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William Cliff: “Il Leopardi del marciapiede”. A cura di Stefano Serri

Epopee“Il Leopardi del marciapiede”: così Claude Roy definisce William Cliff (al secolo André Imberechts) poeta belga classe 1940. Autore di lingua francese, fu segnalato giovanissimo da Raymond Queneau e strinse una significativa amicizia con Gabriel Ferrater, il poeta spagnolo che tradusse e al quale dedicò molte pagine. Dal 1973, anno del suo esordio poetico con Homo sum, Cliff ha saputo coniugare l’attenzione per le forme classiche con l’irriverenza del provocatore, raccontando in versi regolari e rimati delle sue masturbazioni e di incontri occasionali, piegando alla fluidità del suo narrare le esigenze della metrica. Anche i viaggi hanno nutrito le pagine di Cliff, come in America (1983) e En Orient (1986), ma anche paesi meno remoti, segnatamente la Spagna, offrono al poeta una via di fuga dal Belgio: spostamenti, alberghi, treni e battelli tornano a più riprese lungo la sua opera. Dopo una biografia (in cento strofe di dieci versi) del poeta Conrad Detrez (1990) Cliff si dedicò alla sua opera più celebre, l’Autobiographie (1993) in cento sonetti, dove racconta degli anni dell’infanzia e della giovinezza. Un simile intento autobiografico, ma più dettagliato, proseguì con Journal d’un Innocent (1996), diario che copre la vita del poeta dall’inverno del 1992 all’anno successivo, mentre Adieu patries (2001) racconta degli anni dal 1994 al 1998. Dal 2001, con La Sainte Famille, ha iniziato a pubblicare anche romanzi, spesso fortemente autobiografici, come Le Passager (2003) e La Dodge (2004). Già tradotto in Italia con Il pane quotidiano (a cura di Fabrizio Bajec), di Cliff si propongono qui alcune poesie da una delle ultime opere pubblicate, Épopées (La Table Ronde, 2008), che è in corso di pubblicazione in edizione bilingue per Kolibris. Ritornano in questo libro temi, luoghi e figure cari all’autore, così come la predilezione per il verso regolare e il poemetto narrativo. Si va da Philadelphia alle Ardenne, dall’isola di Gorée e i suoi avvoltoi (animali ricorrenti, come i cani) a Berlino, in fuga su treni sgangherati, tram chiassosi, una due cavalli fusa e, soprattutto, le suole e i piedi. Molte persone (oltre agli amanti perduti) si affacciano da queste pagine, amici o letterati: da Ferrater e Detrez a George Perros, da Pascal a Rousseau, da Proust a Wordsworth, fino a Baudelaire, vero riferimento costante dell’opera di Cliff. La città soffocante, la gloria e lo sfacelo della carne, la tensione all’oltre e all’alto: anche in Épopées continua la riscrittura ideale di quei Fiori del male che lo hanno iniziato alla poesia.

Stefano Serri

 

VIRGINIA BEACH

 

j’avais pris Marcel Proust en Amérique

et à Virginia Beach dans mon “ motel ”

(vue sur la mer barrée par les buildings

les poteaux électriques les réclames)

je me mis à l’ouvrir et à le lire

 

vous ne pouvez vous faire une idée

de ce que ça peut faire la lecture

à haute voix de Proust en Amérique

rien que ces rues à angles droits où croisent

à rythme régulier les limousines

ces bus ronflants qui foncent pour couvrir

à travers la nuit d’immenses distances

la vaisselle en carton les couverts en

plastique avec lesquels il faut manger

ces gens vêtus de trainings de blousons

à capuchon qu’on croit toujours qu’ils sortent

d’un stade ou qu’ils vont surfer sur la mer

oui rien que ces vues rendent la lecture

de Proust à haute voix inattendue

et vous font sentir vous-même un zombie

dont la présence ici est incongrue

 

le sentiment de la déréliction

va buter contre les pignons aveugles

pendant que la télévision s’efforce

à coups de rire et grandes expressions

de faire accroire aux gens que tout ici

va pour le mieux dans le meilleur des mondes

(mais déjà rien qu’y croire ne peut-il

avoir pour effet qu’il en soit ainsi ?)

