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Luigi Di Ruscio, Palmiro

I motivi per cui uno si mette a scrivere sono molto oscuri e investono i problemi dello scrivimento in generale. Ci sono dei motivi specifici e personali per cui il nostro si mise a scrivere? Fu messo a scrivere per imitare certe composizioni poetiche che lo avevano colpito? Oppure il nostro si mise a scrivere credendo di poter dire qualcosa di nuovo, insomma di scrivere qualcosa di non mai scritto? Infatti, sino a un certo periodo adoperò parole poco usate, molto poco scritte anche se dette non poi così poco. Chi scrive poesie adopera certe determinate parole: il nostro forse iniziò a studiare la lingua? No certamente, lui credeva di dover adoperare sentimenti. Divenne la sua poesia sentimentale? No, anzi fu antisentimentale. Aveva letto e legge tutte quelle carte, insomma i romanzi fotografati, il dolce sentimento, la snervatura sentimentale, la snervatezza dolce, il dolce. Lui dovette scrivere amaro, sentimenti amari. Tutti erano fiori? e lui scrisse l’antifiore. Tutti cuore? e scrisse l’anticuore. Tutti famiglia? e lui antifamiglia. Tutti parte? e divenne l’antiparte; insomma, andava all’incontrario e fu l’incontrario cosciente. E dopo, tutto il suo contro divenne favore e divenne ovvio: insomma quando tutti contestano, per sperare di scrivere il non scritto è necessario non contestare più nulla, è ovvio. Ma lui imperterrito contesta. È tutta una marea contestativa. Giusta, molto giusta, ma non più originale: insomma è legittimo contestare ma è illegittimo presentare la contestazione come qualcosa che deve essere scritto perché ancora non è stato scritto. Si può benissimo contestare, ma ormai la poesia della contestazione va lasciata fuori, insomma un poeta come tale non può più contestare e insomma l’arte è un conto e l’altro conto da tenere è contestare. In questi problemi abbiamo lasciato il nostro, che chiamiamo dilettante e autodidatta perché è rimasto in un apprendistato sperimentalistico eterno. Insomma fa le prove, apprendendo in maniera permanente. Non solo come poeta, ma, e in questo è coerente, come uomo pratico. È ancora in perpetuo stadio di apprendistato, insomma impara sempre, come se andasse perpetuamente a scuola. Forse questo sperimentalismo o apprendistato è inevitabile per ogni scrittura, ma lui questa posizione la spinge fino alle ultime conseguenze ed è come perennemente sospeso, come sempre sul punto di, sempre nella predisposizione, ma mai oltre. Insomma lui prende tutto seriamente e non ride. Perché? Un apprendistato diventa meno apprendistato quando almeno uno se la ride del proprio apprendistato? Ma lui è investito dalla totale serietà dell’esistenza tanto che tutte le sue azioni, e quindi le sue scritture, debbono essere erette a regola universale secondo la famosa tesi. Lo stabilimento di questa regola universale non è impresa di tutti i giorni, e il nostro è in continua approssimazione a questa famosa regola universale. Insomma il nostro è allo stato di apprendistato non solo praticamente, ma anche metafisicamente, e questo è troppo. E quello che scrive diventa impubblicabile, e lui cerca lettori, va in giro con le carte, affronta amici che hanno voglia di fare una partita e lui impone la lettura dei suoi versi, interviene in versi perpetuamente, sino al giorno certo che anche lui diventerà quello che diventeranno tutti appena morti. La gente ammira di lui la sua costanza perché lo scrivere del nostro non è cosa che si esaurisca in una stagione più o meno lunga, ma ormai scrive e non può fare altro. Ormai la gente della cittadina sfugge il nostro, tutti quelli che lo conoscono sanno che lui non pensa che a leggere le sue scritte, e non gli basta la lettura, ma vuole che l’ascoltatore faccia commenti, perché si è accorto che ormai di quello che legge non afferrano nulla e lui col commento vuole verificare e provare l’attenzione. Se questa attenzione manca sono insulti, perché il nostro non è una canna mossa dal vento, ma ha muscoli solidissimi perché oltre a essere poeta ha le passioni sportive, la cura del corpo, e la demistificazione dei poeti allampanati, sottili, evanescenti. È un poeta fisicamente roccia. Insomma il nostro è anche un terrore: scuote il lettore prendendolo per il bavero della giacca, scrollate come se volesse svegliare un perpetuo addormentato, svegliati testa! E giù sventole! Appena compare da lontano, i gruppi della piazza si sfasciano, è uno svicolamento completo e il segnale di questo svicolare generale è: «ecco! viene la carta!»
Infatti, i testi del nostro sono scritti in tutte le carte immaginabili e possibili. E lui legge le poesie, le scrive e fa ginnastica, si tiene in forma pronto a presentarsi ai supremi giudizi.

Luigi di Ruscio, Palmiro, Ediesse, Roma 2011.
A cura di Massimo Raffaeli. Postfazione di Antonio Porta.

