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Chiara De Luca, Sur l’œuvre de Khaled Youssef / Sull’opera di Khaled Youssef

” Le fusil des mots est chargé de lettres “. Sur l’œuvre de Khaled Youssef

Chiara De Luca

” N’essaie pas de me connaître à travers mes mots. Il arrive qu’un homme trempe sa plume dans les nuages pour donner une silhouette à ses rêves. ” C’est le conseil que Khaled Youssef donne au lecteur comme clé de lecture pour s’enfoncer dans ses poèmes et dans ses photographies, qui en représentent souvent le cadre et le complément, dans l’optique de sa poétographie, c’est-à-dire une philosophie qui unit langage verbal et un langage visuel sans les superposer, sans utiliser l’un pour traduire l’autre, mais les laisse se pénétrer, se renforcer, et s’interroger réciproquement. De cette façon, poésie et photographie donnent de la puissance au message respectif, pour reconstruire le monde à partir des décombres du rêve.

La première fois que j’ai rencontré l’œuvre de Khaled Youssef, c’est quand je suis tombée sur quelques-unes des photos de sa série Reflet-xion. Il s’agit d’images qui cueillent la vie qui fourmille dans les flaques après une pluie généreuse. Cela a tout de suite attisé ma curiosité, comme quand tu rencontres un compatriote sur la Lune. En fait, après la pluie, moi aussi je me précipite avec mon appareil photo à guetter ce qui se passe dans l’Atlantide d’un bout d’asphalte ou de terre battue. C’est un monde imprévisible et changeant, dont la profondeur se modifie brusquement selon la perspective dans laquelle tu l’approches. Plus tu descends vers la terre et plus tu te salis, te mouilles et te couvres de boue. Plus tu redeviens enfant, les genoux écorchés et les mains souillées, plus de choses tu arrives à voir, plus de visions tu réussis à mettre dans ton carnier. Plus tu t’éloignes de la surface, plus la netteté du monde submergé augmente. Plus tu descends vers la terre, plus les branches des arbres s’étendent, en formant des cathédrales dans lesquelles ton regard peut s’aventurer. Plus ton regard sombre et plus les images s’allongent, plus les détails que tu arrives à cueillir et à recueillir, se multiplient. 

Les gens qui passent par là en regardant se montrent souvent étonnés. Quelqu’un essaie de comprendre ce que tu es en train de faire, un autre essaie de regarder lui aussi. Enfin, tous secouent la tête. Qu’est-ce qu’il y aura de si beau à voir ?  Se demandent-ils peut-être. 

C’est très simple. Il y a un univers entier que d’habitude on néglige, en filant dans les rues de chaque jour de nos pas rapides et maladroits, le nez souvent collé à l’écran d’un Smartphone ou le regard vide qui glisse sur les visages des autres sans les voir, sans jamais se lever au ciel ni se baisser vers le ciel que nous avons à portée de nos pieds quand il pleut. 

 

” Il fucile delle parole è caricato a lettere “. Sull’opera di Khaled Youssef

Chiara De Luca

“Non cercare di conoscermi attraverso le mie parole / Succede che un uomo intinga la penna nelle nuvole. / Per dare una figura ai suoi sogni”. È il consiglio che Kahled Youssef dà al lettore come chiave di lettura per addentrarsi nelle sue poesie e nelle sue fotografie, che ne sono spesso cornice e complemento, nell’ottica della poétographie, filosofia che unisce linguaggio verbale e linguaggio visivo senza sovrapporli, senza usare l’uno per tradurre l’altro, ma lasciando che si compenetrino, rafforzino, interroghino a vicenda, potenziando il reciproco messaggio. Ricostruendo il mondo dalle macerie del sogno.

La prima volta che ho incontrato l’opera di Khaled Youssef è stato quando mi sono imbattuta in alcuni scatti della serie Reflet-xion, foto che colgono la vita che brulica nelle pozzanghere dopo una pioggia generosa. M’incuriosì subito, come quando incontri un connazionale sulla Luna. Perché dopo la pioggia io stessa mi precipito sempre con la macchina fotografica a spiare quel che avviene nell’Atlantide in un pezzo d’asfalto o di terra battuta. È un mondo imprevedibile, cangiante, la cui profondità varia bruscamente a seconda della prospettiva da cui lo avvicini. Più scendi verso terra e più t’imbratti, inzaccheri e infanghi. Più torni bambino con le ginocchia sbucciate e i palmi infangati, più cose riesci a vedere, più visioni riesci a mettere nel tuo carniere. Più ti allontani dalla superficie, più aumenta la nitidezza del mondo sommerso. Più scendi verso terra, più i rami degli alberi si estendono formando cattedrali in cui arrischiare lo sguardo. Più lo sguardo sprofonda e le figure si allungano, più particolari cogli e raccogli.

