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Matthieu Gosztola

Matthieu Gosztola

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Matthieu Gosztola è Nato nel 1981 a Le Mans (Sarthe, Francia). Dottore in Letteratura francese, ha ottenuto nel 2007 il prestigioso premio per la poesia « Prix des découvreurs ». Ha pubblicato una trentina di opere, tra cui Débris de tuer, Rwanda, 1994 (Atelier de l’agneau, 2010), ispirato al genocidio avvenuto nel Ruanda nel 1984; Recueil des caresses échangées entre Camille Claudel et Auguste Rodin [Raccolta di carezze scambiate tra Camille Claudel e Auguste Rodin, Éditions de l’Atlantique, 2008]; Matière à respirer [Materia da respirare, Création et Recherche, 2003]. Queste opere appartengono ai seguenti generi letterari (cercando al contempo di sovvertirli): poesia, saggistica, aforismi, teatro, prosa. Pianista per formazione, fotografo dell’infimo, universitario, specialista del fin-de-siècle, partecipa a conferenze internazionali e a letture poetice  in Francia e all’estero. Il suo sito internet è:www.matthieugosztola.com

inediti

Klimt,

 

nos rendez-vous viendront

comme vient la neige

i nostri incontri verranno

come viene la neve

Vienne. 1920.

Une scène déserte, avec quelques livres, quelques robes, posés à même le sol. Un tabouret dans le fond. L’ombre, qui mange tout. Une lampe de bureau un peu abîmée (peinture bleue écaillée), sur ce tabouret.

Elle (Émilie Louise Flöge).

Elle est, se sent immobile ; elle s’approche à petits pas mesurés de la lampe, actionne l’interrupteur. La lampe éclaire faiblement. Elle semble surprise. Retourne à petits pas mesurés vers le devant de la scène. S’arrête. Inspire. Longuement.

Elle parle. Rien ne lui répond : elle parle à l’Absent. Elle dit :

Vienna. 1920.

Una scena deserta, con qualche libro, qualche abito, posati per terra. Uno sgabello sullo sfondo. L’ombra, che tutto mangia. Una lampada da ufficio un po’ rovinata (vernice azzurra scrostata), su quello sgabello.

Lei (Émilie Louise Flöge).

È, si sente immobile; si avvicina alla lampada a piccoli passi misurati, preme l’interruttore. La lampada emana una luce fioca. Lei sembra sorpresa. Ritorna a piccoli passi misurati sul proscenio. Si ferma. Inspira. A lungo.

Lei parla. Nulla le risponde: lei parla all’Assente. Dice:

 

Klimt chéri. Tu as pris possession de mes sens ; tu les as remplacés : lorsque tu seras là, même sans rien faire, même sans rien voir, même sans rien entendre d’autre que tes silences, que la patiente diction de ton attente, même sans rien toucher d’autre que la moue enfantine de ton plaisir, que ta sauvagerie qui ne se montre que suivant les contours de la délicatesse,

 

Klimt, mio caro. Ti sei impossessato dei miei sensi; li hai sostituiti: finché sarai là, anche senza far nulla, anche senza vedere nulla, anche senza sentire altro che i tuoi silenzi, la paziente dizione della tua attesa, anche senza toccare altro che la smorfia infantile del tuo piacere, la tua ferocia che si mostra soltanto seguendo i contorni della delicatezza,

 

 

je ne verrai, entendrai, toucherai, goûterai, respirerai que toi, toi, toi.

 

io non vedrò, sentirò, toccherò, respirerò altro che te, te, te.

Vous êtes si nombreux, dans toi (et il n’y a que toi, dans toi). Car tu tiens captif le monde entier, dans tes hésitations. (Les paysages, les chantonnements effacés des sources, les fontaines romaines, les patientes dérives que tracent les oiseaux dans le ciel, les intempéries en montagne et les précipitations de lumière – maladroitement recueillies par notre trouble – sur les toits enneigés…) « Quel étrange amour est le nôtre ! Il est des sources au pied des platanes, il est tout ce dont je rêvais fiancée, il est des vallons, des bocages, des ruisseaux à méandres. » Pourquoi attendre, pourquoi ne pas attendre ? (Ensemble, nous attendrons, si tu le veux, mais nous serons serrés.) Le seul vrai mot, c’est :

viens.