 

je lis à haute voix La Fugitive

et le vent souffle sur Virginia Beach

des voix humaines traversent les murs

mais personne ici ne voudra savoir

qu’il m’arrive ici de vivre et d’écrire

(j’espérais une plage ensoleillée

un peu sauvage et propice à l’amour

et je n’ai trouvé à perte de vue

que de grands blocs d’hôtels à moitié vides

battus par les courants du vent humide)

 

hier soir j’ai vu à la télévision

sur le canal payant Home Box Office

un film écoeurant de sexe et de sang :

un garçon de seize ans est obligé

de voir sa mère honteusement violée

par trois truands faisant partie d’un clan

qui terrorise toute la région

mais le garçon aura raison de cette

bande et chacun de ses membres devra

payer d’une mort affreuse ses crimes

je suis frappé de voir combien pour les

Américains les films donnés après

minuit ont pour héros des jeunes gens

de beaux adolescents qui ont avec

les adultes des sentiments vibrants

 

pourquoi l’adolescence ici est-elle

objet de tant d’attente obsessionnelle ?

 

 

 

VIRGINIA BEACH

in America m’ero preso Proust

e nel “motel” di Virginia Beach

(vista sul mare chiusa da edifici

pali elettrici e pubblicità)

mi misi a leggerlo e sfogliarlo

 

voi non potete farvi un’idea

cosa può fare ad alta voce

leggere Marcel Proust negli U.S.A

tutto vie squadrate percorse

da limousine a ritmo uniforme

e pigri bus scagliati a coprire

spazi immensi lungo la notte

piatti di carta e tovagliette

di plastica con cui mangiare

gente che porta sempre giacconi

con cappuccio e pensi escano sempre

da uno stadio o che vanno a surfare

sì tali viste rendono Proust

letto ad alta voce inatteso

e fanno sentire voi uno zombie

la cui presenza qui è incongrua

 

il sentimento dell’abbandono

si ostina contro i pignoni ciechi

mentre la televisione tenta

a colpi di risa e paroloni

di far credere che tutto qui

va al meglio nel migliore dei mondi

(ma crederci non potrebbe quindi

avere per effetto che sia così?)

 

leggo forte La Fuggitiva

e il vento soffia su Virginia Beach

voci umane attraversano i muri

ma nessuno verrà a domandare

che mi prenda a star qui per scrivere

(speravo in una spiaggia assolata

selvaggia e pensata per amare

e vedo solo a perdita d’occhio

cumuli di hotel vuoti a metà

battuti da getti d’umidità)

 

ieri sera su Home Box Office

un canale a pagamento ho visto

un filmaccio di sesso e sangue:

un sedicenne viene obbligato

a vedere la madre stuprata

da tre teppisti membri di una gang

che spaventa tutta le regione

ma il ragazzo poi avrà ragione

della banda e tutti sconteranno

ogni colpa con morte sadica

m’inquieta vedere che si danno

dopo mezzanotte in America

film con ragazzi attraenti

come eroi e caldi sentimenti

tra gli adulti e i begli adolescenti

 

perché qui il minorenne è reso

oggetto d’interesse tormentoso?

 

 

 

UNE SYMPHONIE

 

j’ai pris un bain j’ai taillé ma tignasse

j’ai coupé ma barbe avec un rasoir

j’ai regardé dans la glace ma face

et vu qu’elle n’était pas belle à voir

alors quittant le carré du miroir

j’ai levé le regard vers les nuages

et qu’ai-je vu dans cette lente nage

de vapeurs finement illuminées ?

nothing nothing sauf qu’en moi le langage

continuait sa démarche obstinée

 

allais-je dire la splendeur de vivre

ou bien laisserai-je tomber mon front

comme un vaincu qui ne peut plus sourire

à la grande erre que les choses font ?

