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Khaled Youssef, Ouzbékistan, un voyage dans les songes / Uzbekistan, un viaggio nei sogni

Testo e foto di Khaled Youssef
Traduzione di Chiara De Luca

Cela vient de loin, d’une enfance rêveuse, de lieux inventés à travers le prisme de l’imagination… Cette soif de l’ailleurs et cette volonté d’Être dans ce monde, à travers l’errance et la présence mobile, prennent racine dans les songes de jeunesse. 

Dans cette errance, il importe d’emporter avec soi ses rêves, de ressusciter les contes de fées et de toucher le réel inouï tant imaginé. Il importe de remplir l’existence de sens ; celui d’une réalité qui côtoie les songes, celui de terres inconnues pour qui le même soleil se lève mais autrement brille.

Il importe, dans l’errance, de se retrouver là où les contes d’enfance sont arrêtés, de suivre cet aventureux chemin qui mène vers des sentiers scintillants, de se perdre volontairement et se laisser porter par une vibration, par un chant ou un sourire, et ensuite de transmettre à ceux qui veulent voir et entendre, et par ce fait de disperser l’enchantement. 

C’est ainsi que mes pas m’ont amené en Ouzbékistan, pays de légendes véritables, de rêves réels et de cités aux noms mythiques qui ont hanté les pensées de tant de voyageurs. 

Voilà, j’y suis, les fragments des souvenirs se rassemblent et les endroits rêvés se transforment en ravissante réalité. 

Tamerlan, Ulugh Beg, Naqshbandi…

J’emprunte leurs visages et je m’envole à travers le temps. Me voilà à Samarcande la victorieuse, à Boukhara la stupéfiante, à Khiva la douce, me voilà sur la route de la soie et de cités aux noms vibrant d’histoire.

Le commencement est à Tashkent. Je découvre les doux visages qui dans chacun de leurs traits unissent la vaste terre du continent, je m’émerveille de quelques madrasas et je m’emplis de la beauté de ce peuple qui accorde aux visiteurs l’ampleur de sa tendresse.  

Je vois s’ouvrir des livres d’histoire, surgir des noms familiers, et s’accorder des nuées d’images pour éclairer ma mémoire. 

Viene da lontano, da un’infanzia sognante, da luoghi inventati attraverso il prisma dell’immaginazione… Questa sete d’altrove e questa volontà di Essere in questo mondo, attraverso l’erranza e la presenza mobile, affondano le radici nei sogni della gioventù.

In questo vagare, è importante portare con sé i propri sogni, resuscitare le fiabe e toccare una realtà inaudita tanto immaginata. È importante riempire l’esistenza di senso; quello di una realtà che costeggia i sogni, quello di terre sconosciute per le quali il sole stesso si leva ma risplende diversamente.

È importante, nell’erranza, ritrovarsi dove si sono fermati i racconti d’infanzia, seguire questo cammino avventuroso che conduce a sentieri scintillanti, perdersi volontariamente e lasciarsi trasportare da una vibrazione, da un canto o da un sorriso, e poi trasmettere a coloro che vogliono vedere e sentire, e per questo disperdere l’incanto. 

È così che i miei passi mi hanno portato in Uzbekistan, paese di leggende vere, di sogni reali e di città dai nomi mitici che hanno tormentato i pensieri di tanti viaggiatori.

Eccoci qua, i frammenti dei ricordi si riuniscono e i luoghi sognati si trasformano in una bellissima realtà. 

Tamerlan, Uluğ Bek, Naqshbandi…

Prendo in prestito i loro volti e volo nel tempo. Eccomi a Samarcanda la vittoriosa, a Bukhārā la stupefacente, a Khiva la dolce, eccomi sulla strada della seta e di città dai nomi vibranti di storia.

Il punto di partenza è Tashkent.  Scopro i dolci volti che in ogni loro tratto uniscono la vasta terra del continente, mi stupisco di qualche madrasa e mi riempio della bellezza di questo popolo che concede ai visitatori l’ampiezza della sua tenerezza. 

Vedo aprirsi dei libri di storia, emergere dei nomi familiari, e accordarsi delle nuvole di immagini per illuminare la mia memoria. 