Siete così numerosi, dentro di te (e non ci sei che tu, dentro di te). Perché tieni prigioniero il mondo intero, nelle tue esitazioni. (I paesaggi, i sommessi canti cancellati delle sorgenti, le fontane romane, le pazienti derive che gli uccelli tracciano nel cielo, le intemperie in montagna e le precipitazioni della luce – maldestramente raccolti dalla nostra inquietudine – sui tetti innevati…) «Che strano amore è il nostro! È sorgenti ai piedi dei platani, è tutto ciò che sognavo da fidanzata, è vallate, boschetti, ruscelli a meandri.» Perché attendere, perché non attendere? (Insieme, attenderemo, se vuoi, ma stringendoci.) La sola parola vera, è:

vieni.

Viens et délivre le monde. Délivre-le en te lovant / contre moi. Fais qu’il soit / notre monde. Fais / qu’il soit. « Linges chauds / […] parfums, /  […] les gestes / divinatoires ». Viens. « Présent, ta figure se condensera ; tu atteindras aux concentrations des métaux les plus lourds, de l’iridium, du mercure. » Viens. « Près de toi, je ne craindrai plus le danger. On ne meurt que seul. » Viens. Nous sommes « heureux et vibrants » de tout ce qui est « partagé ». Ayons « une formidable confiance […] dans ce qui nous rassemblera sans façon, et […] autant que la vie le permettra. »

Vieni e libera il mondo. Liberalo acciambellandoti / contro di me. Fai che sia / il nostro mondo. Fai / che sia. «Biancheria calda / […] profumi, /  […] i gesti / divinatori». Vieni. «Ora, la tua figura si condenserà; raggiungerai le più pesanti concentrazioni di metalli, dell’iridio, del mercurio.» Vieni. «Accanto a te, non avrò più timore del pericolo. Non si muore che da soli.» Vieni. Siamo «felici e vibranti» di tutto ciò che è «condiviso». Abbiamo «una formidabile fiducia […] in ciò che ci somiglierà al meglio, e […] finché la vita lo consentirà.»

Je pense à toi. Viens. Dans un effleurement perpétuel, nous nous regarderons. « Tes yeux viendront graver ta grâce en moi ». Mes yeux, habitués aux splendeurs que ton âme, dans l’éloquente élocution de sa vérité, a jetées à ma vue, à mon oreille, à ma vie, mes yeux pourront « souffrir l’étinceler de tes rayons » : mes yeux embrasseront avec leurs regards cette « lumière qui n’a point de nuit », qui « est toujours lumière », qui « est de telle sorte qu’aucune personne, si intelligente qu’elle soit, ne pourra de sa vie se la représenter ». Mais pourquoi se la représenter ? Il suffit de la caresser doucement, cette lumière, d’effleurer l’ovale oraculaire de ton visage.

Penso a te. Vieni. In un perpetuo sfioramento, ci guarderemo. «I tuoi occhi verranno a incidermi la grazia dentro». I miei occhi, abituati agli splendori che la tua anima, nell’eloquente eloquio della sua verità, ha gettato alla mia vista, alle mie orecchie, alla mia vita, i miei occhi potranno «soffrire lo scintillio dei tuoi raggi»: i miei occhi abbracceranno con lo sguardo questa «luce che non ha notte», che «è sempre luce», che «è tale che nessuno, per quanto intelligente sia, potrà rappresentarsela in tutta la sua vita». Ma perché rappresentarsela? Basta accarezzarla dolcemente, questa luce, sfiorarti l’ovale oracolare del viso.

 

Viens. Nous « élaborerons nos pas / unis ». Viens. « Le réel tient à toi ». Tu es la « figure vocative ». Viens. Puisqu’il n’est rien de plus doux à notre pensée que l’idée de nous voir, aurons-nous l’adresse de nous en défendre, même maladroitement ? Viens. Puisqu’il ne sera rien de plus doux à notre pensée que l’idée de nous revoir, aurons-nous l’adresse de nous en défendre, même maladroitement ? Viens. Reviens.

 

Vieni. «Elaboreremo i nostri passi / uniti». Vieni. «Il reale tiene a te». Tu sei la «figura vocativa». Vieni. Perché nulla ci è più dolce al pensiero che l’idea di vederci, avremmo l’ardire d’impedircelo, anche goffamente? Vieni. Perché nulla ci sarà più dolce al pensiero che l’idea di rivederci, avremmo l’ardire d’impedircelo, anche goffamente? Vieni. Ritorna.

