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Werner Lambersy, Le temps et une curieuse écorce/Il tempo è una curiosa corteccia

Introduzione di Massimo Sannelli

Traduzione di Chiara De Luca

Il lettore italiano legge Lambersy e pensa ermetismo. Invece no. Se l’ermetismo è sigillare il messaggio, qui il messaggio è limpido. Se l’ermetismo è complicare la sintassi, qui il problema è un altro: è capire parole precise o anfibologie impervie. Esempio: le dita dei piedi del mattino sono rosa. Perché? Perché sono le dita rosate di Eos, l’Aurora rododáktylos. Solo che Lambersy immagina le dita dei piedi, non quelle delle mani, e non nomina Eos: deve essere chiaro per tutti. E poi: gli uccellini fanno un coro. Sì, ma in francese sono piafs, e il francofono pensa sùbito a Édith Passerotto, la grande chanteuse. E ancora, di precisione in precisione: le madrepore, le focene, la talpa meccanica, le ghiaie, i bitumi e il mezzo d’opera. Poi si scende di livello: qualche parola più grezza, come gosse. E poi il désir.

Già, il desiderio: qualcosa di rosso e nero, come il fuoco e il veleno. Il desiderio o è espresso da parole pesanti – non è il caso di Lambersy – o inventa una sua lingua sottile e un po’ innaturale. Il caso di Lambersy è questo.

Il desiderio non è fame di amore – troppo generico – ma di amare, e certe sottigliezze non passano inosservate. Siamo passionali? Sì, molto. Viviamo di questo, anche con una certa castità strana e molto maschile, nel caso. Chi è fatto così sentirà la fraternità di Lambersy, sùbito; altrimenti, non sentirà niente.

Certo, Lambersy non è facile. Non lo è per niente. Ma non è oscuro, di per sé. E non è ermetico: il Quasimodo di Oboe sommerso non parla delle gru nei cantieri e dell’autoscontro. È impensabile che nell’epoca di Avvento notturno Luzi scrivesse galette des rois. Un vero ermetico di casa nostra non parla di gastronomia, perché negli anni ‘30/‘40 il cibo non è una materia accademica; e non parla nemmeno della sorpresa di porcellana nascosta nella galette. Ma perché Lambersy pensa alla fava di porcellana?

Prima di tutto: ci pensa per associazione di idee, tutte buone alla prima, e una tira l’altra. Ma il punto non è questo: l’associazione di idee non è niente di arduo, di per sé. Il punto è che il desiderio è oscuro, e potente: quindi la lingua è oscura, e potente; quindi la lingua è ricca e prende da tutti i campi; quindi si esagera un po’, senza pudore: nelle immagini e nella quantità di opere pubblicate, e forse anche nelle azioni private. E quindi noi – fauneschi e irrazionali, nelle nostre pratiche di asocialità nervosa – ci godiamo l’effetto. Una parte del piacere è il tentativo di capire: nel modo antico, parola per parola, come i vecchi umanisti. Tutto questo, quando lo leggiamo, ha il sapore forte di qualche sostanza, più o meno nominabile. È un esempio. O il sapore di cose che non è onesto dire in pubblico.

Massimo Sannelli

C’est un pays
De brumes immobiles
Il n’y a pas
De balcon aux façades

Seulement des rideaux
Des reps cramoisis
Aux crémones

On allume les liseuses
En plein jour

Parfois dehors
On croit entendre crier

Comme on héle
Une chaloupe invisible

Chaque seconde
Des milliards d’étoiles
S’éloignent

Et meurent éparpillées
Dans l’ombre

Et retombent sur nous
Qui tenons
À cette lumière chaude

Qui de si loin
Éclaire et nourrit l’âme

Où nous mourons
Solitaire et dans le noir

 

 

 

 

 

La fève porcelaine de la lune
Dans la galette des rois
N’est pour personne

On la rangera dans la boîte où
Compter les planètes
Et les années

La couronne
Change de tête comme tourne
Le zodiaque

Mais la fête
Restera un peu triste pour celui
Qui n’a rien

 

 

 

 

 

Un soleil
Aux doigts de midinette sur
Le clavier ivoire d’un accordéon
De couleurs joue la musette
Du matin

