canina, sprofondava ogni giorno sotto i cespugli della sua memoria – sogni di rose selvatiche infilzate di spine nere.

   La nudità di essere – nel denudamento di sé, nel cuore folle e nel corpo condensato/devastato della poesia – gli fece un giorno il segno del vero viso. Della sua luce. Di una luce-astro del Linguaggio.

Murielle Compère-Demarcy in Phoenix n°25 – «Cahiers littéraires internationaux» – Primavera 2017

 

 

 

Da bambino,
pensavo d’invadere il mondo con i miei brillanti
Crescendo
Respingo un mondo
Che non smette d’invadermi…
Chi ci toglierà la polvere
Che gli anni hanno posato sui nostri sogni?
Chi ci riporterà gli dèi che abitavano la nostra infanzia?
Le domande crescono
E le risposte si allontanano

Khaled Youssef in «Florilège» n°161 – dicembre 2015

 

 

 

Speranza,
mio costruttore a piedi d’opera
mio alacre lavoratore
a votare il tuo sangue e la tua fatica

all’elevazione delle graticciate

Murielle Compère-Demarcy in Poème-Passeport pour l’Exil, scritto con Khaled Youssef

 

 

 

I tratti che si risvegliano
al rumore dei nostri passi
corteggiano le nostre ombre
sul cammino sinuoso

L’esistenza
è il riflesso dei volti
di quelli che amiamo… 

Khaled Youssef in Poème-Passeport pour l’Exil, scritto con Murielle Compère-Demarcy

 

 

 

Più profonde della terra spaccata
più sovrane delle quattro verità,
le nostre radici,

Più autentiche delle specie ibride ricomposte
più naturali delle specie invasive importate,
le nostre radici,

Più forti dei fatti d’artificio falsificati
più potenti delle energie consumate,
le nostre radici

Più terrene delle strade motorizzate
più aeree delle linee d’acciaio a lunga percorrenza,
le nostre radici

Terra promessa, terra indecisa
isolotto pronto a salpare
ebbro di possibili
isolotto pronto a levare l’ancora, autorizzato

Un peso di piume che si scuote
sulle spighe azzurre
dei campi di grano
Un peso di piume posato sui campi di stoppie

I suoi occhi di fauna e la sua flora rinfrescante
le sue mani cariche di detriti trasportati dai fiumi
Al collo una collana di perle di rugiada
il suo volto composto di paesaggi,
la nostra infanzia…

Bussola interiore
Sole magnetico, cuore
aggrappato al corpo d’uccelli dei nostri viaggi
le nostre radici:
la nostra infanzia…

Murielle Compère-Demarcy in Poème-Passeport pour l’Exil, scritto con Khaled Youssef
2° al Premio Cité-Nature d’Arras 2015, sul tema delle «radici»

 

 

 

Questa mattina
ho deciso di disperdere il mio cuore
Costruire ponti per la mia memoria
E lasciar evadere i miei sogni dalla prigione della mia paura
Questa mattina
ho deciso di tendere la mano verso la luce
E lavarmi il viso dalla bruma del tempo
Questa mattina
Ho deciso di scrivere…

Khaled Youssef in «L’Aéro-page» n°108 – inverno 2014

 

 

 

Ritrovare la forza
di scrivere
annientata da tanta attualità
fuori dal tempo della /
Umanità

Ritrovare la forza di scrivere.
Scorata poso la mia fatica
di defoliata
sul quaderno
silenzioso del sonno
  / in cui somigliarci… »

Murielle Compère-Demarcy in La Falaise effritée du Dire, éd. du Petit Véhicule ; 2015

 

MURIELLE COMPÈRE-DEMARCY

Est tombée dans la poésie addictive (ou l’addiction à la poésie), accidentellement.
Ne tente plus d’en sortir, depuis.
Est tombée dans l’envie sérieuse de publier, seulement à partir de 2014. S’attèle encore. À écrire une vie, ratée de peu, ou réussie à la marge.
Ses blogs, « Arrêt sur poèmes » et « Poésie en relectures ».

 

Publications :

Atout-Cœur, Editions Flammes Vives, 2009.
L ‘Eau-Vive des falaises, Editions Encres Vives, coll. « Encres blanches », 2014.
Je marche — poème marché / compté à lire à voix haute et dédié à Jacques Darras, Editions Encres Vives, coll. « Encres blanches », 2014.
Coupure d’électricité, Éditions du Port d’Attache, 2015.
La Falaise effritée du Dire, Éditions du Petit Véhicule / « Chiendents » n°78, Cahier d’Art et de Littératures, 2015.
Trash Fragilité (faux soleils & drones d’existence), Éditions du Citron Gare, 2015.
Un cri dans le ciel, Éditions La Porte, 2015.
Je Tu mon AlterÉgoïste, Éditions L’Harmattan, 2016.
Signaux d’existence suivi de La Petite Fille et la Pluie, Éditions du Petit Véhicule, coll. « La Galerie de l’Or du Temps », juin 2016.
Le Poème en marche, suivi de Le Poème en résistance, éd. du Port d’Attache, 2016.
Dans la course, hors circuit, avec desins de Jacques Cauda, éd. Tarmac, coll. Carnets de Route ; 2017
Nantes-Napoli, français-italiano, Cahier d’arts et de littératures Chiendents n°121 ; octobre 2017. Traduction en italien de Nunzia Amoroso

 

MURIELLE COMPÈRE-DEMARCY

È caduta nella poesia che induce dipendenza (o nella dipendenza dalla poesia) accidentalmente.
Non cerca più di uscirne, da allora.
È caduta nella voglia seria di pubblicare soltanto a partire dal 2014. E ancora ci prova. A scrivere una vita, mancata per un pelo, o presa al margine.