il valait mieux sortir en rue où l’on

ne laisse pas le langage trop prendre

d’extension sur notre cervelle tendre

et dans la marche commune oublier

qu’on ne peut pas aller à contre-pente

mais qu’on s’en va vers le bas du sentier

 

nous vivons d’outre-mort dit Saint-John Perse

ce qui veut dire que les hommes ont

depuis qu’ils vivent la pensée ouverte

sur autre chose qu’un tas de limon

sous lequel un jour tous ils pourriront

car sentant bien que vivre sur la terre

mène à autre chose qu’au cimetière

ils veulent que malgré tous leurs malheurs

de nouveaux rêves les fassent refaire

se tendre vers des lendemains meilleurs

 

voilà ce que je voyais dans la rue

car tous ces gens chargés d’affreuse histoire

n’étaient pas assis au bord du trottoir

en train de pleurer l’espoir disparu :

non ils semblaient heureux et la parure

dont ils ornaient leur corps semblait vous dire

“ je m’en vais conquérir un tel empire

et j’en aurai une couronne telle

que rien ni la mort ni ses pires sbires

rien ne pourra me déposséder d’elle ”

 

ayant parcouru cette rue passante

je montai le long d’un grand boulevard

où hurlent les voitures empestantes

qui toutes avaient allumé leurs phares

(et je devais boire tout ce brouillard

de pollution que les autos faisaient)

j’arrivai au Parc où se balançaient

avec majesté les arbres géants

et que me disaient-ils sinon que c’est

leur gloire de se moquer du néant ?

 

le mouvement de leurs grands bras dans l’ombre

me tenait ce langage cependant

qu’autour du Parc les autos furibondes

faisaient ouïr leur grondement constant –

m’approchant d’un tilleul je pris le temps

d’en éprouver la présence puissante

et descendant les escaliers en pente

je rejoignis le centre seul et triste

tel le héros qui rentre sous sa tente

pour réfléchir aux choses qui existent

 

car c’est le lot de l’homme occidental

d’être renvoyé à sa solitude

et aux barreaux de sa cage mentale

dont il ne peut pas quitter l’habitude

et que fait-il pour échapper aux rudes

barreaux de son effroyable prison ?

il cherche l’ivresse dans les frissons

de l’alcool et du corps oui les matraques

de la musique et de la danse sont

ce qu’il lui faut pour casser sa baraque

 

frères de désespoir vous qui riez

en levant vos verres de bière dites

dans la fumée qui sort de vos gosiers

se trouve-t-il un charme qui mérite

plus d’attention que le vent dont les gifles

impalpables la dispersent dans l’air ?

et vos paroles gueulées à travers

cette fumée et le bruit de la danse

méritent-elles le prix assez cher

que vous payez pour être à la séance ?

et vous membres qui dans l’obscurité

en cherchez d’autres pour vous en saisir

corps différents mais tous prédestinés

à tomber et sous la lame moisir

pourquoi vouer ainsi tous vos loisirs

à vous chercher vous prendre vous étreindre ?

pourquoi bouche à bouche échanger vos lymphes ?

pourquoi serrer ces chairs tordre ces muscles

telles ces fleurs qui avant de s’éteindre

muent en mucus le suc de leur humus ?

 

petits – râblés – charnus ou filiformes –

garnis de poil ou d’une nudité

qui fait penser à ces marbres dont s’ornent

les monuments hissés dans la cité –

patients – rêveurs – indécis – décidés –

costauds – faiblards – robustes ou perclus –

barbus – rasés – chauves ou chevelus –

fessus – musclés – flasques vers le bas-ventre

ou d’une raideur dont la grand-vertu

percerait le ciel de sa flèche ardente

 

ainsi venus vous tous si différents

dites-moi frères pourquoi vous riez

en levant vos verres vers le néant

qui demain vous mangera sans pitié ?

pourquoi venir ? oui pourquoi par milliers

venez-vous ici vous presser l’un l’autre

et rire et boire et pousser de l’épaule

votre voisin qui vous prenant le bras

vous poussera comme il en pousse un autre

lequel riant le poussera en bas ?