 

Retrouve-moi (trouve-moi). « Donne au premier déchaînement / sa lueur / nudité – du regard ». Donne « au premier déchirement / sa lueur ». Nous aurons avec nous la nuit. « Nocturne la calligraphie / seconde transgression ». Nous « ouvrirons le chemin de terre » et nous « chercherons dans la densité ». Nous serons dans le visage. Et dans le geste. Et dans le bleu (« le bleu cerne le visage / de loin / dans le geste »). Nos « respirations » s’élèveront « dans nos veines ». Il y aura « la / splendeur » : « un corps interdit et ancestral ».

Ritrovami (trovami). «Dai alla prima esplosione / il suo chiarore / nudità – di sguardo». Dona «alla prima lacerazione / il suo chiarore». Avremo con noi la notte. «Notturna la calligrafia / seconda trasgressione». «Apriremo il sentiero» e «Cercheremo nella densità». Saremo nel viso. E nel gesto. E nell’azzurro(«l’azzurro contorna il viso / da lontano / nel gesto»). I nostri «respiri» ci si leveranno «nelle vene». Ci sarà «lo / splendore»: «un corpo interdetto e ancestrale».

Nous serons avec les « perspectives – dire / cela / la précision de l’instant / point violent ». Transgression. Nous serons avec « l’offrande / un geste ». « Dans cette proximité / de l’eau », de ton eau, nous « marcherons ». Nous irons plus loin. Plus loin que nous. Mais sans jamais nous éloigner. Sans jamais être loin de toi. « Les mains jointes / sous l’eau / arc // tactile ». « Les mains dans le sable / l’obscurité ». Je ne me lasserai jamais de ton eau.

Saremo con le «prospettive – dire / quello / la precisione dell’istante / punto violento». Trasgressione. Saremo con «l’offerta / un gesto». «In questa prossimità / dell’acqua», della tua acqua, noi «cammineremo». Andremo più lontano. Più lontano di noi. Ma senza mai allontanarci. Senza mai essere lontano da te. «Le mani unite / sotto l’acqua / arco // tattile». «Le mani nella sabbia / l’oscurità». Non mi separerò mai dalla tua acqua.

Nous « entendrons le bruit des / vagues ». « Aspiration » : puis nous nous étonnerons. Nous serons dans « la douceur des souffles ». Nos souffles. « Recherche / du regard » : soudain. Plusieurs fois soudain. Nous tracerons « des cercles autour / des objets et des meubles sombres ». Nous aurons avec nous la « latitude », les « déclins oniriques », « le chemin de basse terre », les « limites ». Nous serons avec les « prémisses », avec les « jointures ». Nous cheminerons, même immobiles, de concert avec les « ouvertures de l’éclat ». Nous cheminerons dans une douceur sauvage.

Jamais nous n’oublierons.

«Sentiremo il rumore delle / onde». «Aspirazione»: poi ci sorprenderemo. Saremo nella «dolcezza dei respiri». I nostri respiri. «Ricerca / dello sguardo»: improvviso. Più volte improvviso. Tracceremo «cerchi attorno / a oggetti e mobili scuri». Avremo con noi la «latitudine», i «declini onirici», «il cammino di terra bassa», i «confini». Saremo con le «premesse», con le «giunzioni». Cammineremo, anche immobili, di concerto con le «aperture del lampo». Cammineremo in una selvaggia dolcezza.

Non dimenticheremo mai.

Nous respirerons, « le verbe à même la / peau » (ces poèmes que nous aimons et que je te chuchote, surprise au plus de la nuit : « inaccessible / blanc génère » ; « la lecture se fait dans la proximité nocturne. »). « Accord ». – Et commence la nouvelle harmonie. À chaque instant où nous serons ensemble, nous partirons nous chercher ; se chercher, pour être toujours plus : plus près. Tu te souviens ? L’ouverture du paquet. « Les livres noircissent le sol – perte de / l’horizon ».