Cependant je ne m’attarde pas, d’autres merveilles restent à venir…

« Et maintenant, promène ton regard sur Samarcande ! N’est-elle pas reine de la terre ? Fière, au-dessus de toutes les villes, et dans ses mains, leurs destinées. » 

Les paroles d’Edgar Allan Poe m’accompagnent tout au long du chemin jusqu’à ses portes : Samarcande. Nous avons tous rêvé de cette ville, murmuré son nom en cherchant les mystères, imaginé la « Route d’Or » qui mène à ses portes. La Reine du Monde, ainsi l’avait voulu Tamerlan en établissant son empire et ainsi le devint-elle. 

Sur la place du Réghistan, entre les nuances du bleu et les échos du temps, le rêve est pris en flagrant délit… tout s’arrête et je me laisse envahir par un tourbillon de couleurs, par un souffle lointain, un souffle enraciné dans l’Histoire, et je glisse dans le silence.  

Peu à peu, le choc s’efface au gré de l’émerveillement qui s’installe. Les yeux recensent tout et l’esprit fait l’inventaire des lieux. Tout y est, de la madrasa d’Ulugh Beg jusqu’à à la mosquée de Bibi Khanum en passant par la nécropole Chah-e-Zindeh, les couleurs et les fresques, les tours qui embrassent le ciel et les madrasas qui étreignent leurs jardins de toute part. Les fleurs caressent les fontaines qui jouent une mélodie apaisante, le visible et l’invisible s’unissent dans cette même image, les couleurs se poursuivent et s’entrelacent dans les façades, les gloires ressuscitées et les forces subsistantes de ce passé unique s’y déposent. 

Il était souvent question de conquête et de victoire, de guerre et de paix, de gloire et de déclin. Une fouille dans l’Histoire dévoile des pages peu glorieuses de ces « héros », mais on ne peut que rendre hommage à ceux qui ont décidé, chacun à son tour, de construire une école-université pour marquer leurs passages sur cette terre pendant que d’autres construisaient des palais et des prisons. 

Tuttavia non indugio, altre meraviglie devono ancora venire…

E adesso, volgi lo sguardo su Samarcanda! Non è forse regina della terra? Fiera, al di sopra di tutte le città e, nelle sue mani, i loro destini».

Le parole di Edgar Allan Poe mi accompagnano lungo tutto il cammino fino alle sue porte: Samarcanda. Abbiamo tutti sognato questa città, mormorato il suo nome cercando i misteri, immaginato la «Strada d’Oro» che conduce alle sue porte. La Regina del Mondo, è quello che voleva Tamerlan stabilendo il suo impero ed è questo che divenne. 

Sulla piazza del Reghistan, tra le sfumature del blu e gli echi del tempo, il sogno è colto in flagrante delitto… tutto si ferma e mi lascio invadere da un vortice di colori, da un respiro lontano, un soffio radicato nella storia, e scivolo nel silenzio. 

A poco a poco, lo choc svanisce al cospetto dello stupore che s’instaura. Gli occhi censiscono tutto e la mente fa l’inventario dei luoghi. C’è tutto, dalla madrasa di Uluğ Bek fino alla moschea di Bibi-Khanym, passando per la necropoli Shah-i-Zinda, i colori e gli affreschi, le torri che abbracciano il cielo e le madrasa che abbracciano i loro giardini ovunque. I fiori accarezzano le fontane che suonano una melodia rilassante, il visibile e l’invisibile si uniscono in questa stessa immagine, i colori proseguono e s’intrecciano nelle facciate, le glorie risorte e le forze residue di questo passato unico vi si depongono. 

Si parlava spesso di conquista e di vittoria, di guerra e di pace, di gloria e di declino. Uno scavo nella storia rivela pagine senza gloria per questi «eroi», ma non si può non rendere omaggio a coloro che hanno deciso, ciascuno a sua volta, di costruire una scuola-università per segnare i loro passi su questa terra mentre altri costruivano palazzi e prigioni. 

Inlassable est Samarcande, mais une découverte à l’extérieur de la ville s’impose, et on rejoint les pèlerins tadjiks vers Hazrat Daoud. Il faut s’armer de courage et de patience pour monter les 1200 marches qui mènent vers la grotte que le saint géant venu de Palestine aurait creusées de ses mains. Une prière est récitée dans un mélange de Coran et de croyances zoroastriennes. A la fin, nous recherchons tous la paix de l’âme, chacun à sa manière, mais nos tentatives se croisent et se ressemblent pour réduire nos pseudo-différences. 

La route promet d’autres aventures et on entend au loin l’appel du Khorasan et ses cités enchantantes. 