 

ainsi vous poussant les uns et les autres

et levant vos verres vers les plafonds

vous buvez et vous riez jusqu’à l’aube

avant de rentrer vous jeter au fond

de ces couches défoncées où vous fon-

dez au giron d’un sommeil léthargique

oh ! ces visages glissant dans le cycle

insensé des rêves les plus divers

pendant que l’air entre et fait sa musique

dans ces poitrines jetées à l’envers !

 

grave sommeil image de la mort

où vous plongez ô mes frères mortels

sommeil qui répare de leurs efforts

vos corps voués au coffre universel

pompe nocturne effrayant rituel

où s’en vont chaque nuit toutes les bêtes

qui depuis leur naissance le répètent

jusqu’au sommeil dont on ne revient plus

ah ! que ne peut-on du sommeil renaître

avec un coeur moins seul et moins reclus !

 

je suis resté courbé la tête basse

jaloux et triste pensant à la roche

de souffrance qui est notre terrasse

et qui nous mord de sa force féroce

quelques légers nuages très véloces

d’affections heureuses toujours la voilent

mais ce ne sont que de passagers voiles

qui ne peuvent empêcher que le roc

où est bâtie notre maison fatale

soit la souffrance forte comme un bloc

 

je me suis étendu dans l’air nocturne

appelant le sommeil qui nous délivre

des fers trop fermes de la vie diurne

et des raisons qu’on apprend dans les livres

ainsi je suis resté oui ainsi suis-je

resté un temps comme un cadavre inerte

laissant tourner dans l’orbe de ma tête

les images sans suite qui nous viennent

quand nous nous laissons être la conquête

du vieux sommeil de la nature humaine

 

entièrement je contemple ta forme

entièrement je ressens ta délice

entièrement je me sens un pauvre homme

devant ta forme nue qui me résiste

entièrement je cherche ce qui glisse

dans le voyage de mon rêve je

voudrais entièrement quitter tout ce

qui n’est pas dans ta forme dure et claire

afin d’être un autre homme et que mon seul

bonheur sur terre soit d’être en ton être

 

et aujourd’hui que tombe régulière

la pluie qui me dit n’être rien sur terre

et que ton corps s’éloigne loin de moi

entièrement ma tête trop légère

flotte comme un nuage qui là-bas

passe venu des lointaines chimères

pour retomber en gouttes sur le toit

entièrement qui par leur propre poids

coulent passivement dans les gouttières

pour disparaître entièrement en bas…

 

et refaisant un effort de mémoire

je revoque ta forme délicieuse

ton torse pur large comme une armoire

tes cuisses tes pieds ta queue lumineuse

ta fesse étroite ton aisselle creuse

où nichent les parfums les plus puissants

mais je suis si fatigué que mon chant

entièrement s’échappe avec la pluie

dont le tambourinement incessant

entièrement finit ma symphonie

 

 

 

 

 

UNA SINFONIA

 

mi rado a zero mi faccio un bagno

dalla barba mi taglio ogni pelo

nella specchiera mi guardo il grugno

non è un bel vedere davvero

lascio allora quel pezzo di vetro

e alzo lo sguardo alle nuvole

e chi ho visto in quel lento fluire

di luce diffusa nel vapore?

nothing nothing ma in me le parole

continuavano a incedere dure

 

vi dirò che la vita è chiarezza

o lascerò cadere la fronte

come un vinto che più non si drizza

allo slancio che c’è in ogni ente?

