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“Parole che mandano al massacro / i più bei telegrammi del cuore”

Oggi Stefano Serri ci fa leggere alcune poesie da Au verso du silence di Ernest Pépin, di cui ha tradotto per Kolibris la splendida raccolta Il paese nudo.

Prezioso collaboratore di Kolibris, Stefano Serri si è di recente classificato secondo al Premio internazionale Alpi Apuane per la sua traduzione della raccolta antologica La forma esatta dell’incerto del poeta francese Jean-Baptiste Para ed ha appena pubblicato la raccolta poetica Diario di un risorto.

Cinque poesie di Ernest Pépin

 

A cura di Stefano Serri

 

ernest_pepin_01Ernest Pépin è nato il 25 settembre 1950 a Lamentin (Guadalupa). Insegnante di letteratura, critico letterario, uomo attivo politicamente e culturalmente nel suo paese, ha pubblicato una ventina di volumi tra poesia e narrativa. Anche se il riconoscimento di critica e pubblico sono arrivati solo nel 1992 con il romanzo L’Homme au Bâton, l’esordio letterario è avvenuto nel 1984 con Au verso du silence (Paris, L’Harmattan), che qui presentiamo traducendone alcune poesie.
Il libro del poeta caraibico è un libro di forti contrasti, dove la natura mostra la sua crudeltà e dove l’uomo e la donna (in diverse poesie il poeta si rivolge a un tu femminile) alternano tra lotta per la vita e rassegnazione. Mentre in molte opere successive il poeta attenua asprezze e oscurità, pur continuando a corteggiare il lato notturno del vivere e a denunciare assurdità e ingiustizie del mondo, la violenza di certe immagini e la sincera rabbia che si avverte nella voce dell’autore anticipano alcune pagine decisamente meno concilianti, segnatamente il romanzo Le Tango de la haine (1999), dove assistiamo all’anatomia della separazione di una coppia: una lotta spietata dove invettiva, maledizione e insulto costituiscono la trama di un dialogo impossibile.
In Au verso du silence la lingua è ostacolo e non diventa quel ponte (estremamente mobile) capace di unire le isole disseminate nell’arcipelago della vita. Il silenzio, corredato di assenza, lontananza e disamore, si mostra protagonista e antagonista di questa opera prima già nel titolo. E proprio scorrendo i titoli delle raccolte poetiche successive troviamo una progressiva affermazione della parola, attraverso la concretezza del dire (la “Saliva” della seconda silloge edita), l’erompere del discorso poetico in Il caos delle parole libere (1991) fino all’affermarsi del mondo dicibile nella raccolta forse più compiuta ed equilibrata, Babil du songer (Il brusio del pensiero). Parallelamente all’ampliamento delle possibilità del dire poetico, in Pépin si andrà sempre più affermando anche la complementarietà tra francese e creolo, arricchendo di possibilità e sfumature entrambe le lingue-culture, pur rimanendo fedele a un verso libero per lo più irregolare e alla centralità della natura come interlocutore privilegiato. Una terza e ultima apertura è quella all’altro e alla relazione. La dimensione collettiva e corale si manifesterà ad esempio nel romanzo Tambour-Babel (1996), dove la vita corale di un villaggio viene restituita nella sua fisiologia vitale; oppure con alcune delle più recenti poesie, attente alla società se non propriamente politiche, come A tutti gli Indignati della terra del 2011. Oltre che importante riferimento per comprendere la direzione della produzione successiva di Pèpin, Au verso du silence, con la sua ossessione verso l’eredità e il passato dell’isola, è anche un interessante documento per comprendere le scelte intraprese da un intellettuale creolo in un bivio storico delicato per l’affermazione della propria identità, equidistante dalle catene del colonialismo e dall’evasione in un vacuo esotismo, conteso tra “ricordi di zucchero di canna” e una memoria-sanguisuga.
Tra le opere di Pépin, ricordiamo i romanzi L’Homme au Bâton, (Paris, Gallimard, 1992, Prix des Caraïbes; trad.ne it. L’uomo col bastone, Roma, Ed.ni del Lavoro, 1996); Tambour-Babel (Paris, Gallimard, 1996, Prix RFO du Livre); Le Tango de la haine (Paris, Gallimard, 1999); Toxic Island (Fort-de-France, Desnel, 2010) ; Le Soleil pleurait (La Roque d’Anthéron, Vents d’Ailleurs, 2011) ; Le Griot de la Peinture (Caraïbeditions, 2014).
Tra i volumi di poesia: Au verso du silence. (Paris, L’Harmattan, 1984); Salve et Salive (Silex, Paris, 1986); Boucan de Mots Libres / Remolino de palabras libres (La Habana, Casa de las Américas, 1991, Prix Casa de las Américas); Babil du songer (Kourou, Ibis Rouge, 1997 ; t); Dit de la roche gravée (Montréal, Mémoire d’encrier, 2008); Le bel incendie (Paris, Bruno Doucey, 2012).
Tra le opere per l’infanzia: Coulée d’or (Paris, Gallimard, 1995); L’écran rouge (Paris, Gallimard, 1998, Prix Casa de las Américas) e Lettre ouverte à la jeunesse (Pointe-à-Pitre, Éditions Jasor, 2001). Di Pépin Kolibris ha pubblicato l’antologia Il paese nudo (2013).