Gestisce i blog Arrêt sur poèmes e Poésie en relectures.


Pubblicazioni
:

Atout-Cœur, Editions Flammes Vives, 2009.
L’Eau-Vive des falaises, Editions Encres Vives, coll. «Encres blanches», 2014.
Je marche — poème marché / pensati per la lettura ad alta voce e dedicati a Jacques Darras, Editions Encres Vives, coll. «Encres blanches», 2014.
Coupure d’électricité, Éditions du Port d’Attache, 2015.
La Falaise effritée du Dire, Éditions du Petit Véhicule/«Chiendents» n°78, Cahier d’Art et de Littératures, 2015.
Trash Fragilité (falsi soli & droni d’esistenza), Éditions du Citron Gare, 2015.
Un cri dans le ciel, Éditions La Porte, 2015.
Je Tu mon AlterÉgoïste, Éditions L’Harmattan, 2016.
Signaux d’existence suivi de La Petite Fille et la Pluie, Éditions du Petit Véhicule, coll. «La Galerie de l’Or du Temps», 2016.
Le Poème en marche, suivi de Le Poème en résistance, éd. du Port d’Attache, 2016.
Dans la course, hors circuit, con i disegni di Jacques Cauda, éd. Tarmac, coll. «Carnets de Route», 2017.
Nantes-Napoli, francese-italiano, Quaderni d’arti e letterature Chiendents n°121; ottobre 2017. Traduzione italiana di Nunzia Amoroso

 

KHALED YOUSSEF

Né à Damas, en Syrie et vit à Nice, en France. Photographe, poète et amateur d’art par passion, il est chirurgien de profession.
Dans son travail artistique, Khaled ne recherche nullement la complexité, mais plutôt la beauté impalpable et la poésie. Dans son concept « Poètographie », il combine la poésie avec la photographie en associant ses propres photos avec ses propres textes, ou encore la prose poétique d’auteurs qu’il admire ou connaît personnellement. En parallèle il s’occupe de la promotion de l’art contemporain syrien à travers l’association «Syria.Art»
www.khaled-youssef.comhttps://syriaartasso.com

Expositions

Reflet-xion, Nice, 2012.
Faites les murs, Nice, 2012.
Somnan-bulle, Nice, 2013.
Variations autour de la côte d’azur, Gorbio, 2013.
Menton : ville onirique, jardins Serre de la Madonne, Menton. 
Nouvelle perspective sur Nice, Hôtel Méridien Nice, 2013.
Bruxelles à travers l’objectif d’une bulle, 2014, Musée Boz’Art à Bruxelles, Belgique.
Une série d’expositions aux hôtels Méridien 2014-2015 : Londres, Paris, Barcelone, El Vendrell, Monaco, Malte, Split, Oran et Dubaï.
Biennale de Venise 2015 : Imago Mundi à la fondation Benetton du 31 Août au 1er novembre 2015.
Flight : explorations in movement, migration and freedom, West Branch Gallery, Vermont, USA, 2016.
Fragments from Syria, Podium Mosaik, Amsterdam, Netherlands, July 2016.
Behind the Lines ; contemporary art from Syria, Penticton art Gallery, Canada, july 2016.

Festivals

Trans-art, Saint-Tropez, 2012.
BackFire Art Fair, Zaandam, Pays-Bas, mai 2016.

Salons

Art Monaco, 2012.
Art Basel, Miami Beach, 2012.

KHALED YOUSSEF

Nato a Damasco, in Siria, vive a Nizza, in Francia. Fotografo, poeta e amatore d’arte per passione, è chirurgo di professione.
Nel suo lavoro artistico, Khaled non cerca in alcun modo la complessità, ma piuttosto la bellezza impalpabile e la poesia. Nel suo concetto di «Poetografia», combina la poesia con la fotografia, associando foto da lui scattate a suoi testi o a quelli di altri autori che ammira o conosce personalmente. Parallelamente, si occupa della promozione dell’arte contemporanea siriana attraverso l’associazione «Syria.Art»
Il suo sito personale è www.khaled-youssef.com 

Esposizioni

Reflet-xion, Nizza, 2012.
Faites les murs, Nizza, 2012.
Somnan-bulle, Nizza, 2013.
Variations autour de la côte d’azur, Gorbio, 2013.
Menton: ville onirique, jardins Serre de la Madonne, Menton.
Nouvelle perspective sur Nice, Hôtel Méridien, Nizza, 2013.
Bruxelles à travers l’objectif d’une bulle, 2014, Musée Boz’Art, Bruxelles, Belgique.
Una serie di esposizioni negli hotel Meridiana 2014-2015, Londra, Parigi, Barcellona, El Vendrell, Monaco, Malta, Salit, Oran, e Dubaï.
Biennale di Venezia 2015: Imago Mundi alla Fondazione Benetton dal 31 agosto al 1° novembre 2015.
Flight: explorations in movement, migration and freedom, West Branch Gallery, Vermont, USA, 2016.
Fragments from Syria, Podium Mosaik, Amsterdam, Netherlands, luglio 2016.
Behind the lines; contemporary art from Syria, Penticton Art Gallery, Canada, luglio 2016.

Festival

Trans-art, Saint-Tropez, 2012.
BackFire Art Fair, Zaandam, Pays-Bas, maggio 2016.

Saloni

Art Monaco, 2012.
Art Basel, Miami Beach, 2012.

 

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