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Un esule non è un morituro in vacanza/ Un exilé n’est pas un moribond en vacances

Un esule non è un morituro in vacanza
Sull’opera di Khaled Youssef

Massimo Sannelli

 

Il ragazzo che in 4.44 di Abel Ferrara porta il cibo a Willem Dafoe non è nato negli USA. Viene da un altro Paese. Deve essere asiatico. Sì, mi pare che abbia gli occhi a mandorla. Chiede a Dafoe di usare Skype: così potrà salutare i parenti, e poi fine, per tutti. Alle 4.44 del mattino il mondo finirà. Il film è del 2011, come Melancholia di Von Trier: si vede che nel 2011 the best minds of my generation(s) hanno sentito che la storia era finita. In che senso, finita? Non importa, ora.

Il mondo finirà tra poco e un ragazzo usa Skype. E allora? Il lettore/scrittore italiano è scaltro e cattivo: fondamentalmente è un retore, sempre. Se è una specie di retore professionista, apprezza il linguaggio ricco, ma misurato; le metafore, sì, ma con parsimonia; l’io va bene, ma con tutte le allegorie possibili. Il professionista odia soprattutto il sentimento, perché per lui ogni sentimento è sentimentalismo. E chi sta bene non è sentimentale. Chi sta bene non si muove.

E un siriano che si muove? Se si muove non sta bene. Se usa gli strumenti di oggi, è un po’ come il ragazzo di 4.44. Il siriano si sradica di brutto e sa che la distruzione, per la sua gente, non è un’allegoria artistica, come per Ferrara e soprattutto per Von Trier. No: sa che lui è qui, e la madre è lì, con molti altri. A questo punto il sentimento caldo e colorato non è più un gioco di cui ridere, tra la Bicocca e la Cattolica, nell’ora psicologica degli intellettuali. Fare le grandi bolle di sapone è coltivare la Leggerezza, ma senza la retorica nobile di Calvino. Con il massacro alle spalle, bisogna fotografare l’enfasi dell’istante, e l’istante di enfasi diventa rivoluzionario. Scrivere versi caldi e semplici diventa un orgoglio, se si ha una certa storia: il massacro alle spalle.

In pratica: non conta sempre il segno in sé, ma chi lo traccia. E allora non c’è autonomia dell’estetico e dell’esteta, se uno lascia Damasco e avrà solo Skype per vedere sua madre. L’autonomia dei retori va bene per la gente tranquilla, come Raboni quando aspetta, “stando in campagna”, la sua morte: un villeggiante serio, con “il barattolo del nescafé / a portata di mano”. Gli occidentali soffrono a casa loro, tra le loro cose e i loro simulacri, cibo industriale compreso (perché il nescafé in poesia è davvero troppo, anche troppo – ma è comunque retorico, come deve essere: da queste parti, anche l’antiretorica è retorica, se no che cosa dice l’Accademia dei Decadenti?).

Un esule non è un morituro in villeggiatura. Qui c’è un esule che si permette la Leggerezza e non la impone. Noi ne siamo colpiti lo stesso, e decidiamo di umiliare un po’ la nostra retorica. Forse diventeremo anche buoni, e meno tranquilli con il barattolo in mano.

Ai consumatori: la Bellezza è meglio dell’Estetica. La vera Dolcezza – il cane, l’amore, il bambino, il fiore – è meglio delle bevande zuccherate. È una Dolcezza cercata, disperatamente: è stata trovata a 2747,18 km in linea d’aria da casa.

 

Massimo Sannelli

Un exilé n’est pas un moribond en vacances
Sur l’œuvre de Khaled Youssef

Massimo Sannelli

 

Le garçon qui dans le film 4.44 d’Abel Ferrara apporte à manger à Willem Dafoe n’est pas née aux USA. Il vient d’un autre Pays. Il doit être asiatique. Oui, il me paraît qu’il ait les yeux bridés. Il demande à Dafoe s’il peut aller sur Skype: ainsi il pourrait saluer ses parents, et puis ce sera fini, pour tous. Aux 4.44 du matin le monde finira. Le film est de l’année 2011 comme Melancholia de Von Trier : on voit que dans l’année 2011 the best minds of my generation (s) avaient compris que l’histoire était finie. Dans quel sens était-elle finie? Peu importe maintenant.