Le vieux loup
Gris aux épaules d’enclume et de
Fourrure en colère
Hurle debout

Sur l’horizon et rameute la horde
Aux crocs de guillotine
Vers les épais fourrés de l’espace

Et je m’éveille
Comme ces baguettes fines qu’on
Agite et qu’on hume

Pour reconnaître quelles odeurs de
Fougère et de sous-bois
Dorment et flottent en boule auprès
De moi

Rien d’autre à cet instant ne compte

 

 

 

 

 

La mouette peinte en bois
D’éclisse bat des ailes
Dans la chambre d’enfant

On l’a fabriquée en prison

L’enveloppe qui va loin
Timbrée d’oiseaux
Exotiques

Fut pliée au long des longs
Jours par des femmes
De tous âges

Qui ne s’en iront pas avant
Le temps

Et je prends le plateau tiède
Du repas
Pour partager le mensonge
D’une lumière

 

 

 

 

 

Le vent
Danse à la corde
Dans la cour déserte
De l’école

Noms et dates
Griffonnés à la craie
S’effacent

Et les cœurs gravés
Dans les troncs
D’arbres

Le temps est
Une curieuse écorce

La chorale des piafs
Échappe aux griffes

L’herbe folle pousse
Comme les gosses

C’était hier
La nuit là-haut en a la
Chair de poule

 

 

 

 

 

Et des dieux
Inconnus qu’il proclame

Du fond des âges
Monte le grondement
Qui surgit des abimes

Des hordes
Sauvages galopent sur
Les toits de
Tôle noire où célébrer
Les ténèbres

Des terrasses
Du temps et du balcon
Fragile de la vie

Nous contemplons
Inquiet les astérisques
Sans texte de la nuit

 

 

 

 

 

C’était un après-midi ensoleillé
Les femmes et les hommes
Semblaient faire partie

De la même généreuse humanité

Au zoo les singes criaient moins
Fort occupés qu’ils étaient
À se chercher des poux

Par esprit de généreux voisinage

 

 

 

 

 

Le marteau-piqueur du pénis
Dépave les ténèbres

On glisse
Dans la fente de l’ombre
La pièce qui permet de rester

Les derniers corbeaux
De la tendresse sont gardiens
De parking

Barrière automatique
De l’horizon ! Venise sombre
Dans un clapotis d’eau

 

 

 

 

 

Chaque jour
J’assassine le ciel

Je le jette
Dans les poubelles
Blêmes du jour

Chaque jour
On me condamne à
Mort

On souffle
La lanterne du soleil

On lance
Le pain bis de la lune
Aux oiseaux

Le songe
Répand la brume des
Mandarines

Des fêtes de l’enfance

 

 

 

 

 

La terre bouge et le soleil
Et tout le reste

J’ai donc beaucoup bougé
Longtemps sans rien
Faire d’autre
Mais il semble
Que j’ai oublié des bagages
Sur la plage où je dormais !

Il faudrait y
Retourner mais la terre et le
Reste bougent
Comment savoir où c’est ?

Alors
J’ai créé la compagnie
Transatlantique des radeaux

 

 

 

 

 

Les poseurs de rails de l’horizon
N’ont pas fini la ligne

Les tunneliers du temps avancent
Le port du casque demeure
Obligatoire

Le camion benne
Qui évacue les astres a versé dans
Le virage

Son chargement gît sur la chaussée

 

 

 

 

 

Les buches dans l’âtre bavardent
Et chuchotent avec
Les cendres

Hommes et graviers
Sous le même râteau de lumières

Le vent
Décoiffe les épouvantails
L’ombre fait les poches de l’arbre

La plaine n’a plus rien à se mettre
Sous la pluie

Les nuages se bousculent comme
Des moutons de plâtre

Ma bouche avale
Les fumées en spirales de ma pipe

 

 

 

 

 

Nous habitons
Sur le dos d’une baleine
Bleue

De loin on pourrait croire
Avoir à faire à une île
Tranquille

Qui vogue
Dans la houle de l’espace

Parfois
Elle plonge vers les fonds
Et nous disperse

Parfois elle saute joyeuse
Dans l’écume et
Danse

Et nous revenons le temps
D’accrocher polypes
Et madrépores
Pour conclure un arrimage