era meglio uscire tra la gente

dove il linguaggio non sopravanza

la nostra tenera intelligenza

e nel viaggio comune scordare

che non si va in contro pendenza

ma si segue in discesa il sentiero

 

per Saint-John Perse si vive d’oltre-morte

e ciò vuole dire che l’uomo ha

poiché è vivo ha idee rivolte

a qualcosa oltre i mucchi di merde

sotto il quale un giorno marcirà

poiché sa che il vivere terreno

non porta soltanto al cimitero

vuole malgrado le sue miserie

nuovi sogni a poterlo rifare

puntare a un futuro migliore

 

ecco cosa vedevo tra strade

dove una folla oppressa da orrori

non stava ai bordi del marciapiede

piangendo la speranza di ieri:

no l’aspetto felice e le loro

figure sembravano dire

“saprò conquistarmi tali imperi

e ne avrò una corona tale

che né la morte né i suoi neri

sbirri me la potranno levare”

 

dopo questa via frequentata

mi urlano intorno auto fetenti

salendo la grande passeggiata

nessuna aveva i fari spenti

(dovevo bermi tutti i vapori

pieni di smog delle vetture)

arrivo al Parco dove sospesi

stanno enormi alberi maestosi

e senti come in loro è lampante

la gloria di insultare il niente?

 

nel buio le loro braccia stese

mi reggono le parole mentre

attorno al Parco le auto furiose

gettano il loro ringhio costante –

vicino a un tiglio trovo un momento

per sentirne la presenza potente

e scendendo le scale in discesa

raggiungo il centro solo e triste

come l’eroe che ritorna a casa

per riflettere su ciò che esiste

 

perché è il fato degli occidentali

di ritrovarsi in solitudine

tra sbarre di gabbie mentali

che diventano un’abitudine

e come fa a evadere le rudi

sbarre della sua orrida prigione?

cerca l’ebbrezza nell’emozione

tra alcol e carne sì le botte

nella musica e del ballo sono

quel che serve per spaccare tutto

 

fratelli che ridete disperati

alzando le vostre birre dite

forse nel fumo dei vostri fiati

c’è un fascino più interessante

del vento che ve lo disperde

con schiaffi impalpabili nell’aria?

e il vostro parlare di lato

questo fumo il ballo e il suo chiasso

meritano il prezzo sborsato

per non essere lasciati a spasso?

e voi membri che cercate al buio

altri simili a prendere in voi

corpi diversi un unica sorte

marcire persi nella corrente

perché votare ogni vostro svago

per cercarvi prendervi capirvi?

perché mischiate il vostro sputo?

perché unire carni e torcere torsi

come un fiore che prima di aprirsi

muta l’humus in umido muco?

 

bassi – grossi – sodi o filiformi –

dotati di pelo o di nudità

che richiama il fregio dei marmi

nei monumenti eretti in città –

calmi – sognanti – incerti – fermi –

solidi – fiacchi – forti o stremati –

barbuti – rasi – calvi o chiomati –

chiatti  – robusti –  addomi cadenti

o che avendoli tanto limati

bucano il cielo con frecce ardenti

 

voi tutti ognuno differente

dite fratelli perché ridete

alzando i vostri calici al niente

che presto vi mangerà inclemente?

perché venire? perché a palate

venite qui a toccarvi l’un l’altro

ridere bere urtare la spalla

al vicino con il braccio addosso

che vi tocca come tocca un altro

il quale ride e lo tocca in basso?

 

così toccandovi tutti intorno

e alzando i vostri boccali in alto

bevete e ridete fino a giorno

poi vi buttate a casa in un salto

su letti sfatti dove vi abbando-

nate nel ventre di un letargo

oh! i visi che sgusciano nel corso

balordo dei sogni più contorti

mentre il fiato suona il suo concerto

dentro quei petti stesi storti

 

greve sonno icona della fine

dove ti tuffi razza mortale

sonno che ripara delle pene

corpi tesi al fosso universale

pompa notturna orrendo rituale

dove va di notte ogni animale

dalla nascita lo rifà uguale

fino al sonno che non ha uscita

ah! tornarsene da un sonno tale

che aperta e meno sola è la vita!