Instancabile è Samarcanda, ma una scoperta fuori città s’impone, e si raggiungono i pellegrini tagiki diretti ad Hazrat Daoud. Bisogna armarsi di coraggio e di pazienza per salire i 1200 gradini che conducono alla grotta che il santo gigante venuto dalla Palestina avrebbe scavato con le sue mani. Una preghiera è recitata in un melange di Corano e credenze zoroastriane. Alla fine, tutti noi cerchiamo la pace dell’anima, ognuno a modo suo, ma i nostri tentativi si incrociano e si assomigliano per ridurre le nostre differenze apparenti. 

La strada promette altre avventure e in lontananza si sente l’appello del Khorasan e delle sue città affascinanti. 

Ville de lumière, Boukhara s’abrite derrière les remparts de la légendaire citadelle Ark. Pas étonnant de vouloir protéger un tel trésor. La ville regorge de merveilles, le grand minaret, d’où les appels à la prière s’entendraient jusqu’à Samarcande, converse avec les nuages, les mosquées géantes aux couleurs vives dominées par un bleu profond rivalisent de beauté, les colonnes et les arcades, les coupoles et les madrasas témoignent du passé de ce joyau du savoir. 

Intrigué par tant de grandeur, je déambule dans les ruelles, sur les traces d’Avicenne et d’Al-Biruni. Je m’arrête à la synagogue, j’observe un jeu amical de Backgammon et puis je me pose à l’ombre des platanes bercés par les doux murmures des fontaines, là où les maîtres soufis se concentraient sur la présence du divin à travers la perception intuitive et le voyage intérieur. 

« Notre chemin est une conversation. Les bonnes actions se trouvent seulement dans une communication mutuelle, et non pas dans l’isolement », ainsi parla Naqshabandi, et ainsi en fut-il pour les soufis. Il y a de multiples vérités, et ces vérités ne nous parviennent qu’à travers l’échange, la découverte du soi et de l’autre. 

Città di luce, Bukhārā si nasconde dietro le mura della leggendaria cittadella Ark. Non sorprende che si voglia proteggere un simile tesoro. La città trabocca di meraviglie, il grande minareto, dal quale gli appelli alla preghiera si sentirebbero fino a Samarcanda, conversa con le nuvole, le moschee giganti dai colori vivaci dominate da un blu profondo rivaleggiano in bellezza, le colonne e gli archi, le cupole e le madrasa testimoniano il passato di questo gioiello della conoscenza. 

Incuriosito da tanta grandezza, cammino per i vicoli, sulle tracce di Avicenna e di Al-Biruni. Mi fermo alla sinagoga, osservo un gioco amichevole di Backgammon e poi mi siedo all’ombra dei platani cullati dai dolci mormorii delle fontane, dove i maestri sufi si concentravano sulla presenza del divino attraverso la percezione intuitiva e il viaggio interiore. 

«Il nostro cammino è una conversazione.  Le buone azioni si trovano solo in una comunicazione reciproca, e non nell’isolamento», così parlò Naqshabandi, ed è così anche per i sufi. Ci sono molte verità, e queste verità ci giungono solo attraverso lo scambio, la scoperta di sé e dell’altro. 

Sur le chemin vers Khiva, Chashma est posée à proximité du camp d’Alexandre le Grand : c’est ici qu’il s’est positionné pour conquérir l’Asie, et c’est ici qu’il a conquis le cœur de Roxane, princesse de Sogdiane.

La source avoisinante est une source sacrée depuis la nuit du temps, mais l’Homme s’adapte et adapte ses croyances, ce serait donc l’Imam Alî, cousin du prophète, qui l’aurait, en tapant de sa canne, fait jaillir pour sauver la région. Ici, les femmes font le tour du bassin dans l’espoir d’avoir un enfant, et les hommes se rincent le visage avec l’eau sainte pour guérir de leurs maux. 

Sulla strada per Khiva, Chashma è adagiata nei pressi del campo di Alessandro il Grande: è qui che si è posizionato per conquistare l’Asia, ed è qui che ha conquistato il cuore di Roxane, principessa di Sogdiane.
La sorgente vicina è una fonte sacra fin dalla notte dei tempi, ma l’Uomo si adatta e adatta le sue credenze, perciò si dice che sarebbe stato l’Imam Alî, cugino del profeta, che, battendo col suo bastone, l’avrebbe fatta scaturire per salvare la regione. Qui le donne fanno il giro del bacino nella speranza di avere un bambino, e gli uomini si sciacquano il viso con acqua santa per guarire dai loro mali.