 

 

 

 

 

Le soleil couve sa nichée
De poussins
Mimosa

Où la lumière pépie
Et crie le bec grand ouvert

Les champs aux genoux de
Velours terreux
Se relèvent

Pour regarder
Fleurir le coton des nuages

Le blé vert de l’air frisquet
Se penche à ma fenêtre
Je suis amoureux

 

 

 

 

 

Nous ne savons pas
Vivre

Apprendre
Exige trop de temps

On nous retire ce qui
Dure
Ce qui dure ne laisse
Pas de traces

La mort est
Une muleta d’ombres
Sans torero

Le sable du soleil boit
Nos pas

Le ciel
Est le dos d’une tortue
De mer
Qui abandonne sa ponte

 

 

 

 

 

Mon pied droit
N’est pas meilleur que
Mon pied gauche

Orphée
N’épluchait pas
Les patates de B. Brecht

Cendrars
Prêtait aux anges
Le bras qui lui manque

Pour cueillir
Les roses de R.M. Rilke

C’est dans les chambres
De bonnes
Qu’on mange
Les meilleures lentilles

Quand on a faim d’aimer

 

 

 

 

 

Bouddha Jésus Jehova Mahomet
Étaient des métèques

Nos bibliothèques en sont pleines

Pareilles aux arbres
Croulant sous des fruits exotiques

Plus surprenants
Que les jardins discrets de Venise

Ou le génome
Humain qui rend proche des porcs
Ou même encore
Du Saint Jérôme que tant on peint

 

 

 

 

 

Terreur qui dort
Dans la chambre souterraine
Du vieux volcan

(Personne n’y pense
Pendant les courses le matin)

Le chaos y cuit ses confitures
Les couvre de la cello
D’un ciel d’azur

Et les range
Dans le haut du bahut de l’air

Personne n’y pense
En plongeant le soir la cuillère
À dessert du crépuscule

 

 

 

 

 

Du sang du rouge j’en donne
J’en prends ça circule

C’est comme un coup de lune
À la terrasse
De l’écoutille d’une brasserie

Où s’arracher aïe
Le sparadrap têtu sur chaque
Ecchymose du jour

 

 

 

 

 

L’amour court
En socquettes de laine
En chaussette jusqu’au genou

Puis en jeans
Puis jambes nues
Puis croise du nylon qui crisse
Entre les cuisses

Danse sous des jupes plissées
Qu’on enlève d’un zip
Dont la mue traîne

Au pied d’un lit lorsque le ciel
Montre ses orteils roses

 

 

 

 

 

Près du lac poissonneux
De mon désir de
Femmes

J’écoute le plouf
Nocturne de carpes et de
Grenouilles

Il va faire beau !
Les grues au-dessus
Des chantiers l’ont promis

Les filles flottent
Comme de grands calicots
De fête foraine

Le clair matin a rangé près
Du soleil les autos
Tamponneuses des nuages

Les femmes clignotent
Comme des étoiles de néon

 

 

 

 

 

Le vitrage des tours lance
Ses ventouses de
Poulpe
Vers l’os de sèche du ciel

Courts-circuits électriques
Du moulin à café des
Constellations

 

 

 

 

 

La lune de ma lampe
De chevet porte
Un crêpe

L’ouragan chevauche
Le monde

Ferré de feu il galope
Sur les toits
De tôle des massacres

Et retenant mes pleurs
Je m’accroche
Aux marsouins joyeux

Qui nagent
Au fond de ma fenêtre
Noire

Où penche mon inutile
Désordre

Parmi les planètes qui
Naufragent

 

 

 

 

 

Elles posent
Leur maigreur de rails
Abandonnés

Et marchent
Sans se retourner vers
Le vide

Incommensurable est
La tristesse
Des défilés de mode

Et la danse
Macabre que dandine
Sur l’estrade

Une mort qui déguise
Pour plaire aux
Plus riches

Une jeune beauté
Qu’on sacrifie au fric

 

 

 

 

 