Bientôt le monde finira et un garçon va sur Skype. Et alors ? Le lecteur/écrivain italien est rusé et mauvais : il est essentiellement un rhéteur, toujours. S’il est une sorte de rhéteur professionnel, il apprécie le langage riche, mais modéré. Les métaphores ? Oui, ça va, mais avec parcimonie. Le Je ? Oui, ça marche, mais avec toutes les allégories possibles. Le professionnel hait surtout le sentiment, parce que selon lui tout sentiment est du sentimentalisme. Et celui qui va bien n’est pas sentimental. Celui qui va bien ne se déplace pas.

Et un Syrien qui se déplace ? S’il se déplace il ne va pas bien. S’il utilise les instruments d’aujourd’hui, il ressemble le garçon de 4.44. Le Syrien se déracine complètement et il sait que la destruction, pour ses gens, n’est pas une allégorie artistique, comme l’est pour Ferrara et surtout pour Von Trier. Non : il sait qu’il est ici, et que la mère est là, avec beaucoup d’autres.

À ce point le sentiment chaud et coloré n’est plus un jeu dont on peut rire, entre l’Université Bicocca et la Cattolica, dans l’heure psychologique des intellectuels. Faire des grandes bulles de savon signifie cultiver la Légèreté, mais sans la rhétorique noble de Calvino. Avec le massacre dans son dos, il faut photographier l’emphase de l’instant, et l’instant d’emphase devient révolutionnaire. Écrire vers chauds et simples devient source d’orgueil, si on a une certaine histoire : le massacre dans son dos.

En pratique : ce qui compte n’est pas toujours le signe en soi, mais celui qui le trace. Alors il n’y a pas d’autonomie de l’esthétique et de l’esthète, quand on laisse Damas et on n’aura que Skype pour voir sa mère. L’autonomie des rhéteurs convient aux gens tranquilles comme Raboni quand il attend, “ à la campagne ”, il attend sa mort : comme un vacancier sérieux, avec “ le pot du nescafé / à portée de main. “

Les occidentaux souffrent chez eux, parmi leurs choses et leurs simulacres, y comprise la nourriture industrielle, parce que le nescafé en poésie est vraiment trop, même trop – mais il est de toute façon rhétorique, comme il doit l’être : par ici, l’anti-rhétorique elle aussi est rhétorique ( sinon qu’est-ce qu’on pourrait dire chez l’Académie des Décadents ? ).

Un exilé n’est pas un moribond en vacances. Ici il y a un exilé qu’il se permet la Légèreté et qui ne l’impose pas. Nous en sommes quand même frappés, et nous décidons d’humilier un peu de notre rhétorique. Nous deviendrons peut-être aussi bons, et moins tranquilles avec le pot en main.

Aux consommateurs : la Beauté vaut mieux que l’Esthétique. La vraie Douceur – le chien, l’amour, l’enfant, la fleur – vaut mieux que les boissons sucrées. C’est une Douceur qu’on a cherchée, désespérément : on l’a trouvé à 2747,18 kms à vol d’oiseau de sa maison.

 

Traduit par Chiara De Luca

 

de Khaled Youssef, Un soleil que j’essaie d’écrire. Poésie, prose et photographie

da Khaled Youssef, Un Sole che cerco di scrivere. Poesia, prosa e fotografia

In uscita per Edizioni Kolibris / Edizioni Kolibris, à paraître

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1 comment

  1. Almerighi Reply

    C’è vera saggezza in quello che hai scritto.Specie quando dici:
    In pratica: non conta sempre il segno in sé, ma chi lo traccia.
    Gli ipocriti di potere lo sanno molto bene.

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