Respireremo, «il verbo a fior di / pelle» (le poesie che amo e che ti sussurro, sorpresa in piena notte: «inaccessibile / bianco genero»; «la lettura si fa nella prossimità notturna.»). «Accordo». – E inizia la nuova armonia. A ogni istante in cui saremo insieme, partiremo a cercarci; cercarsi, per essere sempre più: più vicino. Ti ricordi? L’apertura del pacchetto. «I libri oscurano il suolo – perdita / dell’orizzonte».

Nous vivrons ce quintil de la Nuit obscure de Jean de la Croix, que je ne puis traduire : « En mi pecho florido / que entero para él solo se guardaba / allí quedó dormido, / y yo le regalaba / y el ventalle de cedros aire daba ». Accueillons avec affection le hasard, sans pas de côté, pour qu’il accueille avec diligence nos rendez-vous.

Vivremo questo pentastico della Notte oscura di Juan de la Cruz, che non ho potuto tradurre: «En mi pecho florido / que entero para él solo se guardaba / allí quedó dormido, / y yo le regalaba / y el ventalle de cedros aire daba». Accogliamo con affetto il caso, senza un passo di lato, perché accolga con diligenza i nostri appuntamenti.

 Ma main ne vit

que pour se poser sur toi,

dans une caresse

qui serait

un murmure du satin,

un aveu

du satin.

La mia mano non vive

che per posarsi su di te

in una carezza

che sarebbe

un sussurro di raso,

una confessione 

del raso.

Donnons voix à l’imprévu. « L’imprévu que chaque minute nous apporte, l’instant suivant peut nous le soustraire ; mais l’instantanéité perpétuelle et inépuisable de l’occasion est une invitation à aller toujours plus loin, au delà de nous-mêmes, et à réinventer sans trêve une vérité qui se dérobe. »

Diamo voce all’imprevisto. «L’imprevisto che ogni momento ci porta, l’istante seguente ce lo può sottrarre; ma l’istantaneità perpetua e inesauribile dell’occasione è un invito ad andare sempre più lontano, al di là di noi stessi, e a reinventare incessantemente una verità che si sottrae.»

Souffrance. Oui,

pour les moments

loin

de l’un-l’autre.

Mais ce titre – magnifique –

de l’auteur

que tu as le plus

aimé 

 

: Si nous n’étions

perdus

nous serions perdus.

Sofferenza. Sì,

per i momenti

di lontananza

l’uno dall’altra.

Ma questo titolo – magnifico –

dell’autore

che più hai

amato

 

:Se non fossimo

perduti

saremmo perduti.

Maintenant que ton corps se tient en retrait, – ton âme, elle, est toute là ; sans poids autre que celui des anges, elle obéit pourtant (par choix) à la pesanteur, pour être-rester partout où je suis –, maintenant que tout me semble vain alors que tout pourrait être merveille merveilleuse si tu t’échappais, avec/mon/aide(/ou/sans/mon/aide), de ton-retrait-de-moi sans quitter le retrait qui t’est cher, maintenant que je n’ai plus le goût (tous les goûts) des choses parce que ton corps se tient loin, si loin, ton corps seulement ton corps, se tient là-bas, est happé lorsqu’il fait jour artificiellement ou réellement, est happé par le moindre courant de lumière, comme une ombre sublime, et il fait tout le temps jour, partout*,

*… même lorsque je referme les volets, dans ma maison qui jouxte la mer, qui jouxte son recommencement inaltérable, qui jouxte son infini, dans mon petit appartement viennois aussi, et pas seulement, partout ailleurs où je me tiens & où il y a des volets & où les volets sont à portée de ma main…

Ora che il tuo corpo resta in disparte, – la tua anima, lei, c’è tutta; senz’altro peso che quello degli angeli, obbedisce perciò (per scelta) alla pesantezza, per essere-restare ovunque io sono–, ora che tutto mi sembra vano mentre tutto potrebbe essere meravigliosa meraviglia se tu evadessi, con/il mio/aiuto (/o/senza/il mio/aiuto), dal tuo ritratto-di-te senza lasciare il ritratto che ti è caro, ora che non ho più il gusto (ogni gusto) delle cose perché il tuo corpo resta lontano, così lontano, il tuo corpo soltanto tuo corpo, resta laggiù, è ghermito quando fa giorno artificialmente o realmente, è ghermito dalla minima corrente di luce, come un’ombra sublime, ed è sempre giorno, ovunque *,