Pourquoi se rappeler
Le jour le siècle
Ou l’heure

Marquer d’une pierre
Écrite la route
Qui ne mène nulle part

Quand on est bien
Là sous un arbre la tête
À l’ombre

Les pieds dans l’herbe
Sans demander
Ce que trille la merlette

 

 

 

 

 

Déjà les moineaux piqueurs
De miettes au pied
Des tables

Nous manquent cruellement

Les papillons autour
Des buddleias perdus au fond
Des terrains vagues

Nous manquent cruellement

 

 

 

 

 

Fenêtres vides des cités
Pas de musicien de rue
Pas de gamins qui rient

Des autos qui attendent
Ainsi que des poissons
Dans un aquarium carré

Cependant épis rongés
Du maïs de l’aube jetés
Sur d’humides bitumes

Ménagères aux jours de
Marché cabas au coude
Et châle croisé de laines

La vie n’étant plus que
L’habitude de promettre
Au temps un pot-au-feu

 

 

 

 

 

D’Afrique
Au superbe cul de pastèque
D’Asie au
Tétin à peine de lychee pâle

Occidentales
Aux calandres chromées de
Formule un

Femmes en chaton de saules
Aux boubous de crépuscules
Aux jeans-fuseaux de fusain

Ville enfin vivante avant les
Rimmels fuyants de la foule

Quand le visage de chacune
Prend des rides
De nouveau-né langé de ciel

D’ici que pleuve la chair de
Poule d’une nuit
Sur les chaumes de ma peau

 

 

 

 

 

« Nous n’avons au fond
Qu’à être là » (Rilke)

Parmi les ondes
Les particules les sons
Les couleurs

Que l’on n’entend ni ne
Voie pas plus
Que l’ange des parfums

Parmi les voix
La parole les signes du
Spectre étroit

Dans ce tohu-bohu
Nocturne appelé espace

Dans ce chaos
Qu’on désigne ténèbres

Troupeau
Perdu entre adrets ubacs
Sommet

 

Et l’abime où personne
Ne règne sans
Un grand cri hurlé seul

Werner Lambersy

È un paese
Di nebbie immobili
Non c’è
Balcone sulle facciate

Soltanto tende
Drappi cremisi
Agli infissi

Si accendono le lampade da lettura
In pieno giorno

A volte all’esterno
Sembra di sentir gridare

Come si ferma
Una scialuppa invisibile

A ogni istante
Miliardi di stelle
Si allontanano

E muoiono sparpagliate
Nell’ombra

E ricadono su di noi
Che teniamo
A questa luce calda

Che da così lontano
Rischiara e nutre l’anima

Dove moriamo
Solitari e nel buio

 

 

 

 

 

La fava di porcellana della luna

Nella torta dei Re Magi
Non è per nessuno

La riporranno nella scatola dove
Contare i pianeti
E gli anni

La corona
Cambia di testa come ruota
Lo zodiaco

Ma la festa
Resterà un po’ triste per chi
Non ha niente

 

 

 

 

 

Un Sole
Dalle dita di sartina sulla
Tastiera d’avorio di una fisarmonica
Di colori suona la musette
Del mattino

Il vecchio lupo
Grigio dalle spalle d’incudine e di
Pelliccia in collera
Ulula in piedi

Sull’orizzonte e riunisce l’orda
Dalle zanne di ghigliottina
Verso le boscaglie fitte dello spazio

E io mi sveglio
Come quei bastoncini sottili che
Agiti e annusi

Per riconoscere quali odori di
Felci e sottobosco
Dormano e fluttuino come sfere accanto
A me

Nient’altro in quest’istante conta

 

 

 

 

 

Il gabbiano dipinto in legno
Dolce batte le ali
Nella stanza del bambino

Lo hanno fabbricato in prigione

La busta che va lontano
Timbrata con uccelli
Esotici

Fu piegata nel corso di lunghi
Giorni da donne
Di tutte le età

Che non se ne andranno prima
Del tempo

E io prendo il vassoio tiepido
Del pasto
Per condividere la menzogna
Di una luce

 

 

 

 

 

Il vento
Danza sulla corda
Nella corte deserta
Della scuola

Nomi e date
Annotati col gesso
Si cancellano

E i cuori incisi
Nei tronchi
D’alberi

Il tempo è
Una curiosa corteccia

La corale dei pennuti
Sfugge agli artigli

L’erba matta spinge
Come i ragazzi

Era ieri
La notte lassù con la
Pelle d’oca

 