 

a testa bassa resto chinato

triste e geloso penso alla rupe

del dolore che è il nostro riparo

e ci morde con energie cupe

sempre velato dalle veloci

nubi lievi di affetti felici

ma non sono che scie passeggere

che non sanno impedire che il masso

dove alziamo una casa fatale

sia una pena dura come un sasso

 

mi ero steso nell’aria notturna

chiamando il sonno che disperde

i ferri angusti dell’ora diurna

e da ragioni apprese dai libri

così sono stato sì così sono

stato a lungo come corpo inerte

slacciando nell’orbe della testa

le forme slegate che vediamo

se ci si arrende alla conquista

del vecchio sonno di ogni umano

 

interamente ammiro il tuo aspetto

interamente avverto se gode

interamente mi sento inetto

se mi sottrai le tue forme nude

interamente cerco quel che scorre

nel viaggio del mio sognare

vorrei interamente lasciare ciò

che schiva le tue forme dure e chiare

per essere un altro che l’unica gioia

sia al mondo esserti nell’essere

 

e la pioggia che scandita cade

mi dice non c’è nulla in terra

solo il tuo corpo che ora mi elude

interamente la testa vuota

fluttua come una nube che laggiù

va nata da chimera remota

e ricade sul tetto interamente

in gocce che per il loro peso

cadono fiacche nelle gronde

per sparire interamente giù…

 

e chiedendo ai ricordi uno sforzo

annullo la tua forma allettante

l’armadio del tuo largo torso

cosce piedi coda lucente

chiappa stretta e l’ascella rientrante

dove snido il profumo più intenso

ma sono così stanco che il canto

con la pioggia interamente va via

e tambureggiando incessante

finisce tutta la mia sinfonia

 

 

 

 

 

GORÉE

 

ô vous qui aimez tant de naviguer

mais ne pouvez pas vous payer toujours

de ces grands bateaux qui traversent les

grands océans pour de lointains parcours

accordez-vous alors un court séjour

à Gorée qui vous permettra de faire

des va-et-vient entre l’île et la terre

et vous sentir ainsi sur l’eau porter

et regarder briller les luminaires

que la nuit fait dans son ciel miroiter

 

sur la chaloupe ardente et poétique

qui va et vient de Dakar à Gorée

vous verrez qui jaillissent qui repiquent

de ces poissons qui voudraient décoller

en nous voyant passer et naviguer

fascinés par notre puissance humaine

mais nous aussi nous souffrons du problème

d’être enchaînés à notre condition

nous voudrions décoller hélas ! la chaîne

humaine nous reprend dans sa prison

 

si nous pouvons partir sur des bateaux

et naviguer de Dakar à Gorée

nous ne pouvons pas toujours sur les eaux

voguer parce que la terre est collée

aux fibres de notre être et fatiguée

d’aller et venir la vieille chaloupe

a besoin que l’on radoube sa poupe

nous devons tous un jour en cale sèche

rentrer pour bien regarder à la loupe

ce que désire notre être revêche

 

l’homme n’est ni ange ni bête a dit

Blaise Pascal hélas ! il s’est trompé

l’homme est à la fois ange et bête oui

l’ange s’en va dans le ciel de Gorée

mais la bête veut sans cesse rentrer

aux volontés de son corps sourcilleux

sur le bateau il regarde les cieux

déployer des millions de luminaires

mais à Dakar il doit rentrer pour mieux

voir le réel de ses millions de frères

 

coeur de ténèbres coeur de la lumière

coeur de chaleur et de déréliction

pourquoi chercher en dehors de ta chair

la raison de ton présent horizon ?

coeur de touffeur qui bat à l’unisson

de la poussière intense qui t’oppresse

oh ! va trouver ta prochaine richesse

dans la puissance de ton propre corps

sans demander aux autres qu’ils te versent

juste de quoi ne pas mourir encor

 

 