Stefano Serri

 

Da Au verso du silence (Editions L’Harmattan, Paris, 1984)

Judgement dernier

 

Condamnées

Les fougéres

ne bénissent plus de leurs crosses

l’ocre saignée de la terre

Bleu

hublot explosé du ciel

Condamnéau contact

des boulets en cannonade

aux chevilles des galaxies

Condamné

Soleil-vampire

saoul à sucer

des volcans

un fade breuvage d’îles colonisées

Coq

Condamné—le soleil

éparpille ses plumes

dans la litière du crépuscule

Condamnées

les rivières rampent moribondes

elles vont leurs pas de bagnards

enchaînées à la sécheresse

Condamnées

des bornes d’immortelles

gardent

aux quatre coins

le souffrir de la terre

Condamnées

les arbres-baromètres

montent

par degrés l’aride rancune du carême

Condamné

le vent un rien trousseau de cyclones

joue féroce une partie d’échecs

avec les bananiers

Condamné

le soleil

comme un amant mal aimé

va se pendre

à la première nuit venue

 

 

 

Silence, silex…

 

Tu me jettes en pâture ton silence

comme une langue primordiale d’avant

le temps d’avant la première traversée

et ton silence me broie à coups de pilon

Tu me jettes en pâture ton absence

comme on laisse sa peau

pour scintiller le soir en misère étoilée

Ensouchés dans l’avant

nous pétrissons ensemble un désamour

en silence

en absence

D’avoir trop effeuillé les cris du paysage

sans jamais nous nommer

d’avoir trop désiré notre naissance au monde

sans jamais l’habiter

nous n’avons plus d’antennes pour le fonds abyssaux

le temps est notre pirate

il empaille l’oiseau de nos balbutiements

il crucifie la main que nous voulions donner

car elle est sans outils

Nous contemplons

en silence

en absence

le mystère de notre survie

Tu rumines tes contes

comme un feuillage d’antan

ô toi qui ne connais l’avenir

que de profil

Nous roulons dans la friche

les mots tanguent

ils dansent comme des nuages

dans un beau ciel d’orage

pour dissiper l’avant

Notre présence est un fossile

avec son masque de pierre

à dos de volcans cabrés

elle fait un tournoi d’îles

Nous écoutons

en silence

en absence

nos mémoires de sucre de cannes

nous confondre avec nous-mêmes

pour démêler la touffe du vrai et du faux

Qu’entendons-nous de si terrible

qui au silence nous amarre

en silence

en souffrance

 

 

 

Alphabet…

 

Apprends à dire mon nom

Pluie tropicale

Surgie de l’ébullition de ton eau

Flûte de douleur

Mangles douces dans la grande menace du soir

Apprends à dire mon nom

Comme un taureau de feu

Complice du cosmos

Vois

La berge de mon nom troublée par ton limon

Vois

L’eau confessée de ses impuretés

Vois

Mon nom engraisse ta sécheresse

Et les pas du chameau sur le sable

Reviennent à leur soif

Apprends à dire mon nom

Ce charbon du matin qui blesse sa fumée

C’est toi

Apprends à dire mon nom

Comme une écume fragile d’exploser

Comme une muscade douce d’haleine

L’igname attèle au jour sa corde bouclée

Et serpente le message de sa grossesse

Apprends à dire mon nom

Comme la gratitude du soir.