 

 

 

 

E degli dèi
Sconosciuti che lui proclama

Dal fondo delle ere
Sale il rombo
Che sgorga dagli abissi

Orde
Selvagge galoppano sui
Tetti di
Lamiera nera dove celebrare
Le tenebre

Delle terrazze
Del tempo e del balcone
Fragile della vita

Noi contempliamo
Inquieti gli asterischi
Senza testo della notte

 

 

 

 

 

Era un pomeriggio assolato
Le donne e gli uomini
Sembravano far parte

Della stessa generosa umanità

Allo zoo le scimmie gridavano meno
Essendo occupatissime
A spulciarsi

Per spirito di generoso vicinato

 

 

 

 

 

Il martello pneumatico del pene
Disselcia le tenebre

S’infila
Nella fessura dell’ombra
La moneta che permette di restare

Gli ultimi corvi
Della tenerezza sono custodi
Di parcheggio

Barriera automatica
Dell’orizzonte! Venezia sprofonda
In uno sciabordio d’acqua

 

 

 

 

 

Ogni giorno
Ammazzo il cielo

Lo getto
Nei cassonetti
Pallidi del giorno

Ogni giorno
Mi condannano a
Morte

Soffiano
Sulla lanterna del Sole

Lanciano
Il pane nero della Luna
Agli uccelli

Il sogno
Spande le nebbie dei
Mandarini

Delle feste dell’infanzia

 

 

 

 

 

La terra si muove e il Sole
E tutto il resto

Perciò mi sono molto mosso
A lungo senza avere
Fatto nient’altro
Ma sembra
Che abbia dimenticato dei bagagli
Sulla spiaggia dove dormivo!

Ci si dovrà
Tornare ma la terra e il
Resto si muovono
Come sapere dov’è?

Allora
Ho creato la compagnia
Transatlantica delle zattere

 

 

 

 

 

Chi fabbrica i binari dell’orizzonte
Non ha terminato la linea

Le talpe meccaniche del tempo avanzano
Portare il casco rimane
Obbligatorio

Il mezzo d’opera
Che evacua gli astri ha versato nella
curva
Il carico giace sulla carreggiata

 

 

 

 

 

I ceppi nel focolare chiacchierano
E sussurrano con
Le ceneri

Uomini e ghiaie
Sullo stesso rastrello di luci

Il vento
Spettina gli spaventapasseri
L’ombra borseggia l’albero

La piana non ha più niente da mettersi
Sotto la pioggia

Le nuvole si urtano come
Pecore di gesso

La mia bocca inghiotte
Le spirali di fumo della pipa

 

 

 

 

 

Abitiamo
Sul dorso di una balena
Azzurra

Da lontano si potrebbe credere
Di avere a che fare con un’isola
Tranquilla

Che naviga
Nell’onda lunga dello spazio

A volte
S’immerge verso i fondali
E ci disperde

A volte balza gioiosa
Nella schiuma e
Danza

Noi ritorniamo il tempo
Di agganciare polipi
E madrepore
Per concludere uno stivaggio

 

 

 

 

 

Il Sole cova la sua nidiata
Di pulcini
Mimosa

Dove la luce pigola
E grida col becco spalancato

I campi dalle ginocchia di
Velluto terroso
Si rialzano

Per guardare
Fiorire il cotone delle nuvole

Il grano verde dell’aria frizzante
Si china sulla mia finestra
Sono innamorato

 

 

 

 

 

Non sappiamo
Vivere

Imparare
Esige troppo tempo

Ci ritirano quello che
Dura
Quello che dura non lascia
Tracce

La morte è
Una muleta d’ombre
Senza torero

La sabbia del Sole ci beve
I passi

Il cielo
È il dorso di una tartaruga
Di mare
Che abbandona la cova

 

 

 

 

 

Il mio piede destro
Non è migliore del
Mio piede sinistro

Orfeo
Non sbucciava
Le patate di B. Brecht

Cendrars
Prestava agli angeli
Il braccio che gli manca

Per cogliere
Le rose di R.M. Rilke

È nei mono-
locali
Che si mangiano
Le migliori lenticchie

Quando si ha fame di amare

 