Di solito le persone che passano e ti osservano appaiono sorprese. Qualcuno cerca di capire cosa tu stia facendo. Qualcun altro prova a guardare a sua volta. Tutti infine scuotono la testa. Che cosa ci sarà di bello da vedere? Sembrano chiedersi.

Molto semplice. Tutto un universo che trascuriamo, sfrecciando per le strade di ogni giorno con passo rapido e malaccorto, spesso con il naso affondato nello schermo di uno smart phone, o lo sguardo vuoto che scivola sui volti degli altri senza vederli, senza mai alzarsi al cielo né abbassarsi verso il cielo che abbiamo a portata di piede quando piove.

 

Ce qui m’a frappé chez Khaled Youssef, c’est le fait qu’il aime par contre s’arrêter, se salir, jouer avec les reflets, pour créer un monde concentrique et alternatif, qui n’est pas moins vrai que le monde que nous habitons, parce qu’il est un reflet et un accroissement de la vie de tous les jours, sur laquelle il nous invite à concentrer notre regard. C’est ainsi que j’ai commencé à explorer sa vaste œuvre poétique et photographique. 

Youssef est un messager de la paix, qui regarde le monde à travers ses grandes bulles de savon, pour en exalter la beauté, pour en capturer l’amour. Conscient de la haine et des laideurs, des conflits et des guerres qui, en tant que Syrien, il en paye le prix de son corps, de celui de sa terre et de ceux des personnes qu’il aime, Youssef a décidé de chercher désespérément, obstinément la beauté et le côté lumineux de l’âme humaine, comme seuls ceux qui connaissent le fond de l’ombre, seuls ceux qui se sont enfoncés jusqu’au bout de la nuit en aveugles et sans point d’appui, arrivent à le faire.

Youssef refuse de s’attarder sur la facilité du cynisme et du défaitisme pour essayer de naître chaque matin, en libérant son regard des restes de la nuit pour le poser plein d’amour sur les gens. Le sien n’est pas le regard de l’artiste-Dieu qui observe les choses d’en haut, pour nous les proposer filtrées par le paternalisme et l’angélisme typiques de ceux qui se croient dépositaires de la vérité.

Celui de Youssef n’est pas non plus le regard du photographe à la recherche d’un déchirement à manipuler pour frapper l’observateur. C’est le regard assoiffé de paix du frère en douleur, du compagnon d’infortune ; c’est le regard curieux de l’homme qui sourit et accueille le sourire des autres en réponse, parce qu’il a versé trop de larmes dans la solitude et dans l’abandon, avant d’aboutir à une page blanche, où il a pu recomposer les décombres de sa mémoire. C’est le regard de l’homme qui recherche la fraîcheur de la lumière après s’être brûlé les yeux dans l’obscurité. C’est le regard de l’homme qui est fatigué de la guerre et qui a faim de la paix ; qui a choisi le voyage pour s’évader de la prison de l’exil ; qui a effacé les faux amis les uns après les autres de son carnet d’adresse, pour se remettre en question ; qui a transformé le couteau planté dans son dos en un aiguillon pour devenir meilleur, pour accélérer le rythme de ses pas et tirer de l’énergie de la douleur, comme la rose coupée qui regarde étonnement ses épines.

C’est pour cela que l’objectif de l’appareil photo de Youssef cherche souvent les visages et les gestes des enfants et capture leurs courses et leurs sauts, leur capacité de rire et jouer même dans les situations les plus extrêmes, dans les conditions de vie les plus pénibles. C’est pour cela que Youssef capture la confiance avec laquelle les enfants vont à la rencontre des autres êtres humains, leurs mains ouvertes et tendues vers l’avenir.

Les enfants nous rappellent l’espoir, ils rouvrent le hublot de l’épave sur le rivage du rêve.

Di Youssef mi ha colpito il fatto che invece ama fermarsi, sporcarsi, giocare con i riflessi, costruirsi un suo mondo concentrico e alternativo, ma non meno vero, perché riflesso e potenziamento della vita di ogni giorno, invito ad aguzzare lo sguardo. Così ho iniziato a esplorare la sua vastissima opera poetica e fotografica.