*… anche quando chiudo le imposte, nella mia casa contigua al mare, contigua al suo inalterabile ricominciare, contigua al suo infinito, anche nel mio piccolo appartamento viennese, e non solo, in qualunque altro posto io resti & ci siano delle imposte & le imposte siano a portata della mia mano…

il fait jour tout le temps et par tous les temps parce que j’ai la pensée de toi avec moi tout le temps (même quand je me tiens dans mon secret, au bout du monde), si j’étais physicienne je voudrais être précise à la façon des physiciens, je dirais la vérité mathématique : je ne dirais pas « tout le temps », je ne dirais pas : à chaque seconde, je dirais : à chaque temps de Planck (environ 10–43 seconde)…, maintenant que tu n’es pas présent, présent : lové tout contre moi, tout contre ma chaleur, tout contre ma tendresse (même quand nous ne nous touchons pas, ou pas vraiment car nos pensées toujours – toutes et chacune – se touchent**), maintenant tu t’interposes, malgré tout ça et qui est triste (tu le ferais plus si tu étais là, tu le ferais davantage) :

** … même quand tu n’es pas collé à moi – quand nous sommes ensemble – tu es lové dans ma chaleur et dans Notre Frisson : celui que nos lettres & nos petits mots (du.matin.du.soir.et.des.autres.instants.oui) conjuguent et celui – le même – qui est la voile de nos Corps-Ensemble & le vent dans cette voile…

fa giorno tutto il tempo e in tutti i tempi perché ho il pensiero di te con me tutto il tempo (anche quando resto nel mio segreto, in capo al mondo), se fossi un fisico vorrei essere precisa alla maniera dei fisici, direi la verità matematica: non direi «tutto il tempo», non direi: ogni secondo, direi: in ogni tempo di Planck (circa 10–43 secondo)…, ora che tu non sei presente, presente: tutto  acciambellato contro di me, contro il mio calore, tutto contro la mia tenerezza (anche quando non ci tocchiamo, o non realmente, perché i nostri pensieri sempre – tutti e ciascuno – si toccano**), ora ti frapponi, malgrado tutto e chi è triste (tu lo faresti di più se fossi là, lo faresti oltre) :

** … anche quando non sei incollato a me – quando siamo insieme – sei acciambellato nel mio calore e nel Nostro Brivido: quello che le nostre lettere & le nostre piccole parole (del.mattino.della.sera.e.di.altri.istanti.sì) si coniugano – lo stesso – che è la vela dei nostri Corpi-Insieme & il vento in questa vela…

tu t’interposes entre ma vue et le monde, entre mes mains et les bancs des églises, entre mes doigts et les pages des livres, entre mes doigts et les tissus des robes, entre mes lèvres et la chair des fruits rares, entre mon ouïe et les bruits, entre mon ouïe et la musique, quand musique il y a (parce que je le veux ou parce qu’on – dans l’audible du monde – le veut à ma place), entre l’espace de noir que mes paupières gardent sauf lorsque je ferme les yeux & mes songes.

tu ti frapponi tra la mia vista e il mondo, tra le mie mani e i banchi delle chiese, tra le mie dita e le pagine dei libri, tra le mie dita e i tessuti dei vestiti, tra le mie labbra e la carne dei frutti pregiati, tra il mio udito e i rumori, tra il mio udito e la musica, quando c’è musica (perché lo voglio io o perché qualcuno – nell’udibile del mondo – lo vuole al mio posto), tra lo spazio di nero che le mie palpebre serbano salvo quando chiudo gli occhi & i sogni.

Tu t’interposes aussi avec tes parfums : je veux qu’ils soient la dominante sensuelle et expressive (une musique sans musique) de l’air que je respire et grâce auquel je peux vivre, c’est-à-dire m’adresser à Toi. D’une multitude de façons ou en silence (avec mes pensées). Éloquemment ou maladroitement. Distraitement ou sérieusement, – mais invariablement avec la fervente vérité de ce qui trouve sa source au plus nu, au plus loin, et toujours près du cœur.

Tu ti frapponi anche con i tuoi profumi: voglio siano la dominante sensuale ed espressiva (una musica senza musica) dell’aria che respiro e grazie alla quale posso vivere, ovvero rivolgermi a Te. In una moltitudine di modi o in silenzio (con i miei pensieri). Eloquentemente o maldestramente. Distrattamente o seriamente, – ma invariabilmente con la fervente verità di ciò che trova la sua sorgente nel punto più nudo, in quello più distante, e sempre presso il cuore.