 

 

 

 

Buddha Gesù Geova Maometto
Erano metechi

Le nostre biblioteche ne sono piene

Come gli alberi
Crollano sotto frutti esotici

Più sorprendenti
Dei giardini discreti di Venezia

O il genoma
Umano che avvicina ai porci
O ancora addirittura
Del San Gerolamo che tanto si dipinge

 

 

 

 

 

Terrore che dorme
Nella camera sotterranea
Del vecchio vulcano

(Nessuno ci pensa
Durante le corse del mattino)

Il caos ci cuoce le sue confetture
Le copre col cellofan
Di un cielo azzurro

E le sistema
In cima alla cassa dell’aria

Nessuno ci pensa
Immergendo a sera il cucchiaio
Da dessert del crepuscolo

 

 

 

 

 

Del sangue del rosso ne dò
Ne prendo circola

È come un colpo di Luna
Sui tavoli all’esterno
Dell’apertura di una birreria

Dove strapparsi ahia
Il cerotto ostinato su ogni
Ecchimosi del giorno

 

 

 

 

 

L’amore corre
In calzini di lana
In calzettoni al ginocchio

Poi in jeans
Poi a gambe nude
Poi incrocia il nylon che stride
Tra le cosce

Danza sotto gonne plissettate
Che si tolgono con una cerniera
La cui pelle di muta scivola

Ai piedi di un letto quando il cielo
Mostra le dita rosee dei piedi

 

 

 

 

 

Vicino al lago velenoso
Del mio desiderio di
Donne

Ascolto il tonfo
Notturno di carpe e di
Rane

Farà bel tempo!
Le gru sopra
I cantieri l’hanno promesso

Le ragazze fluttuano
Come grandi calicò
Di festa ambulante

Il mattino chiaro ha raccolto accanto
Al Sole l’autoscontro
delle nuvole

Le donne ammiccano
Come stelle al neon

 

 

 

 

 

La vetrata degli inganni lancia
Le sue ventose di
Polo
Verso l’osso di seppia del cielo

Cortocircuiti elettrici
Del macinacaffè delle
Costellazioni

 

 

 

 

 

La luna della mia lampada
Da comodino ha
Un cappello crespo

L’uragano cavalca
Il mondo

Ferrato di fuoco galoppa
Sui tetti
Di lamiera dei massacri

E trattenendo le lacrime
Mi aggrappo
Alle focene gioiose

Che nuotano
Sul fondo della mia finestra
Nera

Dove pende il mio inutile
Disordine

Tra i pianeti che
Naufragano

 

 

 

 

 

Loro presentano
La loro magrezza di rotaie
Abbandonate

E camminano
Senza voltarsi verso
Il vuoto

Incommensurabile è
La tristezza
Delle sfilate di moda

E la danza
Macabra che dondola
Sulla pedana

Una morte che si traveste
Per piacere ai
Più ricchi

Una bellezza giovane
Che si sacrifica alla grana

 

 

 

 

 

Perché ricordare
Il giorno il secolo
O l’ora

Segnare con una pietra
Scritta la strada
Che non porta da nessuna parte

Quando si sta bene
Là sotto un albero con la testa
All’ombra

I piedi nell’erba
Senza chiedere
Che cosa trilli la merla

 

 

 

 

 

Già i passeri che beccano
Briciole ai piedi
Dei tavoli

Ci mancano crudelmente

Le farfalle attorno
Alle buddleia perdute sul fondo
Dei terreni incolti

Ci mancano crudelmente

 

 

 

 

 

Finestre vuote delle città
Niente musicisti di strada
Niente ragazzini che ridono

Auto in attesa
Come pesci
Dentro un acquario quadrato

Intanto pannocchie rosicchiate
Del mais dell’alba gettate
Su umidi bitumi

Casalinghe nei giorni di
Mercato buste al gomito
E scialle intrecciato di lana

Essendo ormai la vita solo
L’abitudine di promettere
Al tempo uno stufato

 

 

 

 

 

D’Africa
Dal superbo culo d’anguria
D’Asia dal
Capezzolo appena di pallido litchi