GORÉE

 

voi che amate tanto le crociere

ma non potete sempre pagarvi

le grandi navi e attraversare

gli oceani per lunghi percorsi

allora sostate alcuni giorni

a Gorée dove farete almeno

tra isola e costa avanti indietro

a sentirvi portare sul mare

e guardare brillare ogni astro

che di notte scintilla nel cielo

 

scialuppe poetiche e roventi

tra Gorée e Dakar fan la spola

vi vedrete alti e poi cadenti

pesci che quasi spiccano il volo

per vederci scorrere avanti

attratti dalle facoltà umane

ma pure noi soffriamo un termine

legati alla nostra condizione

vorremmo volare ahimè! catene

umane ci rendono in prigione

 

si può andare da Dakar a Gorée

ma non si può su una navicella

sempre vogare nell’acqua perché

con radici la terra ci incolla

all’anima e sempre in viaggio crolla

questa nostra vecchia scialuppa

si deve raddobbare la poppa

stare un giorno nella stiva asciutta

e scrutare sotto la lente che

vuole la nostra anima stretta

 

dice Blaise Pascal che l’uomo non è

angelo né bestia e sbaglia perché

l’uomo è l’uno e l’altra insieme ahimè!

l’angelo va nel cielo di Gorée

ma la bestia senza freno prova

a riaffermare la sua carne prava

mentre guarda il cielo dalla nave

dispiegare milioni di stelle

là a Dakar torna a veder bene

la realtà di milioni di sorelle

 

cuore di tenebra cuore di sole

cuore di abbandono e di calore

che vai fuori dal corpo a cercare

il senso del tuo orizzonte attuale?

cuore asfissiante che batte insieme

alla polvere dura che ti opprime

oh! trova la tua futura ricchezza

nella forza del tuo stesso corpo

senza chiedere ad altri di darti

quello per cui ancora non sei morto

 

 

 

 

LES VAUTOURS DE GORÉE

 

les vautours viennent planer sur nos têtes

en dirigeant leur regard acéré

vers les charognes qu’ils pourraient peut-être

trouver ici dans l’île de Gorée

ô vieux vautours votre tâche avérée

n’est-elle pas de nettoyer l’ordure

qui peut traîner dans toute la nature

humaine ou animale ? votre avare

bec ne veut que becquer ceux qui vécurent

et qui sont morts sans vouloir leur départ

 

combien nombreux êtes-vous grands oiseaux !

à déployer au vent vos grandes ailes

comme une multitude de drapeaux

pour célébrer la Mort qui nous appelle

et vous riez sournoisement et quelle

jouissance sinistre vous semblez

prendre dans cette planante assemblée

que vous formez dans le ciel africain !

y aurait-il sur l’île de Gorée

assez de Mort pour nourrir votre faim ?

 

la “ Porte sur la Mer ” ainsi l’on nomme

cette île d’où l’on embarquait l’esclave

enchaîné vers une Amérique énorme

où comme ailleurs tout redevient cadavre

ici partout le vautour vient et plane

pour nettoyer tout ce qui traîne à terre

allez Vautours tendez vos grandes ailes

montez au ciel et regardez comment

après s’être multipliés les êtres

finissent enfin leurs accouplements

 

alors vous commencez votre travail

vous êtes de cette espèce précise

qui fait rapine de tout attirail

inventé par les autres votre église

se nourrit et aussi se multiplie

de tout ce que les autres ont construit

et une fois que cela est détruit

vous commencez vos rapines abjectes

vous ne savez que vivre sur autrui

et c’est pourquoi vous planez sur nos têtes

 

mais nous aurons toujours raison de vous

nous qui rêvons au-delà de nous-mêmes

nous finirons par vous vaincre Vautours

puisque la Mort n’est pas notre problème

nous travaillons en déployant l’emblème

d’une Vie qui surpasse toute Mort

voilà Vautours ce qui nous rend plus forts

que votre engeance affreuse et nécrophage

c’est qu’ici ou ailleurs par notre effort

nous triompherons de votre carnage

 

 

 

GLI AVVOLTOI DI GORÉE

 

gli avvoltoi ci planano intorno

puntando pungenti i loro occhi

sui carcami che possono forse

trovare qui a Gorée o vecchi

avvoltoi certo il vostro compito

non è forse pulire il rifiuto

che si trascina in tutto il creato

tra uomo e animale? il vostro avaro

becco punge solo chi ha vissuto

e che morì evitando il commiato

 

ma in quanti siete immensi uccelli!

spiegate al vento l’enorme ala

come una schiera di vessilli

lodando la Morte che ci chiama

e ridete sornioni e con una

gioia così sinistra assorbita

in questo planante adunata

che formate nel cielo africano!

a Gorée la Morte è adeguata

per colmare il vostro digiuno?