 

 

 

Prisme

 

Au fond des eaux le lent ballet des algues

Telle une harpe ensablée depuis le déluge

Tandis que les congres recousent l’eau dessinant

Des arabesques pour un buisson de feu lancé au dehors

Parmi

les tourments d’un mancenillier

A la lisière du sable

Quand

Les crabes brodent la saison à l’inverse d’une marche d’homme

La seule peau de la mer s’offre aux baguettes du soleil

Et chaque touche lève des myriades de couleurs

améthyste saphir ou mica

En attente de lunaisons la terre éponge les marées

La monnaie des étoiles au comptoir du soir

A le son clair d’un xylophone…

Offrande de musique

Dans le sursaut des tam-tam oint de sueur

Galop huilé de poulpes

Congres fouissant l’harmonie

Lançant leur flèche

Quand les ferrures oisive du matin

s’ouvrent à la bascule du ciel

La mer s’engrosse alors moussant vers le rivage

L’attente de l’HOMME…

 

 

 

Mèmoire sangsue

 

Eboulis

l’arbre traumatisé qui se défeuille

la citadelle qui s’epierre

les cordes de ce souvenir

ont tissé

un filet de traque

A quelle ambassade déposer ce recours

de miroirs émiettés

la trahison gît

comme un galion

par-dessous les eaux

       du temps

J’entends des mots couleur d’enfer

des mots massacreurs

des plus beaux télégrammes du cœur

J’entends des mots crocs

dans la chair des croyances

je vois des gestes de têtes broyées

sous les roues de la rancune

Des rires sarcastiques

hérissent de leurs pieus

mes chutes les plus secrètes

Et que me lèche cette trahison têtue

qui s’offre en cadeau

Beau butin d’anniversaire

mémoire sangsue

à boire inaltérable

ces petits feux de mort

ces petits cœurs émigrés

au creux des fantasmes

aux antipodes des fidélités

La mémoire avive les angles

du paysage

la mémoire est une insomnie

d’oiseaux en furie

la mémoire mors aux dents

cherche la vérité

Ultimo giudizio

 

Condannate

Le felci

non benedicono più dai loro pastorali

l’ocra sanguinante della terra

Blu

oblò del cielo esploso

Condannato    al contatto

delle cannonate

alle caviglie delle galassie

Condannato

Sole – vampiro

sazietà da succhiare

nei vulcani

una bevanda insipida di isole colonizzate

Gallo

Condannatoil sole

sparpaglia le sue piume

nella lettiera del crepuscolo

Condannati

i fiumi strisciano morenti

vanno con passo da galeotti

incatenati alla secchezza

Condannati

i limiti degli immortali

guardano

ai quattro angoli

la terra che soffre

Condannati

gli alberi-barometri

montano

per gradi l’arido rancore della quaresima

Condannato

il vento un minimo corredo di cicloni

gioca feroce una partita di insuccessi

con i banani

Condannato

il sole

come un amante male amato

si va ad appendere

alla sera appena arrivata

 

 

 

Silenzio, selce…

 