Occidentali
Dai paraurti cromati di
Formula Uno

Donne in amenti di salice
Dagli uccelli di crespuscoli
Dai jeans-fuseaux di fusaggine

Città infine viva prima dei
Mascara in fuga della folla
Quando il viso di ognuna
Prende le rughe
Del neonato fasciato di cielo

Da qui che piove la pelle
D’oca di una notte
Sulle stoppie della mia pelle

 

 

 

 

 

 

«In fondo dobbiamo
solo esserci» (Rilke)

Tra le onde
Le particelle i suoni
I colori

Che non si sentono né
Vedono più
Dell’angelo dei profumi

Tra le voci
Le parole i segni dello
Spettro stretto

In quel tumulto
Notturno chiamato spazio

In quel caos
Che designiamo tenebre

Mandria
Perduta tra pendii versanti in ombra
Vetta

E l’abisso dove nessuno
Regna senza
Un grande grido urlato solo

Traduzione di Chiara De Luca

da Départs de feux, Editions Tipaza, Cannes 2017

Werner Lambersy, né à Anvers (16/11/41) vit à Paris depuis 1980. Sa biographie est à reporter à ses livres : une 60 d’ouvrages traduits en 20 langues dont divers livres d’artiste, des anthologies personnelles ( Actes Sud, Les Vanneaux, Nu(e ), A l’index, Sapriphage etc.), 6 titres chez La Porte, 5 aux éditions du Cygne, Cadex, L’Amourier et Phi, qui lui donnent une place significative dans la poésie contemporaine. Variant le ton et la forme, son œuvre poursuit une méditation par l’amour, l’écriture et parfois l’humour…

Quelques recueils : Maîtres et maisons de thé (prix triennal et Canada) ; La toilette du mort (L’Age d’homme) ; une trilogie majeure : Architecture nuit, éds Phi (prix Y. Goll), Coimbra, éds Dumerchez (gd prix SGDL) et Dernières nouvelles d’Ulysse, éds V. Rougier (gd prix Micheloud) ; plus récemment : La Perte du temps (prix Mallarmé et th. Gautier académie Française), La Chute de la grande roue, tous deux au Castor astral ; deux recueils au Taillis Pré, Deux chez Caractères, deux chez Pippa, deux chez L’Âne qui butine, et encore chez Al Manar…trois chez Rhubarbe, un premier chez tipaza et Motus.

Werner Lambersy, nato ad Anversa (16/11/41) vive a Parigi dal 1980. La sua biografia sono i suoi libri: una sessantina di opere tradotte in 20 lingue, tra cui numerosi libri d’arte, anthologie personali (Actes Sud, Les Vanneaux, Nu(e ), A l’index, Sapriphage etc.), 6 titoli con La Porte, 5 con le éditions du Cygne, Cadex, L’Amourier e Phi, che gli hanno guadagnato un posto significativo nella poesia contemporanea. Variando il tono e la forma, la sua opera persegue una meditazione attraverso l’amore, la scrittura, e a volte l’ironia…

Tra le sue raccolte poetiche ricordiamo: Maîtres et maisons de thé (premio triennale e Canada); La toilette du mort (L’Age d’homme); una imponente trilogia: Architecture nuit, ed. Phi (premio Y. Goll), Coimbra, ed. Dumerchez (premio SGDL) e Dernières nouvelles d’Ulysse, ed V. Rougier (premio Micheloud); più di recente: La Perte du temps (premio Mallarmé e th. Gautier della Académie Française), La Chute de la grande roue, entrambe con Castor astral; 2 con Taillis Pré [Sommet d’où jeter son pinceau e Départs de feux], 2 con Caractères [Lettre à un vieux poète e Un requiem allemand 1986], 2 con Pippa [D’un bol comme image du monde e Le mangeur de nèfles], 2 con L’Âne qui butine [Hommage à Calder e Lectures de Jacques Bonnafé], e ancora con Al Manar [In angulo cum libro], 3 con Rhubarbe [L’assèchement du Zuidersee, Hommage à Calder, Conversation à l’intérieur d’un mur], 1 con Tipaza [Départs de feux] e Motus [Le sous-marin de papier].

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