 

“Porta sul Mare” l’isola così

è chiamata per schiavi in catene

qui imbarcati verso l’America

dove tutto si fa cadavere

qui ovunque l’avvoltoio plana

per pulire quel che resta a terra

andate Avvoltoi dalle grandi ali

salite al cielo e guardate come

si riproducono i viventi

finendo i loro accoppiamenti

 

allora inizia il vostro momento

voi siete quella specie precisa

che fa rapina di ogni strumento

fatto da altri  la vostra chiesa

cresce e si nutre soltanto

di quanto altri hanno eretto

e una volta che quello è distrutto

comincia il vostro abbietto furto

non sapete che vivere d’accatto

e per questo ci girate attorno

 

ma avremo sempre la meglio su voi

noi che al di là di noi stessi sogniamo

finiremo per vincervi Avvoltoi

poiché la Morte non è un problema

noi agiamo mostrando l’emblema

di una Vita oltre tutte le Morti

ecco Avvoltoi che siamo più forti

di voi razza necrofaga e atroce

è che ovunque per i nostri sforzi

regneremo su ogni vostra strage
Traduzioni di Stefano Serri

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2 comments

  1. Marianne Reply

    L’introduzione sembra una voce di Wikipedia. Mi sarei aspettata di più….
    Inoltre, la traduzione, che ho ottenuto da ‘Google translate’ immettendo semplicemente il testo francese, mi pare francamente migliore: lode alla macchina…. 🙂 il futuro della traduzione è suo.

    O voi che amate navigare

    ma non potete concedervi

    questi bastimenti che attraversano

    grandi oceani per lunghi tratti,

    concedetevi una breve pausa

    a Goree che vi permetterà di

    scorazzare tra l’isola e la terra,

    sentire lo sciacquio del mare

    e guardare la luce degli astri che brillano

    nel cielo notturno scintillante

  2. Kolibris Reply

    Colgo l’occasione per precisare un paio di cose.
    L’introduzione, in quanto tale, non si pone come saggio critico, ma offre alcuni elementi bio-bibliografici insieme a qualche nota estetica sul poeta e sul libro in particolare. Il riferimento a Wikipedia era in tono chiaramente spregiativo; non condivido tale assunto (Wikipedia può essere utile), ma non ho comunque attinto da tale fonte: la citazione iniziale ad esempio è presa dall’introduzione al primo volume di Cliff, Homo sum, e altre considerazioni sono legate alla lettura delle sue opere.
    Per la critica alla traduzione, l’operazione “automatica” proposta può avere un suo valore, se non consideriamo che la traduzione è, prima di tutto, una scelta (azione che la macchina non può compiere). Discutibile o meno (e di questo possiamo parlarne, magari con toni più costruttivi) ho compiuto la scelta di restituire (o provarci) la struttura adottata da Cliff , legata a misure metriche (decasillabi, per lo più) e a strutture strofiche, rime, ecc…Lui per primo le usa con libertà (molti versi si scostano di una sillaba dallo schema di base, ad esempio) e quindi anche io non mi sono fossilizzato, ma ho cercato con molta cura di avvicinarmi allo schema originale. Credo che sia stata sacrificata un po’ la freschezza del testo, ma essendo il rispetto di alcuni schemi una caratteristica del poeta evidente in tutti i suoi libri (come sottolinea anche Wikipedia) ho scelto di correre qualche rischio e accettare questa sfida.

    Stefano Serri

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