Quand le désert s’étale, Khiva surgit comme une ravissante mélodie au milieu du silence. Havre de paix et de tranquillité, ses doubles remparts dévoilent en douceur sa beauté et son atmosphère détachés du temps. Si les monuments du centre n’ont rien à envier en splendeur aux autres merveilles du pays, ses ruelles intimistes entre les remparts invitent à flâner, à se poser et vivre le moment présent, voire à le rêver… à regarder la trépidation de la lumière sur les murs vieux comme le temps, à converser avec les marchands et observer l’agitation des enfants dans leur innocence joyeuse si pure qu’elle résume toute la poésie de la terre. 

Face à une grandeur magnifiée par une douceur de vivre, la joie fleurit à chaque coin de rue et accompagne les pas comme une tendre symphonie qui célèbre la vie, apaise les cœurs et retient les moments qui tentent de fuir. 

Dès que le jour annonce son départ, toutes ces villes aux milles promesses défient la nuit avec des lumières étincelantes, des notes colorées et brillantes sur les façades de leurs merveilles, comme pour affirmer leur présence continue, comme pour rendre l’histoire lisible sur les pierres, peu importe l’obscurité de la nuit. 

Mon cœur s’éternise dans une danse ouzbèke, suit les mouvements de grâce qui peignent l’espace au rythme d’une musique constituée de tant d’influences que l’humanité a pu créer, les voiles me portent à chaque note et me voilà envolé dans une des Mille et Une Nuits. 

Le temps passe comme dans les contes de mon enfance, en douce vélocité. Le bal de l’attente de cette terre rêvée se voit clôturé par une danse des sens et par un tourbillon de couleurs. 

Je pars, ces lieux infiniment uniques s’éloignent, mais dans le cœur rien ne s’efface, car toucher le rêve le transforme en souvenir pour créer au fond de l’âme une joie frémissante et ajouter un fragment de plus à la mosaïque de l’identité et de l’esprit, qui ne se maintiennent éveillés qu’en s’épuisant dans la passion et la découverte.   

Khaled Youssef

Quando il deserto si spiana, Khiva appare come una melodia incantevole in mezzo al silenzio. Oasi di pace e tranquillità, i suoi bastioni ne rivelano dolcemente la bellezza e l’atmosfera fuori del tempo. Se i monumenti del centro non hanno nulla da invidiare in splendore alle altre meraviglie del paese, i suoi vicoli intimi tra le mura invitano a girovagare, a sostare e vivere il momento presente, o addirittura sognarlo… a guardare la frenesia della luce sui muri vecchi come il tempo, a conversare con i mercanti e osservare l’agitazione dei bambini nella loro innocenza gioiosa e tanto pura da riassumere tutta la poesia della terra. 

Di fronte a una grandezza accresciuta da una dolcezza di vivere, la gioia fiorisce a ogni angolo di strada e accompagna i passi come una tenera sinfonia che celebra la vita, placa i cuori e ricorda i momenti che tentano di fuggire. 

Non appena il giorno annuncia la sua partenza, tutte queste città dalle mille promesse sfidano la notte con luci scintillanti, note colorate e brillanti sulle facciate delle loro meraviglie, come per affermare la loro presenza continua, come per rendere la storia leggibile sulle pietre, al di là dell’oscurità della notte. 

Il mio cuore si eterna in una danza uzbeka, segue i movimenti di grazia che dipingono lo spazio al ritmo di una musica costituita dalle tante influenze che l’umanità ha potuto creare, le vele mi trasportano a ogni nota ed eccomi in volo verso una delle Mille e una Notte. 

Il tempo scorre come nelle fiabe della mia infanzia, in dolce velocità. Il ballo dell’attesa di questa terra sognata si chiude con una danza dei sensi e un vortice di colori. 

Me ne vado, questi luoghi infinitamente unici si allontanano, ma nel cuore nulla si cancella, perché toccare il sogno lo trasforma in ricordo per creare in fondo all’anima una gioia palpitante e aggiungere un frammento in più al mosaico dell’identità e dello spirito, che si mantengono svegli soltanto sfinendosi nella passione e nella scoperta.

Traduzione di Chiara De Luca

 

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