Oui : tu es partout, et que tu sois l’Absent n’y change rien. Tu es partout : c’est une vérité de l’Univers et mon existence patiemment épelle les lettres de cette sentence ; les-lettres-les-unes-après-les-autres. « Absent, ta figure se dilate au point d’emplir l’univers. Tu passes à l’état fluide qui est celui des fantômes. » « Où me sauver ? Tu emplis le monde. »

: tu sei ovunque, e il fatto che tu sia l’Assente non cambia nulla. Tu sei ovunque: è una verità dell’Universo e la mia esistenza pazientemente compita le lettere di questa sentenza: le-lettere-le-une-dopo-le-altre. «Assente, la tua figura si dilata al punto da colmare l’universo. Tu passi allo stato fluido che è quello dei fantasmi.» «Dove salvarmi? Tu colmi il mondo. »

Tout ton corps

est traversé

par un incessant floconnement

de textes

qui ne sont pas encore

et qui seront

 

qui seront

aussi sûrement

que tu es mort

Tutto il tuo corpo

è attraversato

da un incessante fioccare

di testi

che ancora non sono

e che saranno

che saranno

sicuramente come

la tua morte

 

Et je ne vis

que pour te

retrouver : je : (maintenant,

il faut que tu le saches) t’

attends, attendrai à

chaque instant de demain,

et d’hier et d’aujourd’hui je : mon

A.

E io non vivo

che per 

ritrovarti: io: (ora,

occorre tu lo sappia) ti

aspetto, aspetterò

a ogni istante di domani,

e di ieri e di oggi io: mio

A.

 Je vais continuer, comme un enfant ébloui marcherait au pied de la mer, et au pied des étoiles, sans chercher à brusquer les flots et le ciel, sachant que la mer et le ciel l’abritent, alors même qu’il n’est pas encore en eux.

L’enfant défait ses vêtements. Il avance un pied après l’autre. Ce sera tout à l’heure. Il sait qu’il n’est pas encore dans la mer, dans le ciel. Et, augmenté de cette connaissance, il sent en son corps que c’est faux. Il est déjà en eux. Ayant été appelé si fortement par le ciel, par la mer, il a conçu son corps à ce point comme une place pouvant être épousée par leurs contours (ceux du ciel, ceux de la mer – il aime se répéter ces noms communs qui pour lui sont des noms propres)… qu’il est devenu entièrement leur infini ; entièrement, mais peu à peu, sans même s’en rendre compte (tout s’est joué quasi à son insu : il ne se serait jamais imaginé…). Aussi, au moment précis où il entre dans le ciel, où il entre dans la mer, ne ressent-il rien d’autre qu’une bouleversante douceur, qui est celle que l’on éprouve quand l’on s’est rejoint soi-même entièrement.

Continuerò, come un bambino abbagliato camminerebbe ai piedi del mare, e ai piedi delle stelle, senza cercare di accelerare i fiotti e il cielo, sapendo che il mare e il cielo l’accolgono, anche se non è ancora in loro.

Il bambino disfa i propri abiti. Avanza un piede dopo l’altro. Sarà molto presto. Sa di non essere ancora nel mare, nel cielo. E, aumentato da questa conoscenza, sente nel corpo che è falso. È già in loro. Essendo stato così fortemente chiamato, dal cielo, dal mare, ha concepito a quel punto il suo corpo come un luogo che i loro contorni possono sposare (quello del cielo, quello del mare – lui ama ripetersi quei nomi comuni che per lui sono propri)… che ne è divenuto interamente l’infinito; interamente, ma a poco a poco, senza neppure rendersene conto (tutto si è giocato quasi a sua insaputa: non se lo sarebbe mai immaginato…). Così, nello stesso istante in cui entra nel cielo, o entra nel mare, non sente altro che una sconvolgente dolcezza, che è quella che si prova quando ci si ricongiunge interamente.

Note : ce monologue a lieu deux ans après la mort de Klimt.

Émilie Flöge mourra le 26 mai 1952, à Vienne.

Nota: Questo monologo ha luogo dopo la morte di Klimt.

Émilie Flöge morirà il 26 maggio 1952, a Vienna.

 

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