Youssef è un messaggero di pace, che guarda il mondo attraverso le sue grandi bolle di sapone, per esaltarne la bellezza, per catturare l’amore. Consapevole dell’odio e delle brutture, dei conflitti e delle guerre che da siriano sconta sul suo corpo, su quello della sua terra madre e su quello dei suoi cari, Youssef ha deciso di cercare disperatamente, ostinatamente la bellezza e il lato luminoso dell’animo umano, come solo chi conosce a fondo l’ombra, chi si è addentrato nel pieno della notte come un cieco senza appiglio è in grado di fare.

Youssef rifiuta d’indulgere nel facile cinismo e nel disfattismo e prova a nascere ogni mattina, liberando lo sguardo dai residui della notte per posarlo con amore sulla gente.

Il suo non è lo sguardo dell’Artista-Dio, che osserva le cose dall’alto, per poi restituirle filtrate dal paternalismo e dal falso buonismo di chi si crede depositario della verità. Non è neppure lo sguardo del fotografo in cerca di uno strazio da strumentalizzare per colpire la pancia dell’osservatore. È lo sguardo assetato del fratello di dolore, del compagno di sventure, è lo sguardo curioso di chi sorride e accoglie in risposta il sorriso perché ha versato troppe lacrime nella solitudine e nell’abbandono, per poi trovare approdo su un pezzo di carta bianca, dove ricomporre le macerie della memoria. È lo sguardo di chi si è bruciato gli occhi col buio e cerca il refrigerio della luce. Di chi è stanco di guerra e ha fame di pace. Di chi ha scelto il viaggio per evadere dalla prigione dell’esilio. Di chi ha cancellato i falsi amici uno dopo l’altro dalla rubrica, per rimettere in discussione se stesso. Di chi ha fatto delle pugnalate alle spalle uno sprone per diventare migliore, per accelerare il passo e fare benzina del dolore, come la rosa recisa che guarda attonita le sue spine.

Per questo l’obiettivo della macchina fotografica di Youssef cerca spesso i volti e i gesti dei bambini, le loro corse e i loro salti, la loro capacità di ridere e giocare anche nelle situazioni più estreme, nelle condizioni di vita più dure. Per questo Youssef immortale la fiducia con cui i piccoli vanno incontro agli altri esseri umani, le loro mani aperte e protese verso il futuro.

I bambini ci ricordano la speranza, riaprono l’oblò del relitto sulla riva del sogno.

 

Ce n’est pas par hasard que rêve est l’un des mots les plus fréquemment récurrents dans la poésie de Youssef. Il s’agit d’un mot concret et réel, parce que le rêve n’a rien à voir avec l’utopie. Le rêve représente ce que nous tous pouvons réaliser si nous arrêtions de regarder les autres avec les yeux de la méfiance, des préjugés et de la peur. Les photos de Youssef essaient de cueillir les choses et les gens comme le photographe les voit, pour nous les montrer d’une forme aussi proche que possible du réel.

Toute photographie est nécessairement une interprétation du réel, mais celles de Youssef n’a ni filtres ni contrefaçons, tout comme la vie quand elle arrive, tout comme la poésie quand elle s’écrit.

Avec ce livre, nous avons essayé de donner une idée, au moins partielle, de la vaste production de Youssef, en recueillant une sélection de poèmes, de proses et de photographies.

Un Soleil que j’essaie d’écrire est idéalement divisé en sections, dont chacune est introduite par une photo, qui en traduit le titre : Poésie, Voyage, Amour, Mémoire, Guerre, Exil, Rêves, Pensées et Aphorismes. Enfin, il y a la section Carnet de voyage, qui contient une partie des impressions recueillies par Youssef pendant ses voyages photographiques autour du monde.

Les poèmes de Youssef sont des lames tranchantes qui vont souvent fouiller dans les faiblesses et dans les contradictions de l’âme du poète et de celle de ses compagnons de voyage. Chaque mot de sa poésie est filtré, pesé et choisi avec soin, avec le respect sacré qui nous nourrissons pour une langue adoptive, qui nous accueille et qui nous dispense de la nourriture : les mots que nous avions perdus.

Chaque vers est précis, essentiel, âpre comme une écharde pointue dans le bois qui te coupe les mains.

Ses proses sont par contre plus douces, pas seulement du point de vue linguistique. Les pages de son Carnet de voyage trahissent clairement le but de cueillir et emporter avec soi les aspects les plus lumineux de chaque terre traversée et vécue. Dans une société dans laquelle nous sommes bombardés par des images de guerre, d’atrocité et de violence, qui nous éduquent à considérer l’altérité et la différence comme un danger et l’autre comme un ennemi, Youssef préfère raconter ce qui nous rapproche les uns des autres, les manifestations d’une fraternité et d’une ressemblance qui sont souvent niées et refusées à l’avance.