Les raisons pour lesquelles on se met à écrire sont très obscures et touchent les problèmes de l’écrivage en général. Notre poète a-t-il commencé à écrire pour des raisons précises ou personnelles ? Fut-il poussé dans l’écriture par désir d’imiter certaines compositions poétiques qui l’avaient frappé ? Ou bien est-ce parce qu’il croyait pouvoir écrire quelque chose de nouveau, bref quelque chose qui n’a jamais été écrit ? En effet, jusqu’à une certaine période, il employa des mots peu utilisés, des mots rarement écrits bien qu’assez souvent prononcés. Ceux qui écrivent des poésies emploient un certain type de mots : notre poète étudia-t-il la langue pour autant ? Absolument pas, car il croyait devoir employer les sentiments. Sa poésie devint-elle sentimentale pour autant ? Tout lecontraire, elle fut antisentimentale. Il avait lu et lit encore ce genre de belles-lettres, les romans photographiés, les doux sentiments, l’attendrissage sentimental, la tendresse molle, le sucré quoi. Il fallait donc qu’il écrive âpre, les sentiments âpres. Tout le monde aimait les fleurs ? Il écrivit l’anti-fleur. Des coeurs partout ? Il écrivit l’anti-coeur. Tous à encenser la famille ? Il fut anti-famille. Tous pour le parti ? Il devint anti-parti ; bref il allait dans le sens contraire et il fut le contraire conscient. Plus tard, tout son antagonisme finit par avoir le vent en poupe, il devint évident : bref quand tout le monde conteste et qu’on aspire à écrire ce qui n’a jamais été écrit on est obligé de ne plus rien contester, c’est évident. Mais lui continue à contester, inébranlable. Un véritable torrent contestataire. Qui est juste, très juste, mais n’a plus rien d’original : bref s’il est légitime de contester, il est illégitime de présenter la contestation comme quelque chose qui doit être écrit parce que personne ne l’a encore fait. On peut très bien contester mais à présent la poésie de la contestation est dépassée, bref un poète comme tel ne peut plus contester, bref l’art est une chose, et l’autre truc c’est la contestation. C’est dans cette problématique que nous avons laissé notre poète, que nous qualifions de dilettante et d’autodidacte pour la bonne raison qu’il est resté dans un apprentissage expérimental perpétuel. Bref, il fait des essais, il apprend en permanence. Non seulement en tant que poète, mais aussi, et c’est en cela qu’il est cohérent, en tant qu’homme tout court. Il est encore et toujours au stade d’apprentissage, bref il apprend tout le temps, comme s’il allait perpétuellement à l’école. Sans doute cet expérimentalisme ou apprentissage est incontournable pour toute écriture, mais lui pousse cette position jusqu’à ces ultimes conséquences et c’est comme s’il était perpétuellement en suspens, toujours sur le point de, toujours dans l’état de, jamais au-delà.  Bref il prend tout au sérieux, jamais il ne rit. Pourquoi ? L’apprentissage est-il moins efficace quand on prend son propre apprentissage à la rigolade ? Mais lui est tellement envahi par le sérieux de l’existence que toutes ses actions, et par conséquent ses écrits, doivent être érigés en loi universelle selon la célèbre théorie. La construction de cette loi universelle n’est pas une mince affaire, aussi notre poète est perpétuellement dans l’approximation de cette fameuse loi. Bref il est toujours en apprentissage, non seulement d’un point de vue pratique, mais aussi métaphysique, et ça c’est trop. Ce qu’il écrit devient impubliable, alors il cherche des lecteurs, il se trimballe avec ses feuilles, ses copains voudraient jouer aux cartes mais lui leur impose la lecture de ses vers, il intervient en vers, perpétuellement, jusqu’à ce jour inévitable où lui aussi finira comme tous finissent après la mort. Les gens admirent sa constance, parce que sa manie d’écrire n’est pas de celles qui se tarissent en une saison plus ou moins longue : notre poète écrit et ne peut rien faire d’autre. À présent les gens de Fermo le fuient, tous ceux qui le connaissent savent qu’il ne pense qu’à leur lire ses textes, et il ne se contente pas d’une simple lecture, il veut que l’auditeur fasse des commentaires, parce qu’il s’est aperçu qu’ils pigent rien à sa lecture, et le commentaire permet de tester et de vérifier leur concentration. Si la concentration n’est pas bonne les insultes fusent, parce que notre poète n’est pas un roseau ballotté par le vent, il a de sacrés muscles, outre la poésie c’est un passionné de sport, il entretient son corps, et les poètes décharnés, fluets, évanescents, ça fait longtemps qu’il les a désacralisés. Physiquement, c’est un poète roc. Bref, notre poète est capable d’être une véritable terreur : il prend le lecteur par le colbac et le secoue comme un prunier, comme s’il voulait réveiller un éternel endormi, réveille-toi, abruti ! Et paf, une baffe. Sur la place les groupes se défont en le voyant arriver, dispersion complète, le signal de la dispersion générale c’est : «Attention ! Voilà le fou avec ses papiers ! »
En effet, notre poète écrit ses textes sur tous les papiers possibles et imaginables qui lui tombent sous la main. Et il lit ses poésies, les écrit et fait du sport, il entretient sa forme, prêt pour les jugements suprêmes.

 

Luigi Di Ruscio, Palmiro, Anacharsis, Les Belles Lettres, Toulouse 2015. Traduit Par Muriel Morelli

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