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Guy Goffette, À dix ans on a l’éternité sous sa casquette/A dieci anni hai l’eternità sotto il caschetto

À dix ans on a l’éternité sous sa casquette
et la mort est littéraire ni plus ni moins
couchant sous la poussière des bibliothèques
un passé d’infortunes et de cris dérisoires
tandis qu’on vole au secours d’une étoile
qui nous parle à voix basse au milieu du pommier
(ce qu’elle veut nous n’en savons rien il suffit
qu’elle soit puisque nous sommes conquérants).
Les murs s’écroulent les greniers rendent gorge
et l’horizon s’écarte avec les oiseaux
c’est dans l’ordre puisque nous avançons
— et sur le ciel nos pas précèdent les nuages
qui vont mourir au fond des terres —
dans l’ordre aussi bien
qu’un jour les murs relèvent le ciel et nous dépassent
que les greniers pleins de rêves nous époumonent
et que l’horizon dans notre dos
referme ses portes pépiantes
oui, dans l’ordre assurément qu’une autre étoile
nous prenne par la main et nous emmène
(ce qu’elle veut nous le savons bien il suffit
qu’elle soit puisque nous sommes désarmés)
et nous couche dans son lit
où nous perdons avec notre casquette
l’éternité qui roule hors les murs
et n’amasse que le vent.

A dieci anni hai l’eternità sotto il caschetto
e la morte è letteraria e nient’altro
dorme sotto la polvere delle biblioteche
un passato di sventure e grida di scherno
mentre voliamo al soccorso di una stella
che ci parla a voce bassa al centro del melo
(nulla sappiamo del suo volere ne basta
l’esistere a farci conquistatori),
Le mura crollano i granai mostrano la gola
e l’orizzonte si scosta con gli uccelli
è normale perché noi avanziamo – e sul cielo
il nostro passo precede le nuvole
che vanno a morire in fondo alle terre –
normale anche che un giorno
le mura sollevino il cielo per superarci
che i granai pieni di sogni ci sfiatino
e l’orizzonte nella nostra schiena
chiuda le proprie porte pigolanti
sì, normale senz’altro che una stella
diversa ci prenda per mano e ci guidi
(tutto sappiamo del suo volere ne basta
l’esistere a renderci inermi)
e ci stenda nel proprio letto
dove col caschetto perdiamo
l’eternità che vortica fuori
dalle mura e raccoglie vento soltanto.

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