De ses voyages, Youssef nous rapporte les sourires et les gestes de paix, et la communauté des frères que souvent nous oublions, ces représentants du côté lumineux de la nature humaine.

Youssef ne vise pas à nous choquer ou à nous indigner, ni à causer en nous une compassion immédiate et superficielle. Il vise plutôt à raconter la joie ainsi que la douleur des autres et la chance que nous avons, et qui souvent ne nous rend pas meilleurs.

Youssef nous montre surtout le grand nombre de guerriers silencieux de tous les jours, qui vivent dans l’ombre et en dehors des clameurs, qui n’ont ni race ni couleur, et qui n’ont aucune responsabilité quant au choix des puissants, des gouvernants.

Youssef nous montre que le bonheur ne correspond pas à l’argent et au pouvoir, mais à l’amour – il y en a qu’un, et il est universel – pour un projet, pour quelque chose, pour une personne, pour un animal.

Non a caso la parola sogno è una delle più ricorrenti nella poesia di Youssef. È una parola concreta e reale, perché il sogno non è utopia. È tutto ciò che possiamo realizzare se guardiamo agli altri senza diffidenza, pregiudizi e chiusure.

Gli scatti di Youssef cercano di cogliere cose e persone per come il fotografo le vede, per restituirle nel modo più vicino possibile al reale. Ogni fotografia è necessariamente un’interpretazione, ma quelle di Youssef non hanno filtri né contraffazioni. Proprio come la vita mentre avviene. Proprio come la poesia mentre si scrive.

In questo libro abbiamo cercato di dare un’idea almeno parziale della vasta opera di Youssef, raccogliendo una selezione di poesie, di prose e di fotografie.

Un Sole che cerco di scrivere è idealmente diviso in sezioni, ciascuna introdotta da una foto, che ne traduce i titoli: Poesia, Viaggio, Amore, Memoria, Guerra, Esilio, Sogni, Pensieri e aforismi. Infine il Diario di viaggio, impressioni raccolte da Youssef durante i suoi viaggi fotografici in giro per il mondo.

Le poesie di Youssef sono lame taglienti che vanno spesso a frugare nelle debolezze e nelle contraddizioni del proprio animo e di quello dei compagni di viaggio. Ogni parole è vagliata, soppesata e scelta con cura, con il rispetto sacrale che nutriamo per una lingua adottiva, che ci accoglie e ci dispensa nutrimento: le parole che avevamo perso.

Ogni verso è preciso, essenziale, scabro come una scheggia nel legno che sporgendo ti taglia le mani.

Le sue prose invece sono più morbide, linguisticamente, e non solo. Le sue pagine di diario tradiscono chiaramente l’intento di cogliere e portare con sé gli aspetti più luminosi di ogni terra attraversata e vissuta. In una società in cui siamo bombardati da immagini di guerra, atrocità e di violenza, che ci educano a considerare l’alterità come un pericolo e l’altro, il diverso, come un nemico, Youssef preferisce raccontare quello che ci accomuna, le manifestazioni di una fraternità e di una somiglianza spesso negate e rifiutate a priori.

Dai suoi viaggi Youssef ci riporta i sorrisi e i gesti di pace e comunanza dei fratelli che spesso dimentichiamo, degli esponenti della faccia buona della natura umana.

Youssef non mira a stupire, a indignare, né a muovere a una facile e volatile compassione. Mira a raccontare, anche la dignità del dolore degli altri e la fortuna che abbiamo, e che spesso non ci rende migliori.

Youssef ritrae soprattutto i tanti guerrieri silenziosi del quotidiano, quel popolo in ombra e fuori dai clamori, quella gente senza razza né colore che non ha nessuna responsabilità nelle scelte dei potenti, dei suoi governanti.

Youssef ci mostra che la felicità non è nell’avere e nel potere, ma nell’amore – per qualcuno, per qualcosa, per un progetto, per un animale – che è uno e universale.

Le poète est un hors-la-loi; il défie l’autorité du familier,
Esquive les forces de la routine,
Et vend des rêves dans le marché noir de la nuit.

 

 

 

 

Le fusil des mots est chargé de lettres
Il attend que la conscience appuie sur la détente

 

 

 

 

En enlevant le voile de ses mots
Elle a vu la peur au loin
Ramasser les pierres pour les lapider

 

 

 

 

Je viens de loin
De cette faim chronique de sentiments
Que l’Orient m’a dictée
Je porte des valises de doutes
Que l’Orient m’a laissées
J’élimine mon corps et j’entre dans le tunnel de ton ombre
Mais je ne peux pas m’approcher
Et les murs des rêves tombent sur mon âme délaissée…
Ne reste de mon existence fragile
Qu’un seul amour et mille exils
Et cette solitude déguisée en liberté.