Mi getti in pasto il tuo silenzio

come una lingua primordiale prima

del tempo prima della traversata iniziale

e il tuo silenzio mi trita a colpi di mortaio

Mi getti in pasto alla tua assenza

come si cambia la pelle

per scintillare la sera in miseria stellata

Legàti a quello che è prima

impastiamo insieme un disamore

  in silenzio

in assenza

Di avere sfogliato troppo le grida del paesaggio

senza mai nominarci

d’avere desiderato troppo la nostra nascita al mondo

senza mai abitarlo

non abbiamo più antenne per i fondi abissali

il tempo è il nostro pirata

impaglia l’uccello dei nostri balbettamenti

crocifigge la mano che volevamo donare

perché è senza attrezzi

Contempliamo

in silenzio

in assenza

il mistero di noi ancora vivi

Tu rumini i tuoi racconti

come foglie dei bei tempi

tu che non conosci l’avvenire

che di profilo

Rotoliamo sul terreno

le parole beccheggiano

danzano come le nuvole

in un bel cielo bufera

per dissipare quello che è prima

La nostra presenza è un fossile

con la sua maschera in pietra

sul dorso di vulcani impennati

dà vita a un torneo di isolotti

Noi ascoltiamo

in silenzio

in assenza

i nostri ricordi di zucchero di canna

ci confondono con noi stessi

per districare il ciuffo del vero e del falso

Cosa sentiamo di così terribile

che al silenzio ci ormeggia

in silenzio

nello strazio

 

 

 

Alfabeto

 

Impara a dire il mio nome

Pioggia tropicale

Nata al ribollire della tua acqua

Flauto di dolore

Frutti dolci nella minaccia larga della sera

Impara a dire il mio nome

Come un toro di fuoco

Complice del cosmo

Vedi

La riva del mio nome coperta dal tuo limo

Vedi

L’acqua assolta dalla sue impurità

Vedi

Il mio nome concima la tua aridità

E i passi del cammello sulla sabbia

Riportano alla loro sete

Impara a dire il mio nome

È la brace del mattino che ferisce il suo fumo

Eccoti

Impara a dire il mio nome

Come schiuma al limite d’esplodere

Come la noce moscata del tuo fiato dolce

L’igname aggancia al giorno la sua corda riccia

E serpeggia il messaggio della sua gravidanza

Impara a dire il mio nome

Come la gratitudine la sera.

 

 

 

Prisma

 

Nel fondo dell’acqua il lento balletto di alghe

Come un’arpa insabbiata durante il diluvio

Mentre i gronghi ricuciono l’acqua schizzata

Di arabeschi per un cespo di fuoco schizzato

Tra

i tormenti di una mancinella

Al margine della sabbia

Quando

I granchi ricamano la stagione a rovescio di una marcia d’uomo

Solo la pelle del mare si offre alle bacchette del sole

E ogni tocco alza miriadi di colori

ametista zaffiro o mica

Aspettando le lunazioni la terra spugna il mare

La moneta delle stelle nella banca della sera

Ha il suono chiaro di uno xilofono…

Offertorio di suoni

Nel guizzo dei tam-tam unti di sudore

Galoppo oleoso dei polpi

Gronghi che sgombrano l’armonia

Lanciando le loro frecce

Quando la ferratura pigra del mattino

si apre all’altalena del cielo

Il mare s’ingravida allora spumando verso la riva

L’attesa dell’UOMO…

 

 

 

Memoria mignatta

 

Frana

l’albero ferito che si sfoglia

la cittadella che si demolisce

le corde di questo ricordo

hanno tessuto

una rete da caccia

A quale ambasciata deporre questo ricorso

di specchi sbriciolati

il tradimento sbanda

come un galeone

da sotto le acque

del tempo

Ascolto parole colore d’inferno

parole che mandano al massacro

i più bei telegrammi del cuore

Ascolto parole uncini

nella carne delle fedi

vedo teste fatte a pezzi

sotto le ruote del rancore

Risate sarcastiche

rivestono dei loro pali

le mie cadute più segrete

E mi lecca questo tradimento testardo

che si offre in regalo

Bel bottino d’anniversario

memoria mignattadal sorso inalterabile

questi piccoli fuochi fatui

questi piccoli cuori migrati

nella fossa dei fantasmi

agli antipodi della fedeltà

La memoria ravviva gli angoli

del paesaggio

la memoria è un’insonnia

d’uccelli furiosi

la memoria perde le staffe

cerca la verità

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