 

 

 

 

Les explosions dans ma ville
Ont fait disparaître la lumière
Sauf le visage de ma mère
Qui continue à briller
Entre les ruines des souvenirs

 

 

 

 

Ce couteau
Qu’ils ont planté dans mon dos
N’a assassiné que l’hésitation de mes pas

 

 

 

 

 

Les faux amis
Ont laissé mon carnet d’adresse
L’un après l’autre
Laissant la cendre des souvenirs
Et une place sur mes pages
Pour la remise en question

 

 

 

 

 

Tu n’es pas un nom
Perdu sur un passeport
Ton âme n’est pas clouée
Sur une carte d’identité
Tu es le vent
Qui sait s’étendre
Au-delà l’horizon
Il est là le rêve…
Il te suit comme l’ombre
Alors décline l’espace…
Offre au chemin tes pas
Et donne un rendez-vous au destin
Mais n’amène pas dans tes valises
Les murs qui t’ont fait fuir…

 

 

 

 

Enfant,
Je pensais envahir le monde avec mes yeux brillants
En grandissant
Je repousse un monde
Qui ne cesse de m’envahir…
Qui nous enlèvera la poussière
Que les années ont posé sur nos rêves ?
Qui nous ramènera les dieux qui habitaient notre enfance ?
Les questions grandissent
Et les réponses s’éloignent…

 

 

 

 

Ils tiennent le vent par la main
Et abritent l’espoir dans leur paupières…
Audace de l’enfance;
                                 Apprivoiser les rêves

Il poeta è un fuorilegge; sfida l’autorità della normalità,
Schiva le forze dell’abitudine,
E vende sogni al mercato nero della notte.

 

 

 

 

Il fucile delle parole è caricato a lettere
Aspetta che la coscienza prema sul grilletto

 

 

 

 

Togliendo il velo delle sue parole
Lei ha visto la paura in lontananza
Raccogliere le pietre per lapidarle

 

 

 

 

Vengo da lontano
Da questa fame cronica di sentimenti
Che l’Oriente mi ha dettato
Porto valigie di dubbi
Che l’Oriente mi ha lasciato
Elimino il mio corpo ed entro nel tunnel della tua ombra
Ma non posso avvicinarmi
E i muri dei sogni cadono sulla mia anima dimessa…
Della mia esistenza fragile non resta
Altro che un solo amore e mille esìli
E questa solitudine travestita da libertà.

 

 

 

 

Le esplosioni nella mia città
Hanno fatto sparire la luce
A parte il viso di mia madre
Che continua a brillare
Tra le rovine dei ricordi

 

 

 

 

Quel coltello
Che mi hanno piantato nella schiena
Ha assassinato solo l’esitazione dei miei passi

 

 

 

 

 

I falsi amici
Hanno lasciato la mia rubrica
Uno dopo l’altro
Lasciando la cenere dei ricordi
E un posto sulle mie pagine
Per mettersi in discussione

 

 

 

 

 

Tu non sei un nome
Perduto su un passaporto
La tua anima non è inchiodata
Su una carta d’identità
Tu sei il vento
Che sa estendersi
Al di là dell’orizzonte
È là il sogno…
Ti segue come un’ombra
Allora lo spazio declina…
Offri alla strada il tuo passo
E da’ appuntamento al destino
Ma non portare nelle valigie
I muri che ti hanno fatto fuggire…

 

 

 

 

Da bambino,
Pensavo d’invadere il mondo con i miei occhi brillanti
Crescendo
Respingo un mondo
Che non smette d’invadermi…
Chi spazzerà via la polvere
Che gli anni hanno depositato sui nostri sogni?
Chi ci riporterà gli dèi che abitavano la nostra infanzia?
Le domande crescono
E le risposte si allontanano…

 

 

 

 

Tengono il vento per mano
E proteggono la speranza sotto le palpebre…
Audacia dell’infanzia;
                                 Addomesticare i sogni

Je suis né ce matin
Et la lumière m’a baptisé
Encore une fois 

Sono nato questa mattina
E la luce mi ha battezzato
Ancora una volta

de Khaled Youssef,  Un Soleil que j’essaie d’écrire.
Poésie, prose et photographie
,
Edizioni Kolibris, à paraître

Da Khaled Youssef, Un sole che cerco di scrivere.
Poesia, prosa e fotografia

In uscita per Edizioni Kolibris

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